‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 208 sur 342 · XII. — Simon porte la guerre dans le pays de Foix · texte numérisé non relu

XII. — Simon porte la guerre dans le pays de Foix

Ce général retourna ensuite à Toulouse qu'il acheva de piller 8c où il fit^ raser entièrement le reste des tours 8c des maisons qui pouvoient faire quelque défense. Il résolut en même temps d'aller assiéger le château de Montgrenier', auprès de Foix, sous prétexte que le comte Raimond-Roger avoit rompu la trêve, mais, dans le fond, pour l'empêcher d'obtenir la restitution de son

■ Voyez tome VIII, c. 149.

'Une bulle du 24 novembre 1218 nous fait connaître le nom de quelques-uns des défenseurs de ce château. C'étaient Nugnès Sanche, plus tard comte de Roussillon & Guillem Ramon de Moncade. Garsias, archevêque d'Auch, &. le légat Bertrand furent chargés de les excommunier (Potthast, n. 5928). [A. M.]

^ Gallia Christiana, nor. ti. t. i,/njlrum.p. i85 & seq. [22 décembre 1216; voyez notre Catalogue, n. 137.]

* Corrige^ Teregnus. Les deux fils de ce seigneur s'appelaient Roger & René. [A. M.]

' Registram turiae Franciae. [23 décembre 1216; voyez notre Catalogue, n. i38.]

" [Aujourd'hui Espèche (Hautes-Pyrénées), arrondissement de Bagnères-de-Bigorre.]

' Archives de l'abbaye de Moissac.

' Pierre de Vaux-Cernay, c. 83 & suiv. — Marca, Hiitoirc de Béarn, 1. 8, c. 19. — Voyez tome VIII, c. 149. [Guillem de Tudcle, vers 5563 à OSôy.]

'Les relations entre le comte de Foix &Simon de Montfort paraissent avoir été assez tendues depuis déjà longtemps. En effet, un acte du premier juillet 1216 prouve qu'il ne reconnaissait pas Montfort comme comte de Toulouse. C'est la confirmation des coutumes de la ville neuve de Tarascon-sur- Ariége, fondée, au douzième siècle, par le comte Roger-Bernard (cf. tome VIII, ce. 688 à 69 1 ). Cett» charte des plus curieuses permet de dater la fondation de cette ville, aujourd'hui assez importante, & ajoute un fait nouveau à l'histoire des villes neuves dans le Languedoc. Nous y avons joint deux actes postérieurs, de 1266 & i3o4, portant nouvelle confirmation des libertés dudit lieu & explication d'un article de la coutume dont le sens prétait à discussion. Ces documents, dont le texte laisse malheureusement un peu à désirer, au moins pour le premier d'entre eux, proviennent des archives municipales de Taraîcon-sur-Ariége.

An 12 1 '

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château de Foix. Le pape Honoié III avoit ordonné', en effet, le 27 novembre de cette année, à l'ablié de Saint-Tliibéi y, de restituer au comte de Foix ce château, qu'il avoit gardé jusqu'alors au nom de l'Eglise romaine. Honoré, d'un autre coté, écrivit^, le 8 de décembre, au comte de Foix pour lui apprendre qu'il avoit donné ces ordres en conséquence de la demande qu'il en avoit faite par ses ambassadeurs. « Nous avons ordonné de vous rendre le « château de Foix, dit le pape, quoique plusieurs personnes nous aient " suggéré de ne pas le faire, de crainte qu'après l'avoir recouvré vous ne (i troubliez de nouveau les affaires de la foi & de la paix; mais nous nous (i sommes déterminés, tant parce que vous avez obéi fidèlement à l'Église Se « au cardinal Pierre de Bénévent, depuis que ce légat vous a accordé l'abso- « lution, que pour ne pas donner lieu de dire que l'Eglise romaine ne tient « pas ses promesses; étant d'ailleurs toujours en état d'appesantir notre main « sur vous & de vous arrêter, en cas que vous refusiez de nous obéir. Nous <i ordonnons donc à l'évêque de Maguelonne & au prieur de Fontfroide de (i recevoir de vous, de Roger-Bernard, votre fils, & de Pvoger de Comminges, » votre neveu, une caution suffisante que vous ne troublerez pas la paix 8< « les affaires de la foi, & une promesse de votre part, suivant laquelle vous « consentirez, en cas que cela arrive, que le château de Foix demeure con- « fisqué au profit de l'Eglise romaine. Vous payerez enfin la somme de quinze « mille sols melgoriens à l'abbé de Saint-Thibéry pour la dépense qu'il a faite ^Kd.oii-in., „ ^ la garde de ce château, lequel vous sera rendu après l'exécution de tous « ces articles. »

XIII. — Simon assiège le château de Montgrenier &• traverse la réconciliation

du comte de Foix avec l'Église.

An 1217

Simon, pour traverser cette restitution, chercha querelle à Raimond-Roger &c prétendit que ce comte avoit fait construire le château de Montgrenier^, auprès de Foix, au préjudice de la trêve, S< qu'il y donnoit retraite aux ennemis de la foi ; sous ce prétexte, il se met en marche 8t assiège ce château, le 6 de février de l'an 1217. Roger-Bernard, fils du comte de Foix, qui se trouvoit alors heureusement dans la place, située très-avantageusement sur la pointe d'un rocher & très-bien munie, en prit la défense; car c'est Roger- Bernard qui la détendit & non Roger de Comminges, comme l'a avancé un de nos historiens'*, qui confond ce château de iMontgrenier, dans le pays de Foix, avec celui du Mas-Garnier sur la Garonne, dans le diocèse de Toulouse. Le procédé de Montfort surprit extrêmement le comte de Foix; il comparut à Perpignan devant les deux commissaires Se leur demanda l'exé-

'Manrique, Annales Cistcrcientcs , an. 1217, ' Ce château paraît être celui de Montgaillarj,

c. 3. dont les ruines se voient encore près de l'Ariége,

* Baluze, Miscellanea, t. 2, p. 2,')2. — Pierre de à cinq kiloinètrcs au sud-sud-oiiest de Foix. Cf.

Vaux-Ccrnay, ç. 83. — Marca, Histoire de Bénrn, Meyer, t. 2, p. 291. [A. M.J

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