‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 219 sur 342 · LI. — Àmaiin lève le siège de Castelnauiary · texte numérisé non relu

LI. — Àmaiin lève le siège de Castelnauiary

Amaurl de Montfort^, qui étoit toujours occupé au siège de Caslelnaudary, voyant qu'il se morfondoit devant cette place, que la vigoureuse défense des assiégés rendoit tous ses efforts inutiles 8c que ses troupes, fatiguées par Ja longueur extraordinaire de l'expédition, se décourageoient ou désertoient de jour en jour, prit enfin le parti de décamper vers le commencement de mars de l'an 1221, épuisé de travail 8<. de finances. Il y a lieu de croire qu'il alla joindre le légat Conrad qui étoit alors à Carcassonne : Amauri résidoit en effet dans cette ville au mois"* d'avril suivant.

■ Voyez tome VIII, Chartes, ut supra, — Ray- l'y réclamer. — On ne peut arrêter Ou violenter

naldi, ann. iiii, n. 42 & seq. un habitant d'Albi, du moment qu'il est prêt à

'Acetie année 1233 appartient une charte de ester en justice. — On ne peut prendre à Albi ni

privilèges accordée par l'évèque Guillem Pierre quête, ni tolte, ni alberguc, sans le consentement

aux habitants d'Albi. Il y avait eu débat entre des habitants. — L'évêque doit soumettre les con-

lei consuls & le prélat, touchant l'interprétation testations qu'il pourra avoir avec un habitant

de certains articles de la coutume de cetie ville. d'Albi au jugement des prud'hommes. — L'amende

On résolut de faire une enquête. L'acte en a été pour coups & blessures entraînant perte de sang

publié par Compnyré, Documents sur l'AUIgrois, est fixée à soixante sous Kaimondins. — Vicn-

pp. 147 i 149. Le premier article déclare que tous nent ensuite les articles pour l'homicide, l'adul-

les habitants d'Albi peuvent tester sans demander tère, &c. [A. IV!.]

l'autorisation du seigneur; ce dernier, c'est-à-dire ' Guillaume de Puylaurens, c. 11. — Roberi'.i!

l'évêque, n'hérite que dans le cas où un bourgeois Altissiodorensis, Continuatio,

neurt intestat, sans Ijisscr d'héritiers naturels. ' Pierre de Va ux-Cern.iy, éd. Camuzat, p. 32(5.

— Tout individu venant se réfigier i Alhi est — [Donation à Prouille du 17 avril 122OJ C;iia-

sous la protection de la communauté, d.ms les logue, n. tyi.j li.niies do consulji, & son seigneur ne peut venir

An 1220

An 1 1: 1

-; :.io HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXllî,

1A\. — Ordre de la milice de la Foi de Jésus-Christ,

Conrad y publia, le 5 de février de l'an 1220 (1-221), des' lettres pour déclarer « que toutes les terres ou rentes qu'Amauri de Montfort, ses barons (' S< ses chevaliers avoient données à l'ordre de la Foi de Jésus-Cbrist dans la (1 province de Narbonne, rcviendroient librement à ce comte Se aux autres « donateurs. » L'ordre de la Foi avoit été établi depuis peu dans ce pays^ par diverses personnes zélées pour la religion qui, dans le dessein d'extirper l'hérésie, obtinrent permission du pape Honoré III d'instituer un ordre militaire dont ceux qui l'embrasseroient prendroient les armes contre les hérétiques, à l'exemple des templiers qui combattoient les Sarrasins en Orient, 8c s'employeroient, tant à maintenir la toi qu'à la conservation des immunités ecclésiastiques. Le pape ayant donné pouvoir au-* cardinal Conrad de fonder cet ordre, pourvu que ceux qui y seroient admis suivissent quelque règle déjà approuvée, ce légat l'institua en 1220, è<. fière Pierre Savaric, qui se qualifioit humble 6- pauvre viaitre de la milice de l'ordre de la Foi de Jésus- Christ, en fut élu le chef. C'est ce qu'on voit par ses lettres'' données à Carcassonne, le 9 de février de cette année, suivant lesquelles lui & ses frères Cl promettent aide & secours à Amauri de Montfort 81 à ses héritiers pour la (■ défense de sa personne & de ses domaines, & s'engagent à chercher Se à <i détruire le? hérétic|ues, les rebelles à l'Eglise £<. tous les autres, soit chré- « tiens ou non, qui feroient la guerre à ce comte, avec promesse de le rece- « voir dans leurs clK"itcaux8< de ne pas accepter davantage la donation de ses « domaines ou de ses fiefs sans sa permission, excepté les aumônes raisonci nables que l'I'lgiisc peut accorder. »

On voit par là que l'ordre militaire de la Foi de Jésus-Christ fut institué t.'j'îi,''p!T-. principalement pour maintenir la maison de Montfort dans la possession des domaines qu'elle avoit envahis sur celles de Toulouse, de Foix, de Coniminges, de Béziers, Sic, 8<. comme Amauri fut bientôt après dépossédé de tous ces biens, l'ordre de la Foi tomba sans doute avec lui. Nous ne trouvotis plus en effet, depuis, dans le pays, aucun monument qui le regarde. Quelques-^ auteurs prétendent qu'on l'unit dans la suite à un autre qui fut institué, en'' 1229, par l'archevècjue d'Auch Se ses suffragans, sous le titre de l'ordre des frères de la milice de Saint-Jacques, établie en Gascogne pour la défense de la joi b de la paix. S; que le pape Grégoire IX confirma en i23i. Le pape marque dans sa bulle que les frères de cet ordre avoient. embrassé l'institut de ceux de la milice de Saint-Jacques, déjà approuvée par le Saint'

' Duchesnc, Scriptorcs, t. 5, p. S71. * Rcg'istrum curiac Franciac. — Héliot, lilstoin

' Rnynaldi, ann. ijîr, rt. 41. Jei ordres religieux, t. 8, p. 286 & suiv. — Corri-

' Voyej tome VIII, Chnrtes, 11. CXXlV, c. 740. ge~ le 5 fivricr, & voyej irmc VIII, ce. 7^"!, 744,

.— Ln première autorisation donnée par le pape où nous donnons ctite pièce d'après l'original.

est d.i 7 juin t22t, Potthast, n. 6675. Voir aussi [A. M]

une bulle du 16 juillet suivant, pour Is mir.ie ' Héliot, ut supra, p. 287 & suiv.

objet, ibii. n. O658. | \. M.J 6 Ca/îia Clir'utiani, nov. cd. t. \,lnslrum. p. I^î.

