‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 209 sur 342 · c, ij. ■* Çatelj Htnolrç de! cqm<(s de Telotc . p 3i · texte numérisé non relu

c, ij. ■* Çatelj Htnolrç de! cqm<(s de Telotc . p 3i

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XXIII. 5oi

cution des ordres du pape. 11 s'excusa de ce c|u'il ne pouvoit taire comparoître aussi son fils & Roger de Comminges, son neveu, parce que le comte de Montfort, pour mettre obstacle à la restitution du château de Foix, étoit entré à main armée sur ses terres &. qu'il les tenoit assiégés. Enfin il les supplia d'engager ce général à lever le siège; protestant qu'il ne demandoit pas mieux que d'observer la paix & de réparer, soit par le jugement du pape, soit par la décision du cardinal -légat qui devait venir, soit enfin par leur arbitrage, toutes les contraventions qu'on prouveroit qu'il y avoit faites. Les commissaires, contents de ces offres, écrivirent à Simon de Montfort 8t le pressèrent de lever le siège de Montgrenier; mais ce général n'eut aucun égard à leurs prières. Le prieur de Fontfroide & l'abbé de Saint-Thibéry, accompagnés de plusieurs religieux, se rendirent ensuite dans le camp de Simon pour le porter à la paix; mais, loin de devenir plus traitable, il se mit en campagne, ravagea le pays Se se saisit de la ville de Foix qu'il fit fortifier. Il offrit cependant, pour amuser les commissaires, de se représenter devant eux St d'y discuter les raisons qu'il avoit eues d'attaquer le comte Raimond- R.oger. L'abbé de Saint-Thibéry & le prieur de Fontfroide, voyant qu'ils n'avoient pas la force en main pour se faire obéir, turent ainsi obligés de retourner à Perpignan joindre l'évêque de Maguelonne 8<. le comte de Foix. Ce dernier leur remit alors un acte, daté du 17 de février de l'an 12 17, par lequel il leur promet par serment, tant en son nom qu'en celui de Roger- Bernard, son fils, &C. de Roger de Comminges, son neveu, de ne jamais troubler^n aucune manière les affaires de la paix 8t.de la foi; consentant, en cas qu'il vînt à enfreindre cette promesse, (|ue le château de Foix demeure confisqué au profit de l'Eglise romaine. Il donna pour ses cautions le comte Raimond-Bernard, Hugues-Pierre de Fenouillet & Pilfort de Rabastens. Six jours après, Arnaud, vicomte de Castelbon, ratifia cet acte sous la caution de Bernard de Portelle, d'Aton- Arnaud de Castelverdun Si de Raimond de Quier; S<. le 24 de février, Roger-Bernard, fils du comte de Foix, quoique assiégé dans le château de Montgrcnier, y donna son consentement, sous la caution d'Arnaud de Comminges Se d'Arnaud de Villemur. Enfin Hugues, comte d'Ampurias, Se Guillaume, vicomte de Castelnau, s'en rendirent aussi garans le 8 de mars. Les commissaires trouvant toutes ces sûretés suffisantes, envoyèrent leur procès-verbal au pape ; mais le comte de Foix ne put obtenir si tôt la restitution de son château par l'opposition de Simon de Montfort; il paya ' cependant quarante livres, monnoie de Toulouse, par semaine à l'abbé de Saint-Thibéry pour la garde, jusqu'à ce qu'il lui eût été rendu.

Montfort, résolu de prendre le^ château de Montgrenier, s'obstina à l'assicger malgré la rigueur de la saison. La valeur avec laquelle les assiégés se défendirent auroit sans doute rendu tous ses efforts inutiles; mais, manquant à la fin de vivres, ils furent obligés de capituler la veille de Pâques, après

' Voyez tome Vltl.CIiarUS, n.CXXI's', ce. i^jj, * Pierre de V.mx-Cernay, c. 83. [Même vcrjiorl

yoo. dans Guillem de Tudèle, v. jûû8 à HijS.]

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An 1217

avoir soutenu un siège de six semaines. Roger-Bernard de Foix ik toutes ses troupes eurent la liberté de se retirer avec leurs armesj mais on l'obligea de promettre par serment de ne pas faire la guerre pendant un an contre Simon de Montfort & ses alliés.

