QUATRIEME SOUS-GROUPE
Type du cheval.
Je termine cet article par deux pièces d'argent qui, bien que n'étant plus au type de la croix, mais à celui du cheval, peuvent être placées ici, d'abord parce qu'elles proviennent du Languedoc, ensuite parce que la légende de la première semble être la même que celles des n°' 7 & 8 du deuxième sous-groupe; enfin parce que le flan de la seconde est cisaillé, suivant un usage qui s'était particulièrement déve-
' Kevuc num. 1867, p. 11. Le savant auteur rappelle que, sur diverses monnaies romaines, la figure de l'Espagne est accompagnée d'un lapin, animal dont le nom phénicien devait être SPAN, comme le nom hébreu.
' Op. laud. p. 224.
Note
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
loppé clans les cités gauloises auxquelles phases. Quelques-unes, les plus anciennes,
se rapprochent de la drachme de Rhoda, dont le poids, suivant M. V. Queipo, varie, sans tenir compte du frai, de 4,58 à 4,88 ', tandis que d'autres se réduisent à la taille soit du denier romain, 3,90, soit du victoriat, qui eut une grande circulation dans les contrées en relations avec Rome, de l'an 228 à l'an 117 avant J.-C., & dont le poids, d'abord de 3,41, s'abaissa ensuite
correspondait cette province.
N° I. Tête à gauche de fort mauvais style; le profil est creux & le nez relevé; le haut de la tète a disparu.
R. Cheval en course à gauche; dans le haut de la pièce, COV Ce commencement de légende est suivi d'une quatrième lettre incertaine.
Vieille-Toulouse; Cabinet de France; le flan ^ 2,92'. Parmi les plus anciennes & les est arrondi; les dimensions sont très-petites; ar- plus lourdes, se classent les ■j5o pièces gent; 0,22; pi. III, fig. 20. d'argent, comprenant plusieurs variétés,
qui ont été découvertes près de Béziers,
N" 2. Tête à droite; chevelure composée en janvier 1872. La pièce d'argent à léde boucles symétriquement reliées deux à gende ibérique pèse à peu près autant que deux & formant une sorte de crête. le victoriat romain à ses débuts. Les mon-
R. Cheval en course à droite; à l'exer- naies muettes à la tête de nègre, quelques gue, ..COLRA ou ..COVRA; les trois der- spécimens à légendes latines, &c., appar-
tiennent à des émissions, de poids déjà fort affaibli. D'autres, telles que la pièce à la tête de chevreau, descendent au-dessous de 2 grammes', tout en conservant à peu près le même diamètre. Par contre, une pièce que je n'ai pas décrite, sans empreinte au droit & chargée, au revers, d'une croix avec rayons dans les angles, est assez épaisse, sans être plus large, pour peser 5,35. L'abaissement de poids se produit habituellement, dans les mon-
nières lettres ne sont rien moins que certaines; la dernière paraît être un V retourné. Il est possible qu'il y ait eu une autre lettre avant le C.
Vieille-Toulouse; Cabinet de France; argent; 2,53; pi. III, fig. 21.
Les monnaies à la croix & les pièces qui s'y rattachent étant décrites, il me reste à dire quelques mots de leur âge probable & du système auquel elles paraissent se rattacher. Elles n'ont assurément pas com- naies, en même temps que l'avilissement mencé aussitôt que les contrefaçons pures du type; mais si cette corrélation se redes monnaies de Rhoda, & ce n'est sans connaît quelquefois dans les monnaies à doute qu'au temps où celles-ci non-seule- la croix, il arrive aussi que des spécimens ment étaient en circulation, mais avaient légers sont particulièrement de bon style, déjà subi des altérations dans leur type, Le système drachmique comprenait un
que les Volkes ont fait graver des coins grand nombre de multiples & de sousou des moules, dans lesquels le modèle multiples. Le plus usité de ses multiples grec ne se retrouvait plus qu'à l'état de lointain souvenir. Il est impossible de fixer des dates ni pour le début du monnayage à la croix, ni pour sa suppression. Il est avéré que des monnaies muettes à la croix se sont rencontrées avec des monnaies à caractères latins qui sont relativement peu anciennes ; mais cette circonstance ne prouve pas que les unes & les autres soient contemporaines; on sait, en effet, qu'il y a souvent des écarts énormes entre l'âge des pièces d'une même trouvaille.
fut le tetradrachme adopté par les Gaulois du Danube; mais les tetradrachmes ne furent jamais en usage ni dans les colonies grecques de l'Ibérie, qui n'émirent que des drachmes, ni dans la Massaliètide, où les plus lourdes pièces d'argent ne furent
' Systèmes métri<jucs & monétaires des anciens peuples, t. 3, iSSçj, table, p. 73.
^ Hist. de la monn. rom, t. 3, p. 96 & 98.
' Marseille, sans renoncer à ses légendes grecques, a aussi subi l'influence romaine en abaissant
Note
Quant à la taille des monnaies à la croix, le poids de ses drachmes, qui passèrent de 3, 80 il est incontestable qu'elle a suivi diverses à environ 2,60.
Note
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
que des didrachmes. Il n'est donc pas surprenant que les Volkes & leurs voisins s'en soient tenus, dès les premiers temps, à la drachme & à ses subdivisions'. Celles-ci, toutefois, sont beaucoup plus rares, soit qu'on en ait moins frappé, soit que leur petitesse en ait fait disparaître davantage. Les pièces reproduites sous les figures 14 & l5 de la planche II, comparées à l'entier de même type, correspondent, l'une à l'obole ou sixième de la drachme, l'autre à l'hémiobole. Les petites pièces avec COVE (pi. III, fig. 16 & 17) semblent, malgré leur légende latine, devoir se ranger encore parmi les hémioboles.