V. — Evêques de Lodève & de Maguelonne
Ce Raimond-Guillaume avoit été destiné, en 1146, par le testament de Guillaume VI, seigneur de Montpellier, son père, à être religieux de Cluny. Après avoir fait profession dans cet ordre, il avoit été élu abbé d'Aniane en 1 162, & il succéda enfin à Gaucelin de Montpeyroux, évêque de Lodève, décédé'^ le 7 de juillet de l'an 1187. Raimond-Guillaume de Montpellier, qu'on surnomme de Madières, on ne sait sur quel fondement, acheva presque entièrement, sous son épiscopat, ce que les évêques de Lodève, ses prédécesseurs, avoient commencé, 8c unit au domaine de son église la comté Se la vicomte de Lodève avec le château de Montbrun qui en étoit le chef-lieu. En effet^, Hugues, comte de Rodez, lui vendit en 1188, pour soixante mille sols melgoriens, tout ce qu'il possédoit dans ce château 8<. dans tout le Lodé-
■ D'Achcry, Spicilegium, t, lo, p. 641. Lodovensium, p. 94. — Gallia C/iristiana, iiov.ed.
• Voyez tome VIII, charte XLII, ce. 388, SSp. t. 6.
' Gnriel, Scries praesulum Magaloncnsium. ^ Voyez plus linut livre XIX, n. LX, pp. 6"), 66,
* Plantavit de la Pause, Clironologia praesulum »— Voyeis tome IV, A/ote XXV, n, iv, p. l3o.
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vois, avec promesse de ne rien acquérir clans le pays sans le consentement de l'évêque. Pierre de Lara, vicomte de Narbonne, son cousin, lui donna d'un autre côté, en 1192, divers domaines du même pays; &<. Raimond V, comte de Toulouse, lui céda peu de temps avant sa mort tout ce qu'il possédoit dans le diocèse de Lodève, 8c confirma en sa faveur la vente que le comte de Rodez lui avoit faite des domaines du I,odévois, qu'il tenait en fief des comtes de Toulouse. Ce prélat obtint en 1188 un diplôme du roi Philippe-Auguste, qui confirma les privilèges 8c les chartes que les rois de France avoient accordés à l'église de Lodève, entre autres le droit sur les juifs du Lodévois 8c celui de faire battre monnoie. 11 usa de ce dernier privilège Se il nomma, en 1189, un essayeur de la monnoie'. Il tonda, en 1190, un prieuré de filles de l'ordre de Cîteaux, à Notre-Dame de Corneille, dans son diocèse, sous la dépendance de l'abbaye de Nonnenque, 6c termina la même année, par l'arbitrage de Bernard, archevêque de Narbonne, un grand procès qu'il avoit avec l'abbaye de Fontfroide, à laquelle Gaucelin de Montpeyroux, son prédécesseur, avoit donné tous ses biens par son testament du 3o décembre de l'an 1186. Enfin, « il céda^, au mois de novembre de l'an 1199, à Guil- « laume, seigneur de Montpellier, son neveu, tant en son nom qu'en celui V de son église, 8c comme donataire de Gaucelin, son prédécesseur, tout ce « que le même seigneur de Montpellier pouvoir prétendre sur ses biens. » Raimond-Guillaume mourut^ en 1201.
On assure'* que Guillaume, qui succéda en 1190 à Jean de Montlaur, évêque de Maguelonne, 8c qui avoit été auparavant chanoine de cette église, étoit aussi de la maison de Montpellier; mais on se trompe. Cette maison donna cependant un autre évêque à l'Eglise, à la fin du douzième siècle, en la personne de Raimond, évêque d'Agde, qui succéda à Pierre 3.
Éd. origin.
■ KouJ ayons publia {Bihliothi^ut ie l'Ecole iei Chartes, t. 37, p. SSz) cet acte de Philippe-Auguste d'après une copie du treizième siècle des archives nationales ( J. 895); dom Vaissete avait probablement connu ce diplôme par Plantavit de la Pause. Il est certain que cet acte a dû exister, puisqu'un diplôme du même roi, de 1210 (voir L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste j n. 1 198), le mentionne; mais la copie du Trésor des chartes présente certaines anomalies : un préambule pompeux & incorrect, & l'addition à la fin, hors du corps de l'acte d'un» clause importante. Pourtant nous croyons cet acte authentique, 8c nous expliquons ces singularités par le fait de l'éloignement de Paris où le roi avait dii laisser sa chancellerie; l'acte est daté du Puy, où Philippe-Auguste alla résider quelque temps à te moment même. (Voir Delisle, ut supra, n"' iiy & 120.) [A. M.)