; XIV. — Le cardinal Bertrand légat dans la Province.

Éd.ori(?:,i. Qjj vient de voir qu'on attendoit dans la Province un nouveau légat au

mois de février de l'an 1217. Le pape nomma', en effet, le 19 de janvier de la même année, Bertrand, cardinal-prêtre du titre de Saint-Jean &. de Saint- Paul, pour exercer cette fonction dans les provinces d'Embrun, Vienne, Arles, Narbonne S; Auch, 8c dans les diocèses de Mende, du Puy & d'Albi, avec pouvoir d'y régler les affaires de la paix & de la foi. Il le recommanda à tous les prélats de ces provinces &c de la Provence, & ordonna en même temps aux maîtres (S- aux écoliers demeurant à Paris d'envoyer quelques-uns d'entre eux dans les pays de Toulouse pour y prêcher & instruire les peuples, comptant qu'ils feroient beaucoup de fruit, à cause de la grande réputation de science & de vertu qu'ils s'étoient acquise dans tout le pays. Il écrivit quelques jours après à Foulques, évêque de Toulouse, à qui il refusa la demande que ce prélat avoit faite de se démettre de son évêché pour retourner dans le cloître. Se de partager son diocèse en plusieurs autres, sous prétexte qu'il ne pouvoit le gouverner utilement dans ce temps de trouble, à cause de sa trop grande étendue. Il écrivit aussi, le 18 de mars, aux consuls & aux habitans de Montpellier pour les prendre sous sa protection & accepter l'offre qu'ils lui avoient faite, de même qu'à son prédécesseur, de payer tous les ans deux marcs d'or de redevance au Saint-Siège, chaque marc valant cent masmatins.

XV. — Simon s'accorde avec V évêque d'Âgen. — Il soumet divers châteaux

dans le Termenois.

Montfort, après la prise du château de Montgrenier, se rendit^ à Carcassonne, d'où il alla à Agen; il y transigea 3, le 18 d'avril suivant, dans l'église de Saint-Capraise, avec Arnaud, évêque de cette ville, touchant la justice 8c la seigneurie de la ville 8c des faubourgs dont ils convinrent de jouir en pariage. L'évêque s'engagea de tenir sa moitié 8c la monnoie d'Agen en fief du comte, qui étoit de retour dans son palais de Carcassonne dès'* le 7 de mai

■ Pierre de Vavix-Cernay, c. 84. — Raynaldi, date, il vendit à l'abbé de La Grasse plusiei'rS

an. 1 21 7, n"' 49, 52. [Potthast, n. 5425.] — Mss, familles de serfs & une albergue annuelle de

de Balu^e, n. 565. — Gariel , Séries praesulum trente chevaliers, qu'il possédait dans le château

Magalonenùum, p. 817 & seq. de Cabrespine, en vertu de l'accord de 1 2 1 5. Voyea

° Pierre de Vaux-Cernay, c. 83. notre Catalogue, n. 142. — Peu après, étant en-

' Caseneure, Instructions pour le franc-alteu de core à Carcassonne, Simon confirma à l'abbaye de

ta province de Languedoc, p. 3i8 & suiv. — Gallia Boulbonne la possession du lieu d'Ampouilhac;

christiann) noT. éd. t. 2, Instrum. c. 431 & suiv. l'acte est de mai IÏ17, sans indication de jour.

'Archives de l'abbaye de La Grasse. [A cette Voir ièiJi n. 144.]

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de la môme année'. Simon se remit bientôt après en campagne Se s'empara de di%'ers^ châteaux aux environs de Termes, dans le diocèse de Narbonne, où les routiers s'étoient réfugiés : les uns furent emportés de vive force & les autres se rendirent volontairement. Durant cette expédition, Guillaume de Pierre-Pertuse lui promit de le servir fidèlement dans cette frontière 3, en présence Se sous la caution d'Aymeri, vicomte de Narbonne, dont il étoit homme lige. Simon, de son côté, pardonna à Guillaume tout le mal que ce seigneur lui avoit fait jusqu'alors & le prit sous sa protection avec tous ses vassaux. L'acte est daté du château de Montgaillard, en Termenois, le 22 de mai de l'an 1217.

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