VII. — Ralmond de Montpellier, évêque d'Agde
Pierre, évêque d'Agde, survécut longtemps à la donation que le vicomte Bernard-Aton lui avoit faite & à son église de la vicomte d'Agde. Raimond', fils de Guillaume VII, seigneur de Montpellier, 8c de Mathilde de Bourgogne, lui succéda en 1192, Il avoit embrassé la profession religieuse dans l'abbaye de Grandselve, au diocèse de Toulouse, conformément au testament^ de son père. On voit, en effet, parmi les témoins qui furent présens à une donation 3 que Vivien, vicomte d'Hautvillar, fit à la fin de l'an 1186 à cette abbaye, Raimond de Montpellier, prêtre 6- moine de Grandselve. Raimond V, comte de Toulouse, qui étoit peut-être parrain de Raimond de Montpellier, favorisa sans doute son élection à l'évêché d'Agde dont il ne prenoit encore que le titre d'évêque élu'' au mois de juillet de l'an 1194. Raimond VI, comte de Toulouse, le fit' son chancelier; & ce prélat exerçoit les fonctions de cette charge en 1198, i2o3 8<. i2o5. Il fit son testament au mois de novembre de l'an I2i3, légua^ sa bibliothèque à sa cathédrale, & donna à l'abbaye de Valmagne, dans son diocèse, un psautier qu'il avoit composé en l'honneur de Dieu 6- de la Vierge.
fich-Br t. III, p. 74.
origin.
VIII. — Sœurs de Raimond V, comte de Toulouse, — Comtes de Comminges.
Raimond V, comte de Toulouse, après avoir confirmé à Melgueil, au mois de juillet de l'an 1187, la donation du vicomte Bernard-Aton en faveur de l'église d'Agde, se rendit vers le Rhône où il donna '^, au mois d'août suivant, à l'abbaye de F'ranquevaux ce qu'il possédoit dans le territoire de Fourques de la succession de feue Agnès, sa sœur, avec réserve de l'usufruit. Guillaume de Sabran, Raimond Rascas, seigneur d'Uzès, El-^éar d'Ujès, son frère, Pierre
Tout accusateiir est astreint au serinent ie calum- 7iia; l'accusé subit l'épreuve de l'eau froide. — Les droits de mouture dans les inouhns banaux sont réglés à tant par setier; le meunier qui falsifiera la farine pour en augmenter la quantité, payera cinq sous d'amende & restituera le double de la farine gâtée. — La mesure employée est celle de Montpellier. — Celui qui meurt après testament fait, son testament est exécuté, qu'il ait ou n'ait pas d'héritier naturel. S'il n'a pas d'héritier & meurt intestat, ses biens sont confisqués, & le seigneur paye les frais des funérailles; s'il meurt intestat, ayant héritiers naturels, ceux-ci succèdent librement. — L'adultère pris en flagrant délit commis de jour, ne pourra racheter sa peine à prix d'argent. Défense de punir le mari innocent pour la faute de sa femme, & réciproquement. —Saufconduit & sauvegarde pour les routes, les foires & les marchés. — Etablissement du consulat; concession d'un sceau commun & désarmes du prince
[vexillum). Les consuls ont droit d'arbitrage dans toutes les questions intéressant le commun. [A, M.]
' Gaîlia Christiana, nov, éd. t. 6.
' l'oyez tome VIII, Chartes, n. XIV, c. 287.
' Archives de l'abbaye de Grandselve.
' Voyez tome VIII, Chartes, n. LXI, c. 428.
' Voyez tome VII, Note XLV, n. m, p. 129.
'' Catel , Mémoires de l'histoire du Languedoc , p. 973.
' Gaîlia Christiana, nov. éd. t. 6, Instrum, c. 197, — [Ménard, Histoire de Nirres, t. 1, p. 247.] — Remarquons que le comte se réserva l'usufruit de ce domaine. Mais comme il devait à l'abbaye quatre mille quatre cents sous raimondins, il lui rétrocéda la inoitié de cet usufruit pour en percevoir les revenus jusqu'à payement intégral de cette somme. Cet acte est un exemple curieux des transactions financières compliquées auxquelles en étaient réduits les plus grands seigneurs de cette époque. [A. M.]
HISTOIRE GENEllALE DE LANGUEDOC. LIV. XX. laS
Fulcodii, juge S<. chancelier du comte, Se divers autres seigneurs furent présens à cette donation. Le même Elzéar d'Uzès, en qualité de seigneur de Posquières, confirma', l'année suivante, cette abbaye dans la possession de toutes les terres dont elle jouissoit dans ses domaines.
Agnès, sœur de Raimond V, comte de Toulouse, ne nous est connue que par ce seul monument. Elle mourut sans enfans, supposé qu'elle eût été mariée, puisque le comte, son frère, recueillit sa succession. Il paroît par là qu'elle est dittérente d'une autre sœur de ce prince, mère de Bernard, comte de Comminges, lequel, en^ 1191 & 1 196, se quaWiie Jils de la sœur du comte de Toulouse. Ce Bernard, qui tut^ le sixième comte de Comminges de son nom, étoit fils de Dodon , petit-fils de Bernard V, aussi comtes de Comminges, St arrière petit-fils de Roger de Comminges, suivant une* enquête qui fut faite en 1197 pour prouver sa parenté avec Comtoresse de la Barthe, sa femme, dont il se sépara. Roger de Comminges, bisaïeul de Bernard VI, étoit frère puîné de Bernard IV, dont nous avons parlé'' ailleurs. Ainsi Bernard V n'étoit pas fils de Bernard IV, comme nous l'avions cru d'abord. Quant au comte Dodon, fils de Bernard V, il épousa par conséquent une fille d'Alfonse-Jourdain, comte de Toulouse, dont on ignore le nom. Quelques-uns qui la tout mal à propos fille de Raimond V, comte de Toulouse'^, l'appellent Laurence. Du reste on assure'' que Dodon prit l'habit monastique en 1181, dans l'abbaye des Feuillans 81 qu'il y fut inhumé. On lui donne trois fils de la princesse de Toulouse, sa femme, savoir : Bernard VI, Guy, qui fut seigneur d'Aure par sa femme, & un autre Bernard qu'on fait seigneur du pays de Savez, portion du Toulousain. D'autres ^ prétendent que le comte de Comminges eut de la sœur de Raimond V, comte de Toulouse, Bernard VI, qui lui succéda, Roger, comte de Pailhas', duquel on fait descendre les vicomtes de Conserans 5c Arnaud, seigneur de Dalmazan '°, pays qui anciennement faisoit partie du comté de Foix 8c qui étoit entré dans la maison de Comminges par quelque alliance avec celle de Foix. Bernard VI, comte de Comminges, épousa en premières noces Etiennette, nommée aussi Béatrix, fille Se héritière de Centulle, comte de Bigorre, dont il n'eut qu'une fille, nommée Pétronille, dont nous aurons occasion de parler dans la suite.
' Mss. d'Aahays, n. 77. de Montfort (t. VIII, c. 608), nous TOyons pa-
' Voyez lome VIII, Chartes, n. LI, c. 408. raître un Roger, comte de Comminges, qui n'est
' Voyez tome III, 1. XVIII, n. xii, pp. 781 , 782. autre que le comte de Pailbas dont il est ici ques-
' Voyez tome VIII, Chartes, n. LXIX, ce. 448, tion. Pierre de Vaux-Cernay (c. 53) l'appelle un