‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 4)Chapitre 88 sur 186 · Monnaies d'argent · texte numérisé non relu

Monnaies d'argent

Les cinq premières sont de style gaulois, mais leur légende latine trahit l'influence romaine :

N° I. Tête à gauche, dans un grènetis perlé; l'oeil est représenté par un point placé dans un triangle dont le nez forme deux côtés^ les lèvres & le menton sont remplacés par de petits globes. La coiffure est montée sur une sorte de barre inclinée allant du sommet de l'œil à celui de l'oreille. Trois lignes de points ou de

' On a vu plus haut, il est vrai, une pièce de plomb du diamètre des tétradrachmes j mais, ainsi que je l'ai dit, il n'est pas certain que cette pièce suspecte ait été fourrée & qu'on puisse même la considérer comme une monnaie fausse du temps.

traits représentent les cheveux; entre la seconde ligne & la troisième, une couronne de laurier, la pointe des feuilles tournée en bas. Derrière l'oreille un trait recourbé.

R. Cheval à gauche; de petits points marquent sa crinière; dans le champ, entre le cheval &; le grènetis, le mot abrégé : VOL.

Vieille-Toulouse; Cabinet de France; argent j 2j32 ; pi. III, fig. 22.

N° 2. Profil à gauche; mêmes traits de visage, mais plus petits; chevelure beaucoup plus symétrique; la barre, une série de points allongés & la couronne de laurier constituent une sorte de lourd bandeau qui enveloppe la tête; au-dessus de ce bandeau, des cheveux à peu près verticaux & disposés symétriquement des deux côtés d'un ornement de forme ovale.

R. Cheval à gauche; au-dessus de son cou, une sorte de lézard ou une branche chargée de baies. Entre les jambes : VOL.

Cabinet de France; argent ; 2,40 ; pi. III; fig. 28.

N° 3. Tête à gauche; même profil; coiffure à peu près semblable à celle du 11° 2; au-dessus du cheval : VOL, au-dessous, une petite roue à quatre rayons. Cet accessoire s'est déjà rencontré à la figure 29 de la planche II.

Cabinet de France; argent; 2,3 1 ; pi. III; fig. 24.

N° 4. Variété du n" 3 où la roue est de beaucoup plus grande dimension.

Coll. Charles Robert; argent; 2,45.

N° 5. Tête à gauche, de meilleur style que les précédentes; l'œil est bien détaché du nez; la bouche est assez régulière; la nuque & le cou sont représentés par un trait qui n'est pas recourbé comme sur les autres exemplaires. La barre au-dessus du front a disparu; la couronne de laurier se confond quelque peu avec les cheveux.

R. Cheval à gauche; au-dessus de lui comme au n° i une tige avec cinq appendices. Cette pièce, dont le dessin est perdu, n'a pu être gravée.

N° 6. La monnaie suivante, à la tête grecque d'Apollon, rappelle les petites pièces, avec COVE, décrites plus haut.

Note

Note

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

Tète à droite, de style grec; chevelure composée d'une série de courbes disposées sur le front & de mèches qui s'élèvent audessus de cette sorte de couronne pour s'incliner ensuite en arrière. Devant le visage /R abréviation qui paraît compléter l'ethnique inscrit au revers.

R. Rouelle, dans les cantons de laquelle on lit : VOLC.

Cabinet de France; argent ; o,56; pi. III, fig. 25.

Cette monnaie est plus ancienne que les précédentes; sa belle exécution dénote un artiste encore formé à l'art grec.

H. — Monnaies de bronze.

N" I. Buste de femme à droite; audessous du visage, un monogramme formé d'un A & d'un R liés.

R. Aigle éployé, la tête tournée à gauche, la patte droite posée sur un épi & la gauche tenant une couronne^ derrière la tète un javelot que l'artiste a eu l'intention de faire passer dans le bec de l'oiseauj à l'exergue l'ethnique VOLC.

Cabinet de France; bronze; 1,78; pi. III. fig. 16.

Cette pièce est d'un style bien inférieur à celui de la précédente.

M. E. Hucher' remarque avec raison que ce curieux spécimen du monnayage des Arécomiques est une copie du denier de Q. Pomponius Rufus, dans laquelle le sceptre qui supporte l'aigle est remplacé par une tige de blé. L'époque d'émission du denier romain n'est pas connue, ajoutet-il, mais comme cette pièce se trouvait seule & très-fruste dans un trésor formé de monétaires d'Auguste bien conservés, on pourrait la faire remonter tout au moins jusqu'à l'an 120 ou i3o avant J.-C. Cavedoni admet l'année 71 avant J.-C, comme date d'émission du même denier'.

Dans l'une & l'autre hypothèse, le bronze de Nimes que je viens de décrire, étant du même type que le denier romain, est antérieur au temps de César.

N» 2. Buste de femme à droite, les cheveux disposés en diadème sur le front;

' VArt gaulois, z^^ partie, p. iip.

' Cohen, Médailles consulaires, p. 268.

dans le champ de la pièce une couronne; en légende : VOLCAE.

R. AREC; personnage debout, tourné à gauche & vêtu d'une toge formant un sinus dans lequel il cache ses bras;. c'est ce qu'on appelait, à Rome, cohibere brachîum. Cet ajustement, que présentent les plus anciennes statues, resta longtemps en usage chez les philosophes & les hommes à maintien grave. Dans le champ de la pièce un arbre ou un rameau semblable à celui que présentent les bronzes de Lyon.

Coll. Charles Robert; bronze; 2,00; pi. III, fig. 27.

Cette monnaie est assez commune; il en existe des spécimens différant complètement entre eux de style & d'exécution.

M. de la Saussaye considère le personnage debout comme la personnification du oy;[j,0(;; cette interprétation est généralement admise, mais il ne faut pas oublier que chez les peuples subissant l'influence grecque ou l'influence latine, les images monétaires sont souvent, comme au n° i, des imitations adoptées en vue de la circulation & non des représentations nationales destinées à consacrer le souvenir d'un fait religieux ou d'un événement politique.

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