rapportaient, y compris les albcigi^es que le vi
* Ajoutons à ces actes du vicomte de Béziers de comte y prenait sur plusieurs chevaliers (Vcit
l'année 1 190, une donation importante du même t. VIII, n. 70, c. 4o3). [A. M.J
seigneur à la commanderie de Campagnoles, de ' Voyez tome VIII, Chartes, n. XLVIII, c. 4-0.
An 1 190
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promit de ne pas contrefaire, & divers autres droits. Jean de Montlaur, évêque de Maguelonne, Raimond Rascas, seigneur d'Uzès, Se plusieurs autres seigneurs turent présens à cet hommage ou serment de fidélité.
XX. — Réunion de la baronnie d'Omelas au domaine des seigneurs
de Montpellier,
Le seigneur de Montpellier réunit quelques années après à son 'domaine la baronnie d'Omelas & diverses autres terres considérables qui en avoient été séparées en faveur de Guillaume, fils puîné de Guillaume V, son bisaïeul. On a dit ailleurs' que ce fils puîné de Guillaume V prit le surnom d'Omelas, parce qu'il eut la baronnie de ce nom en partage; qu'il épousa Tiburge, héritière du comté d'Orange, dont il eut un fils, nommé Raimbaud, qui quitta le surnom d'Omelas pour prendre celui d'Orange; & que Raimbaud étant mort sans postérité, il fit héritière pour la baronnie d'Omelas 8c tous les autres domaines qu'il avoit en deçà du Rhône, Tiburge, sa sœur, femme d'Avmar, seigneur de Murviel, au diocèse de Béziers. Cette Tiburge fit héritier k son tour Raimond-Aton de Murviel, son fils, & celui-ci donna ^, au mois de juillet de l'an 1187, à Guillaume VIII, seigneur de Montpellier, son cousin, &. à ses successeurs les châteaux d'Omelas & du Pouget, &c tous les autres domaines qu'il possédoit depuis la rivière d'Hérault jusqu'à celle de la Mousson, Se depuis le pont de Saint-Guillem jusqu'à la mer. Le seigneur de Montpellier lui rendit ensuite ces domaines en fief avec quelques autres dont il disposa en sa faveur.
Raimond-Aton de Murviel mourut^ quelque temps après, & ne laissa que deux filles, Tiburge S<, Sibylle, qui demeurèrent sous la tutelle d'Aymar de Murviel, leur aïeul paternel. Comme ces deux filles étoient fort riches, le seigneur de Montpellier résolut de conclure le m.ariage de l'aînée avec Guillaume, son fils, &. d'Agnès, sa seconde femme. Dans ce dessein il eut une entrevue à Maguelonne, au mois de juin de l'an 1191, avec Aymar de Murviel, & ils convinrent des articles suivans : 1° Aymar promit de donner en mariage à Guillaume, fils du seigneur de Montpellier, Tiburge, sa petitefille, & de lui assigner en dot tout ce que Raimond d'Orange &> Guillaume d'Omelas, son père, avoient possédé dans les diocèses de Béziers, Lodève, Agde & Maguelonne, savoir ; le château d'Omelas avec ses dépendances, &. tout ce qu'ils avoient eu aux châteaux de Popian, Mazernes, Saint-Pons de Mauchiens, Pouget, Mont-Arnaud, Pignan, Cornonsec, Montbazin £c Frontignan; dans le village de Murviel, S(.c. 2° Il fut dit que si Tiburge venoit à mourir avant la consommation de son mariage, le fils du seigneur de Montpellier épouseroit Sibylle, sa sœur; 8< que si au contraire le fils du seigneur de Montpellier venoit à mourir avant son mariage, son frère puîné épouse-
' Voyez tome IV, Vote XXXVII, pp. i83, 184. ' D'Achéry, Spicilcg'ium, t. 8, p. zoî & seq.
* Tome VIII, Chartes, n. XLII, ce. SSç, 3po.
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roit Tiburge, ou à son défaut Sibylle. 3° Le seigneur de Montpellier & Aymar
de Murviel s'engagèrent réciproquement de payer cliacun.dix mille sols mel-
goriens de dédit, en cas que ce mariage ne s'accomplît pas par la faute de
l'un ou de l'autre. 4° Aymar s'obligea à faire ratifier ces conventions par
Sibylle lorsqu'elle seroit parvenue à l'âge de puberté. 5° Il est marqué que
Tiburge ou Sibylle, quand l'une ou l'autre épouseroit le fils du seigneur de
Montpellier, auroit pour douaire (Jure sponsalitiae largitatis) le lieu de Cas-
telnau 6 les bains de Montpellier. 6° Aymar donna de plus en dot le château
de Paulhan à celle de ses petites-filles qui épouseroit le fils du seigneur de Éd «ligin.