• Mis. d'Auhays, n. 82. — Gariel, Idée de la ville de Montpellier, p, 137.
' Catel, Mém. de l'histoire du Languedoc, p. 297.
■• Voyez tome VII, Vofir VIII, n. vt, p. 21.
' Vers cette époque il y eut d'assez graves démêlés dans le sein du chapitre cathédral de Maguelonne, démêlés qui amenèrent l'intervention du seigneur de Montpellier & du fils du comte de Toulouse, puis du pape Urbain III. Le prévôt, en l'absence de l'évêque, avait nommé un certain Gui sacristain du chapitre. Protestation de l'évêque, qui s'en rapporte à l'arbitrage de l'archevêque de Narbonne; Gui en appelle au pape; mais, pour se fortifier, il demande l'appui du seigneur de Montpellier & du jeune comte de Toulouse, qui viennent ainsi s'entremettre dsuc l'administration intérieure du chapitre & menacent l'évêque. Celui-ci & le chapitre, indignés, excommunient Gui & ses complices & se plaignent au pape. L'affaire fut confiée par Urbain III à l'évêque de Kimes & à l'abbé de Saint-Gilles (Cf. M. Germain, Maguclone sous ses êvêijues, pp. Sy, (S3, 184). La bulle est du 18 décembre 1 186 ou 1187.
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VI. — Bernard-Aton, vicomte de Nîmes &• d'Agde, dispose de cette dernière vicomte en faveur de l'église d'Agde.
Sous l'épiscopat de ce dernier, « Bernard-Aton', vicomte d'Agde, fils de la « vicomtesse Guillelmette, voulant pourvoir au salut de son âme 8c de ses « parens, se donna pour chanoine à l'église de Saint-t,tienne du siège d'Agde, « à Pierre, évêque du même siège, & à ses successeurs, avec tout ce qu'il « possédoit dans le diocèse, savoir : la ville d'Agde, ses dépendances, tout ce « que lui 5c son père avoient possédé dans le même diocèse. Se enfin tous les « domaines cf^ la vicomte. » Bernard-Aton fit cette donation, au mois de juin de l'an 1187, devant l'autel de l'église de Notre-Dame du Grau, située à un quart de lieue de la ville.
Comme ce vicomte tenoit en fief la vicomte d'Agde de Raimond, comte de Toulouse, l'évêque Pierre eut recours à l'autorité de ce prince pour obtenir la confirmation de cette donation. Raimond lui accorda volontiers sa demande, par une charte datée du cloître de Saint-Jacques de Melgueil, un mercredi du mois de juillet de l'an 1187. « Il donna à ce prélat & à ses successeurs « tonte l'entière vicomte ou comté d'Agde, comme Bernard-Aton, qui en étoit « alors vicomte, son père Bernard-Aton &c les seigneurs d'Anduze l'avoient « possédée, nonobstant les conventions qu'il avoit faites avec ce vicomte; à « condition que l'évêque Pierre 8c ses successeurs tiendroient en fief cette « vicomte de lui 8c de ses descendans. » Ce prélat promit d'être fidèle au comte Raimond 8c à ses successeurs envers tous &c contre tous, 8c ils firent sceller l'un 8c l'autre la charte de leurs sceaux.
