‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 149 sur 342 · à un grand nombre de petits seigneurs qu'on peut · texte numérisé non relu

à un grand nombre de petits seigneurs qu'on peut

' Hôtel de ville de Cahors. croire issus de la même famille. Voulant agrandir

' A cette année 1207 appartient une pièce fort leur ville & y attirer les étrangers, ils y fondè-

intéressante, publiée par dom Vaissete dans ses rent un asile, une bastide comme on dit plus

preuves, mais qu'il n'analyse pas : ce sont les cou- tard, accordant certains privilèges à tous ceux

tûmes de Mirepoix, du 19 mai 1207. On en trou- qui viendraient s'y réfugier. Le servage fut aboli,

vera le texte au tome VIII, ce. 541 à 552. Nous ou du moins pour le conserver il fallut le con-

l'avons revu sur un cartulaire de Mirepoix du sentement du serf (e. 548); le droit de mainmorte

quatorzième siècle, aujourd'hui aux archives du fut supprimé (c. 549); les habitants eurent droit

château de Léran, parmi les titres de la maison de d'usage & de pâture dans les bois des seigneurs.

Lévis. Nous y avons joint une sorte de mémoire, en L'acte fut approuvé par le comte de Fc'.x,suze-

langue vulgaire, résumant l'acte, qui paraît dater rain des seigneurs de Mirepoix. [A. M.]

du quatorzième siècle, & fournit plusieurs ren- ^ Pierre de Vaux-Cernay, c. 3.

feignements intéressants. Le château de Mirepoix '■" Gallia Christiana, nov. éd. t. i , p. 873.

-' An 1207

gueil, 8c il y fut présent', le 4 de ce mois, lorsque Marie, reine d'Aragon, fille de feu Guillaume, seigneur de Montpellier, 6- de l'impératrice Eudoxe, permit aux habitans de cette ville d'en détruire entièrement la tour ou le château 8<. d'en raser les fortifications, avec promesse que jamais aucun seigneur de Montpellier ne pourroit la fortifier ou y élever quelque forteresse.

XXXVI. — Marie, reine d'Aragon, accouche à Montpellier de Jacques,

son fils.

Marie s'étoit alors réconciliée avec le roi d'Aragon, son mari, & c'est de cette réconciliation que vint^ Jacques I, roi d'Aragon, leur fils. Divers auteurs espagnols traitent de miraculeuse la naissance ou plutôt la conception de Jacques, 81 ils rapportent là-dessus plusieurs circonstances singulières; mais elles paroissent tout à fait fabuleuses : ce prince n'en fait du moins aucune mention dans les mémoires qu'il nous a laissés de sa vie en langue provençale, où il raconte lui-même, dans un chapitre entier^, comment il étoit venu au monde.

Il Nous rapporterons maintenant, dit le roi Jacques, la manière dont nous « avons été conçu 8t les circonstances de notre naissance. Premièrement nous « avons été conçu de la manière suivante : Le roi Pierre, mon père, ne vou- « lant pas voir la reine, ma mère, il arriva un jour que ce prince étant à « Lates, tandis que ma mère étoit à Miraval, un seigneur, nommé Guillaume I. de Alcala l'alla trouver S<. le pria avec tant d'instances qu'il lui persuada « enfin d'aller voir la reine à Miraval, où il passa la nuit avec elle, &c Dieu « voulut que je fus conçu alors. Quand la reine ma mère se sentit grosse (I elle se rendit à Montpellier, où je naquis dans la maison de ceux de Tor- " namire, la veille de la Chandeleur. Aussitôt que je fus né, ma mère m'eni( vo)a offrir à Dieu dans l'église de Notre-Dame, 8<. j'y entrai dans le temps « qu'on chantoit le Te Deum de matines. On m'apporta de là dans la cha- « pelle de Saint-Firmin, 81 j'y arrivai lorsqu'on chantoit le Benedictus. Ma « mère prit ces rencontres pour des heureux pronostics qui lui firent beau- « coup de plaisir. Elle fit faire douze cierges d'un égal poids 8c d'une égale « grosseur, fit mettre à chacun le nom des douze apôtres, les fit allumer en u même temps Se promit à Dieu de me donner au baptême le nom de l'apôtre « dont le cierge brùleroit plus longtemps. Il restoit encore trois travers de " doigt à celui de saint Jacques, tandis que tous les autres étoient déjà con- « sûmes, 8c cela fit qu'on me donna le nom de ce saint apôtre. » Il est certain'* que Jacques I, roi d'Aragon, naquit à Montpellier le i" de février de l'an 1108, suivant notre manière de commencer l'année, d'où il est aisé de conclure que le roi Pierre, son père, se réconcilia avec la reine Marie vers le mois de mai de l'an 1:07, 8c qu'ils étoient alors l'un 8c l'autre aux environs

■ Gnriel, Idée de Montpellier, p. 206, & Séries ^ Chronicx o comment, del rey Jacme, c. 4. ^

pritesulum Magalonensium, p. i-ji 8c seq. [Nouvelle édition de Barcelone, c. S, p. la&siiiv.]

" Voyez tome VII, Note XIV, pp. 38 à 42. ^ Voye;: tome VII, Note XIV, pp. 38, 39.

An 12.0J

de cette ville; ils s'en étoient exclu l'entrée par le traité du mois d'octobre de l'année précédente, pour les raisons que nous avons déjà dites ; mais il paroît que la grossesse de la reine fut une occasion de réconciliation entre elle & le roi son mari, d'un côté, & les habitans de Montpellier de l'autre. On vient de voir, en effet, que cette princesse permit aux mêmes habitans, le 4 d'août suivant, de détruire le château & les fortifications de Montpellier qui faisoient le principal sujet de leur querelle. Nous voyons d'ailleurs que, depuis, Marie fit son séjour dans cette ville, où elle rendit hommage' en son nom, le i3 d'avril de l'an 1208, à l'évêque de Maguelonne, pour la seigneurie de Montpellier. Au reste, la réconciliation de Pierre avec Marie ne fut pas de durée % &. ce prince fit bientôt après de nouveaux efforts pour faire casser son

mariage.

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