tome V, ce. 1116, 1616, n. X. officiers, t. i, p
■* Archives de l'abbaye de Foix. 'Rogerde Hoyeisn, Annales Anglicani, an, 1 188,
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tant que le respect qu'on avoit pour les pèlerinages empêcheroit le comte de Toulouse de rien entreprendre contre eux. Raimond fut en effet obligé de les relâcher à la prière du roi de France, qui les lui demanda par un motif de religion, après en avoir retiré cependant une grosse rançon. Pv.ichard, outré de dépit, résolut de pousser à bout le comte de Toulouse. Il prit' à sa solde un corps de ces brigands qu'on appeloit Brabançons, 81, les ayant joints à ses propres troupes, il fit une \£ruption, au printemps de l'an 1188, dans les États de Raimond où il porta le fer £<. le feu. Il se rendit maître de dix-sept châteaux, situés la plupart en Querci, entre autres de celui de Moissac &, à ce qu'il paroît^, de la ville de Cahors. Il s'approcha ensuite de Toulouse, dont il ravagea tous les environs, & se proposa d'en faire le siège.
XI. — Le roi Philippe-Auguste /ait diversion en faveur du comte de Toulouse,
Le comte, déconcerté par la rapidité de ces conquêtes, eut recours au roi Philippe-Auguste, son souverain & son allié. Il représenta à ce prince que les hostilités de Richard étoient une infraction manifeste de la trêve conclue au mois de janvier précédent entre les deux rois lorsqu'ils avoient pris la croix l'un Se l'autre pour aller secourir la Terre-Sainte 8c arrêter les progrès du sultan Saladin. Les rois de France 8^ d'Angleterre étoient convenus en effet alors que toutes leurs querelles cesseroient Se que les hostilités seroient suspendues de part 8c d'autre depuis leur entrevue jusqu'après leur retour du voyage d'outre-mer. Les Toulousains implorèrent de leur côté la protection du roi, qui prit hautement leur défense avec celle de leur comte. Philippe envoya des ambassadeurs à Henri, roi d'Angleterre, pour se plaindre de ce que le duc Richard, son fils, avoit porté la guerre dans le royaume sans aucune déclaration préalable 8c sans l'avoir auparavant défié : il lui fit demander si c'étoit par son ordre que Richard avoit exercé ces ravages, 8c le somma d'en faire réparation. Henri répondit que son fils avoit entrepris cette expédition sans l'avoir consulté, 8c qu'il s'étoit contenté de lui faire savoir par l'archevêque de Dublin qu'il n'avoit agi en tout cela que par l'avis du roi de France.
^ Éd.oriBin. Philippe, peu content d'une pareille défaite, assembla ses troupes 8c
attaqua les Etats du roi d'Angleterre. Il entra d'abord dans le Berry, prit Châteauroux, Argenton Se plusieurs autres châteaux, soumit à son obéissance presque tout le pays avec une partie de la Touraine 8c s'avança jusque dans le Bourbonnois où il s'empara de Montluçon 8c de quelques autres places. Un historien du temps ^ prétend même que Philippe poussa jusque dans le Querci où il soumit, dit-il, cinq comtés sur le roi d'Angleterre; c'est-à-dire sans doute qu'il reprit cinq des châteaux que Richard avoit enlevés dans ce
"■ ' Roger de Hoveden, ad an. 1188. — Rigord, ' Voyez tome VII, Note IX, pp. 22 à 24.
De gestis Phdippi Augusti, p. 27. — Giiillelmus ' Radiilphus, Coggeshalae abbas, Chronicon An-
Armoricus. — Radiilphiis de Diceto. — Geivasius glicif, Oorobernensis, ad an. 1188.
pays au comte de Toulouse. Quoi qu'il en soit, il est certain que la diversion de Philippe en faveur de Raimond arrêta les entreprises de Richard, qui fut obligé de marcher au secours du Berry.
Henri n'eut pas été plutôt informé de l'entrée de Philippe dans ses États, qu'il envoya à ce prince l'archevêque de Cantorbéri pour l'apaiser; mais ce prélat n'ayant pu rien gagner, il se détermina à passer la mer, débarqua en Normandie, vers la mi-juilIet", Si se rendit à Alençon, où il assembla son armée. Philippe quitta alors le Berry pour revenir en France s'opposer aux desseins du roi d'Angleterre. Richard tenta vainement, après le départ de Philippe, de reprendre Châteauroux, il fut obligé de se retirer. Il alla ensuite en Normandie joindre le roi, son père, qui envoya de nouveaux ambassadeurs à Philippe pour lui demander la paix, avec offre de réparer les dommages qu'il lui avoit causés. Philippe répondit fièrement qu'il n'abandonneroit son entreprise qu'après avoir entièrement soumis à son obéissance le Berry ik le Vexin normand. Sur cela Henri Si Richard, son fils, se mirent en marche Si s'avancèrent jusqu'à Mantes, où ils firent quelque dégât. Philippe, qui s'étoit avancé de son côté, leur fit proposer une conférence qu'ils acceptèrent Si qui se tint, le 16 du mois d'août, entre Gisors Si Trie : elle dura trois jours, sans que les deux rois pussent convenir d'aucun article. Après leur séparation, ils eurent de nouveau recours aux armes : ils convinrent cependant d'une nouvelle entrevue qui se fit le 7 du mois d'octobre. Philippe offrit alors à Henri de lui restituer toutes les places qu'il avoit soumises, à condition que Richard rendroit de son côté au comte de Toulouse toutes celles qu'il lui avoit enlevées; Si, comme il ne se fioit pas à Richard, il demanda au roi Henri qu'il remît en otage le château de Pacy, en Normandie. Henri refusa de le iaire, Si les deux rois se retirèrent aussi ennemis qu'auparavant.
XII. — Voyage de Philippe- Auguste au Pi/y, — Le Vïvaraïs est soumis
à sa domination.
Philippe prit la route du Berry 81 soumit en passant le château de Palud. 11 prit ii Châteauroux un corps de Brabançons qu'il conduisit jusqu'à Bourges; mais les désordres que commettoient ces brigands l'obligèrent à les congédier, après leur avoir enlevé leurs armes, leurs chevaux 81 tout le butin dont ils s'étoient enrichis dans leurs courses. Il alla ensuite en Auvergne^ où il soumit diverses places sur le roi d'Angleterre, qui étoit reconnu pour suzerain dans une partie du pays, Si s'avança jusqu'au Puy, en Vêlai. Il étoit dans cette ville^, vers la fin du mois d'octobre ou le commencement de novembre. Si il y donna alors deux chartes. Par la première il confirma, à la prière de Pierre, évêque du Puy, les privilèges que le roi Louis le Jeune,
' Voyez tome VII, Note IX, pp. zz à 24. ' Voyez tome VII, Note IX, pp. 22 à 2.;.
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