Le 17 de juillet suivant « Bernard-Aton, vicomte d'Agde, fils de la vicom- « tesse Guillelmette, étant dans cette ville, dans la chambre de l'évêque, animé « de l'esprit de Dieu, se donna pour chanoine d'Agde à l'évêque Pierre 8c à c( l'église cathédrale de Saint-Etienne, 8c leur donna avec sa personne toute (( la vicomte ou comté d'Agde &c toutes ses dépendances, entre autres la ville « d'Agde, les châteaux de Marseillan &c de Loupian, les fiefs, les mines d'ar- <( gent, la justice civile 8c criminelle, 8cc., en un mot, tous les droits que le « vicomte Bernard-Aton, son père, &c lui avoient possédés, justement ou injus- « tement, dans le diocèse d'Agde. II déclara ensuite qu'il faisoit cette dona- « tion du consentement 8c de la volonté de Raimond, comte de Toulouse, « de qui il tenoit toutes ces choses en fief, 8c qu'il approuvoit la donation « que le même très-glorieux comte Raimond avoit faite depuis peu étant à « Melgueil, de toute la vicomte ou comté d'Agde en faveur de l'évêque Pierre « 8c de son église dont ce comte lui avoit envoyé les lettres patentes, scellées « de son sceau, pour le prier de les ratifier. II abandonna aux chanoines de « l'église d'Agde tous les droits que lui &c ses prédécesseurs exerçoient juste-
' Catel, Mémoires de l'histoire du Linguedoc, p. 971 & siiiv. — Gallia Christiana, t. 1, p. 6oj nov. C;l. t. 6, Instrum. c. 329 & seq.
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« ment ou injustement sur les vassaux & les clercs de l'église d'Agde 8<. sur « leur famille. Il confirma enfin tous les privilèges que les rois de France & « les papes avoient accordés à Tévêque & aux chanoines de cette église. » Au mois d'août suivant, le vicomte' monta sur la tour appelée de Mirabel accompagné de l'évêque, des chanoines Si des principaux de la ville, 8c de là, montrant de la main l'étendue de la vicomte d'Agde, il en mit ce prélat en possession Se l'investit vers le même temps du château de Marseillan. Ce sont là les circonstances de l'union de la vicomte d'Agde au domaine de l'évêché de cette ville; sur quoi nous ajouterons quelques réflexions :
1° Le vicomte Bernard-Aton, qui fit cette donation, se sert du terme de vicomte ou de comté d'Agde, de même que le comte de Toulouse qui la confirma ; mais ce ne fut proprement que la vicomte qui fut unie à l'évêché, car Bernard-Aton ne pouvoit donner que ce qu'il possédoit: or ni lui ni ses lîJ. oriRin. prédécesseurs n'avoient jamais joui que de la vicomte d'Agde; 8c le comté de cette ville étoit alors uni depuis très-longtemps au domaine des comtes de Toulouse. De là vient que Raimond V, en confirmant cette donation, se réserva l'hommage de la part des évêques pour cette même vicomte. Les évêques d'Agde se sont qualifiés toutefois depuis comtes de cette ville : ils se sont fondés sans doute sur les actes où les termes de vicomte 8c de comté sont confondus.
2° Bernard-Aton donna cette vicomte comme elle avoit été possédée tant par lui que par son père. Or elle avoit été cédée' à ce dernier en ii5o par Raimond-Trencavel, vicomte de Béziers 8c de Carcassonne, son frère, qui lui avoit donné la ville d'Agde avec la partie du diocèse de cette ville située à la gauche de l'Hérault. La vicomte d'Agde ne s'étendoit donc en 1187 que jusqu'à ce fleuve. Le reste du diocèse appartenoit à Roger II, vicomte de Ijéziers 8c de Carcassonne, fils de Raimond-Trencavel 8c cousin germain cle Bernard-Aton.