Montpellier. 7° Enfin ce seigneur 8c Aymar promirent par serment d'observer tous ces articles sous la caution de divers seigneurs, savoir : de la part d'Aymar, d'Etienne de Servian & de Bernard de Minerve, ses petits-fils (^nepotes), de Guillaume-Ermengaud de Fossillon, Pierre-Raimond de Sauvian & Aymar de Montmerle, & de la part du seigneur de Montpellier, de Guillaume de Mèze, Ermengaud Se Raimond de Pignan, &c. Le nom de la mère de Tiburge 8t de Sibylle de Murviel n'est pas marqué dans l'acte; nous apprenons', d'ailleurs, qu'elle s'appeloit Foy, qu'elle étoit fille de Pierre d'Albaron, seigneur provençal, & qu'elle avoit eu en dot sept mille sols melgoriens, qui lui furent rendus en 1196.
Le mariage du fils aîné de Guillaume VIII, seigneur de Montpellier, avec une des filles de Raimond-Aton de Murviel, ne s'accomplit pas, à cause qu'ils étoient parens au troisième degré. C'est du moins la raison dont Tiburge, qui étoit majeure en 1197, se sert dans un acte du mois d'août de cette année, par lequel* elle délivre de leur serment ceux qui avoient juré de procurer la célébration de ce mariage &. les dispense de toutes les obligations qu'ils avoient contractées à cette occasion. Elle fit cette déclaration dans une assemblée tenue sur la rive de l'Hérault, en présence de Gausfred, évêque de Béziers, de Raimond, évêque d'Agde, & de plusieurs ecclésiastiques &. chevaliers.
Le seigneur de Montpellier ne laissa pas de réunir k son domaine la baronnie d'Omelas 8<. les autres domaines qui avoient été promis en dot à Tiburge de Murviel. Elle 8c sa sœur Sibylle déclarèrent, en effet, par un autre acte^ passé dans la même assemblée, « qu'étant parvenues à l'âge de Il majorité elles choisissoient pour maris, de l'avis de leurs amis Se parens. Il entre autres d'Etienne de Servian, leur cousin, 8c de Raimond, leur oncle, <c Pons 8<. Frotard, fils de Pons d'Olargues; Se comme, ajoutent-elles, nous !• souhaitons d'avoir de l'argent comptant en dot, nous vendons, tant pour » cette raison que pour avoir de quoi payer les dettes Se les charges de l'héré- « dite de Raimond-Aton, notre père, Se de Foy, notre mère, à vous Guil- (' laume, seigneur de Montpellier, le château d'Omelas, avec les autres «. domaines énoncés ci-dessus 8c situés dans les diocèses de Maguelonne,
' Voytz tome VIII, Chartes, n. LXV, ce. ^Ij, ' D'Achéry, Spicilegium, t. 8, p. iry.
,j35.. ' Mis. d'Auhayi, n. 82.
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« d'Agde, de Béziers S<. de Lodève pour soixante-dix-sept mille sols melgo- « riens dont nous .vous marquerons l'emploi. » Files se réservèrent seulement par cette vente le château de Murviel &. tous les autres biens qui avoient appartenu à Aymar de Murviel leur aïeul ; en sorte que Tiburge n'eut de cette somme que vingt mille sols, que Frotard d'Olargues, son mari, reconnut avoir reçus.
XXI. — Liaison du seigneur de Montpellier avec le pape Célestin III.
On voit par ces actes que Guillaume VIII, seigneur de Montpellier, avoit extrêmement à cœur l'avantage de Guillaume, son fils aîné, & d'Agnès, qu'il avoit épousée du vivant d'Eudoxe Comnène, sa femme légitime. Comme il avoit beaucoup à craindre cependant que les enfans de ce second lit ne fussent déclarés bâtards, il ménagea extrêmement le pape 81 s'attira sa bienveillance par toute sorte de moyens. C'est dans cette vue qu'ayant appris l'élection à la papauté du cardinal Hyacinthe, qui prit le nom de Célestin III 8c qui, lorsqu'il avoit été légat dans la Province, avoit été lié d'une étroite amitié avec Guillaume VII, son père, il lui écrivit' pour mettre sa personne, jo/z jî// Guillaume, Si ses domaines sous sa protection. Célestin lui répondit, le 24 de décembre de l'an 1191, il lui marque que, faisant attention aux services que Guillaume, son père, d'illustre mémoire, 8<. lui-même avoient rendus à l'Eglise romaine & espérant qu'il marcheroit sur ses traces, il lui accorde sa demande 8c le met lui, son fils Guillaume &c ses biens sous la protection du Saint- Siège. Il confirme en même temps en sa faveur le privilège que le pape Alexandre III avoit accordé au même Guillaume VII de ne pouvoir être excommunié que par le pape ou par celui à qui le pape en auroit donné une commission spéciale, ou enfin par un légat à latere ; à moins qu'il n'eût commis un genre de délit qui portât l'excommunication par lui-même, comme d'avoir frappé un clerc ou un religieux &c d'être incendiaire^. Célestin défendit Éa.origin. aussi d'interdire les chapelles que Guillaume avoit dans ses châteaux de Montpellier 8c de La Palu ou de Lates, Se dont chacune devoit un écu d'or de redevance au palais de Latran.