‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 4)Chapitre 95 sur 186 · VOLKES TECTOSAGES · texte numérisé non relu

VOLKES TECTOSAGES

M-Onnaîes d'or. — J'ai dit plus haut qu'il n'était pas impossible que les peuples qui ont émis tant d'espèces d'argent aient aussi frappé, surtout dans les premiers temps, de l'ot" au type grec. J'ai même cité un statère qui pourrait leur appartenir. Un autfe statère a été publié, il y a quelques années, comme émis par les Volkes Tectosages". C'est une pièce de type grec, mais de facture gauloise, qui montre au droit une tête assez barbare &, au revers, un bige sous lequel on distingue V & ►£], sigles dont on a fait les initiales de la double dénomination de ce peuple. Une telle interprétation ne saurait être admise : la lettre V, comme d'autres lettres isolées, se rencontre souvent dans le champ des monnaies grecques, & le second objet n'est autre chose que le trident qui y est encore plus fréquent'; d'ailleurs la ligature T & E serait plutôt 'E que HE. On sait que dans la période de l'imitation pure, c'est-à-dire dans les premiers temps, les artistes gaulois se bornaient à contrefaire, ainsi que l'a parfaitement démontré M. Millier', non-seulement le type principal, mais les sigles & les objets accessoires propres à diverses villes, & qui d'ordinaire perdaient toute signification entre les mains des imitateurs*.

On avait reconnu une monnaie gauloise dans une toute petite pièce d'or portant d'un côté une tête à droite & de l'autre un oiseau; on retrouvait TOLOS^ dans la légende latine mal conservée du droit. Les progrès de la numismatique permettent de

' Revue nam. i856, p. 223.

' Voir par exemple les monnaies d'Amphipolis, de Sicyone, de Priène, de Phalasarna, &c.

' Numismatique d'Alexandre le Grand, Copenhague, i855, p. 384.

■* C'est ainsi, à une autre époque, que le CONOB des sous & des tiers de sou byzantins devint, dans les imitations des premiers mérovingiens, une simple étiquette de circulation.

^ Mém, de l'Acad, des sciences de Toulouse, '847, pp. 407 & suiv.

restituer cette pièce à la période mérovingienne.

Monnaies d'argent. — Plusieurs auteufS' ont reproduit deux pièces du type général des monnaies à la croix. La première porte au revers, répartis dans les cantons, les mots VOL TEK, uil croissant avec un point dans sa concavité & un croissant enveloppant un anhelet; la seconde présente en plus une hache sous chacun des mots VOL & TEK. Ce sont des pièces faites à plaisir' & qui n'auraient pas dû surprendre la religion des antiquaires.

Monnaies de brono^e. — On trouve fréquemment à Vieille-Toulouse un petit bronze portant au droit une tête qui paraît être celle d'Apollon avec l'abréviation : L • MVN ; au revers un oiseau avec une légende complète où M. de Barthélémy' reconnaît le mot VLATTV. On considère cette pièce comme frappée par L. MVN[atius] Plancus, qui aurait associé son nom à celui d'un chef gaulois, comme le faisait Aulus Hirtius dans la Belgique. Cette association n'ayant pu se produire que dans la nouvelle Gaule & non dans la Narbonnaise, depuis longtemps annexée à la République, M. de Barthélémy pense que cette pièce n'appartient pas au pays des Volkes; tel est aussi mon avis, si le nom gravé au revers est bien celui d'un chef. On sait que, dans les localités aussi riches en médailles que Vieille-Toulouse, il s'en trouve fréquemment venant de peuples plus ou moins éloignés.

VOLKES ARÉCOMIQUES

Une petite monnaie d'argent, portant une tête avec NINNOS & au revers un sanglier avec MAVS, avait été classée sans aucun motif à Nimes par le célèbre Le-

' De Crazannes, Dissert, sur les monnaies gau~ loises au type de la croix & de la roue, Toulouse, in-4", 1889; Dumège, notes de l'éd. in-8" de l'fîist. de Languedoc, t. i , p. 620, & pi. X, fig. 5.

' Revue num. 1866, p. 397.

' Les libertés gauloises, brochure in-8", p. 10.

Noté

Notb "4

NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC

IcMvel' & nuiiiitCMUie :i la Narl)ouiiaise par Duchalais'.

C'est encore à Nimcs f|iic ce dernier a donné le bronze suivant, au revers duquel il lisait NAMA :

On n'a qu'Ji jeter les yeux sur la légende de cette pièce pour reconnaître que le M renferme une ligature qui introduit une lettre de plus & change ainsi le radical.

Un tétradrachme, montrant d'un côté une tète & de l'autre un cavalier avec ATTA à l'exergue, a été, à Toulouse, l'objet d'un article important de la part de M. Buzairies' qui, d'accord avec Leleuel (Type gaulois) & Duchalais (Catalogue, n" 293), la croit de notre Gaule & propose de l'attribuer à Narbonne, Atacinorum Decumanorumque colonia^'^ mais cette pièce, d'un module insolite chez nos pères, est des plus communes dans les contrées qui bordent le Danube, & doit être maintenue à cette région, alors même que des exemplaires isolés en auraient été rencontrés soit en Languedoc, soit en Espagne.

Une petite pièce de bronze, sur laquelle on lisait [V]CCETIO, a été classée à Uzès dans la numismatique de la Narbonnaise '. La légende complète est TASGETIOS & se rapporte à Tasgetius, chefcarnute dont parle César.

Une autre localité de l'ancien pays des Arécomiques, Vissée, avait été gratifiée par M. de Lagoy^ d'une monnaie de bronze ne portant que VIRE, mais sur laquelle il

' Etudes namismat'iqueSj type gaulois, p. 200 & note SyS.

* Catalogue, in-S", i8^6, n° 3o6.

' Mém. de la Société archéoîogi<}uc du midi de la France, t. 19, 1867, p. ^3 & suiv.

* Pomponius Mêla, 1. 2, c. f).

* La Saussaye, Num. di la Narb. p. 177. ^ Revue num. 1841, p. 12.

^^9 Note

y a en réalité VIRED[ISOS]' & que son "'♦ style ne permet pas d'attribuer au midi de la Gaule.

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