3° Catel-^ prétend « que le vicomte Bernard-Aton quitta son comté pour (1 être chanoine 8c passer le reste de ses jours au service de Dieu en l'église « de Saint-Etienne d'Agde. » Il paroît, en effet, par l'acte de donation dont on vient de parler, qu'il avoit alors dessein d'embrasser l'état ecclésiastique. Messieurs de Sainte-Marthe'* vont plus loin : ils assurent que Bernard-Aton, avant été reçu chanoine de la cathédrale d'Agde, y passa le reste de ses jours. Mais nous avons lieu de douter si ce vicomte embrassa l'état ecclésiastique 8c
' Catel, Mémoires Je l'histoire Jtt Languedoc , Saint-Étienne, & lui concède ses domaines de
p. 972. Marseillan & de Loupinn (Cf. t. V, c. iSzo, n. 60)}
* Voyez tome III, 1. XVIII, n. xi, p. 781. la vente de la vicomte eut lieu le 17 juillet; cet 'Catel, Mémoires de l histoire Au Languedoc, acte de donation est du 26 du même mois. Rien
p. 972. ne prouve d'ailleurs, comme le dit dom Vaissete,
* C allia Chrisliana, t. 2, p. 60. — Les auteurs c]ue Bernard-Aton ait embrassé l'état ecclésiastique; du premier Gallia Christiana avaient raison; du il est seulement probable qu'il ne se maria jamais moins les éditeurs du nouveau Gallia ont publié & qu'il devint ainsi une sorte d'associé laïque de (t. 6, Instrum. c. 329) un acte par lequel Bernard- la congrégation. [A. M.J
Aton se donne pour chanoine à la cathédrale de
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si, en se donnant pour chanoine à l'église d'Agde-, il n'entencloit pas seulement qu'il pariiciperoit aux prières des chanoines & qu'il seroit inhuiiié parmi eux après sa mort en habit de chanoine, comme c'étoit alors une dévotion assez ordinaire parmi les plus grands seigneurs, lesquels, suivant plusieurs monumens qui nous restent, se donnoient avant leur mort pour religieux en quelque monastère, sans embrasser la profession monastique. Nous avons, en effet, divers actes de Bernard-Aton, depuis l'an 1187 jusqu'en 12 14, Se on ne voit dans aucun qu'il se soit qualifié chanoine ou qu'il ait embrassé l'état ecclésiastique. Nous trouvons, au contraire, qu'il se qualifia toujours vicomte d'Agde dans ces actes. Tel est l'engagement qu'il' fit, en 1189, en faveur de Guillaume VIII, seigneur de Montpellier, & d'Agnès, sa femme, pour dix mille sols raelgoriens, du château de Loupian, engagement pour la sûreté duquel il hypothéqua le château de Marseillan. Il se qualifie aussi vicomte d'Agde dans une donation^ entre-vifs qu'il fit, au mois de janvier de l'an 1191, en faveur du même seigneur de Montpellier, d'Agnès, sa femme, St de leurs enfans, du même château de Loupian dont il se réserva l'usufruit pendant sa vie. Comme ce château dépendoit de la vicomte d'Agde, de même que celui de Marseillan, cela pourroit faire croire que Bernard-Aton révoqua la donation qu'il avoit faite à l'église d'Agde. Nous voyons d'ailleurs qu'il engagea^ de nouveau pour dix ans, au mois de janvier de l'an 1194 (1195), au seigneur de Montpellier & à Agnès, sa femme, le château de I,oupian, avec clause expresse que ce château leur demeuréroit obligé pour la somme de vingt mille sols melgoriens, dont cinquante-deux valoient un marc d'argent. Bernard-Aton se qualifie encore vicomte d'Agde dans cet acte qu'il fit, sauf la donation de ce château au même seigneur, laquelle seroit valable, soit pendant l'engagement, soit après le payement. On voit une semblable clause dans un acte par lequeH Guillaume, seigneur de Montpellier, &. sa femme, reconnoissent qu'ils ne sont tenus de payer à Bernard-Aton, vicomte d'Agde, que quatorze mille sols melgoriens pour l'engagement du château de Loupian, quoiqu'il paroisse par l'acte précédent qu'il étoit engagé pour !a somme de vingt mille. Enfin on trouve dans les archives de l'évêché d'Agde'' un acte par lequel Bernard-Aton, vicomte de cette ville, donna en fief, au mois d'août de l'an iigS, divers domaines de la vicomte d'Agde à Bérenger de Sales, Bérenger de Thésan, &C.
4° Bernard-Aton possédoit aussi la vicomte de Nimes dont il fut le sixième vicomte de son nom &. de sa race. Il étoit né posthume vers l'an 1109 S; avoit succédé dans ces deux vicomtes à Bernard-Aton V, son père, sous ia
Éd.oiigin. tutelle de Guillelmette de Montpellier, sa mère. Dans la suite il épousa t. ni, p. 73. ^ . , , . , . ' . . ,., . ' ,
Garsinde dont on ignore la maison; mais on ne voit pas quil en ait eu des
enfans. Il avoit déjà disposé, en effet, de la vicomte de Nimes en faveur du
' Voyez tome Vm, Chartes, n. XLVII, ce. Spy, < Voyez tome VIII, Chartes, n. XLVII, ce. 3-9,
' Ib'ii. c. 398. ' Archives de l'évêché d'Agde, n. 21. — Voyea
' Ihii. ce. 398, 399. terne V, c. i32o, n. 64.
HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC, LIV. XX. izZ
comte de Toulouse lorsqu'il fit donation, en 1187, de celle d'Agde à l'église de cette ville j en voici la preuve : Bernard-Aton vécut au moins jusc{u'en 1 2 14; or, dans tout cet intervalle, nous n'avons aucun monument qui prouve qu'il ait exercé quelque autorité dans le diocèse de Ninies, &. qu'il se soit qualifié vicomte de cette ville. De plus, il est certain que depuis l'an 1 187 ' les comtes de Toulouse dominèrent absolument à Nimes & dans le diocèse, & qu'ils réunirent en leur personne toute l'autorité temporelle sur ce pays, comme il paroît entre autres par une charte^, suivant laquelle Raimond VI, comte de Toulouse, confirma en 1197, en faveur de l'église de Nimes, un accord que Guillelmette, mère de Bernard-Aton, aiurejois vicomte, avoit fait avec les chanoines de la cathédrale. Enfin on a vu plus haut que Raimond V, comte de Toulouse, confirma la donation de la vicomte d'Agde faite par Bernard- Aton à l'église de cette ville, nonobstant les conventions qu^il avoit passées avec lui. Or ces conventions supposoient sans doute que ce vicomte lui avoit cédé tous ses domaines.
5° Il est vrai que Bernard-Aton donna ^, en 1:14, les vicomtes de Nimes Si d'Agde à Simon de Montfort; mais outre qu'il ne se qualifie dans l'acte que Bernard-Aton, fils de feu Bernard-Aton, vicomte de Nimes 6* d'Agde, ide Guillelmette, sa femme, il marque expressément qu'il fait cette donation (I à cause de la substitution qui avoit été faite entre ses prédécesseurs d'un (I cùté 8c les vicomtes de Béziers de l'autre, pour se succéder les uns aux <( autres par défaut de descendans. » Cela prouve donc seulement que Simon de Montfort, s'étant emparé de tous les domaines des maisons de Toulouse 8c de Béziers, il engagea, pour s'en assurer la possession, Bernard-Aton à la lui confirmer; mais ce n'est pas une preuve que ce dernier fût alors propriétaire des vicomtes de Nimes 8c d'Agde.
6° Il semble que Bernard-Aton, suivant cette substitution, ne pouvoit pas disposer de la vicomte d'Agde, en faveur de l'église de cette ville, sans le consentement de Roger II, alors vicomte de Béziers 8c de Carcassonne, son cousin germain, qui lui étoit substitué : or il ne paroît pas que Roger ait donné ce consentement. Bernard-Aton crut peut-être pouvoir s'en passer, après avoir obtenu celui du comte de Toulouse, son seigneur dominant, dont il avoit abandonné les intérêts en 11 79 pour embrasser ceux du roi d'Aragon, 8c avec lequel il s'étoit par conséquent alors réconcilié'*.
■ Dom Vaissele aurait pu dire, depuis m85. En ' Voyez tome VIII, Chartes, n. CXIII, ce. (55i
effet, le 6 mars 1184 (v. st.), le comte Raimond V à 6J3.
confirma les libertés & franchises des habitants de '' La ville de Millau, en Rouergue, obtint ver» Nimes, telles que les leur avaient concédées les cette époque des privilèges du roi d'Aragon, Aianciens vicomies) liberté des personnes & des fonse. Ces privilèges, datés du 1" avril 1187, ont biens, exemption des toltes & quêtes; concession été publiés par de Gaujal {Etudes sur le Rouerguet des anciens communaux (devesiae). Raimond, t. 1, p. 283 Sisuiv.)) l'original existe à Paris, à dans cet acte, s'intitule comte de Nimes. On le l.i Bibliothèque nationale [Collect. de Languedoc^ trouvera dans Ménard, Histoire de Nimes, t. 1, v. 1 96). Ces coutumes portent exemption de quête, preuves, p. 40. — Voir plus haut, p. 111. [A. M.] tolte,&c. — Les frais de justice pour chaque affaire
' Voyez tome VIII, Chartes, n, LXVIII,cc. 442 seront réglés par les consuls, de concert avec le
à 445. juge de la cour & les conciliatorcs (^assesseurs). — »
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