Siège. Cet ordre de Saint-Jacques subsista dans le pays jusqu'en 1261. Le grand-maître & ses religieux, qui étoient réduits à un petit nombre, firent alors profession 8<. s'incorporèrent dans l'abbaye de Feuillans, de l'ordre de Cîteaux, dans le Toulousain.

LUI. — Siège 0 prise de Montréal sur Amaiirl.

La levée du siège de Castelnaudary fut suivie' de la perte que fit Amauri de Montfort de plusieurs villes Se cbâteaux des environs, entre autres de celui de Montréal, dans le diocèse de Carcassonne, que le jeune Raimond 8< le comte de Foix assiégèrent sur Alain de Pv.ouci, chevalier françois, qui en étoit seigneur. Ils se rendirent bientôt maîtres de la ville parce qu'elle étoit sans défense ik que les bourgeois la leur livrèrent. Ils dressèrent ensuite leurs batteries contre le château où Alain de R.ouci s'étoit réfugié avec la garnison, après avoir envoyé son fils Alain à Carcassonne demander du secours à Amauri. Les deux comtes donnèrent l'assaut à ce château le second jour du siège, 8<. Alain de Rouci, le père, ayant été blessé dangereusement à la tête, Alain, son fils, qui étoit de retour de Carcassonne, demanda à capituler Si. députa Arnaud de Villemur, chevalier, pour régler les articles : la garnison obtint la vie 6<. les bagues sauves, 6t le jeune Alain sortit de la place le même jour; de sorte qu'Amauri de Montfort, qui s'étoit déjà avancé pour la secourir, fut obligé de s'en retourner à Carcassonne. Alain de Rouci, le père, l'alJa joindre avec ses troupes : il s'excusa sur ce qu'ayant été blessé il n'avoit pu défendre le château de Montréal, & mourut peu de temps après de sa blessure. Outre le château Se la ville de Montréal Simon de Montfort lui avoit donné en fief le château de Termes, dans le diocèse de Narbonnc, avec tout. le pays de Termenois, 8c il jouissait encore de ce dernier pays au mois de mai de l'an 11:0, comme il paroit par les différends qu'il avoit^ alors avec l'abbaye de La Grasse, au sujet des albergues Se de quelques autres droits q^ue ce monastère prétendoit sur divers villages du Termenois. Quant à Alain de Rouci, le fils, on le soupçonna d'avoir été d'intelligence avec le comte de Toulouse, qui lui donna un sauf-conduit, 5< il n'osa se présenter devant le comte Amauri.

LIV. — Amauri fait solliciter le prince Louis de venir à son secours.

Amauri, voyant qu'il faisoit tous les jours de nouvelles pertes, sollicita le prince Louis, fils du roi Philippe-Auguste, de venir à son secours. Honoré III pressa en même temps Louis de reprendre cette expédition 8c lui accorda pour cela la levée du vingtième sur tout le clergé du royaume. Ce

' Guillaume de Piiylaiirtns, c. 31. — Alb'ric, " Archives de l'abbaye de La Grasse. — Cata-

Chronicon, ann. 1221. — Voyez tome VIII, Char- logiie, n. 181, élection d'arbitres par les deux

tes, n. CCCXXX , & tome VII, ?/otc XXI, n. 3, parties, & n. 18.') (acte du 23 août 1220J, sentence

pp. 65, 66. définitive de ces arbitres. [A. M.J

An 1221

Aa 122 1

prince profita de cette grâce & partit à la tête d'tin grand corps de troupes; mais, au lieu de continuer la guerre contre le comte de Toulouse & ses alliés, il tourna ses armes contre le roi d'Angleterre, ce qui irrita extrêmement le' pape. Les grands vassaux contribuèrent aussi aux frais de l'armement du' prince Louis, sous prétexte de faire la guerre aux hérétiques, comme il paroît par des lettres^ du roi Philippe-Auguste, datées de Melun, au mois de mai de l'an 1121, dans lesquelles il déclare que Blanche, comtesse de Champagne, lui ayant accordé le vingtième de ses revenus pour le secours de la terre d'Albigeois, cela ne tireroit pas à conséquence.

LV. — Le jeune Raîmond récompense les hahitans d'Avignon. — // confirme la donation de la ville de Montauhan en faveur du comte de Foix.

Le vieux comte de Toulouse & ses alliés, n'a} ant rien à craindre de Louis, continuèrent sans obstacle la guerre contre Amauri de Montfort, tandis que le jeune Raimond, son fils, travailloit du côté du Rhône à affermir sa domination dans le pays. Ce jeune prince se rendit à Avignon 6c y ^ donna, le 25 de mars, aux consuls & aux hahitans de cette ville, en reconnoissance des services qu'ils lui avoient rendus &t au comte, son père, & des dépenses qu'ils Éd. origin. avoicnt faites pour les soutenir, tous les droits qu'il avoit sur les châteaux de Caumont, de Tor, &.C., avec divers privilèges. Il promit de faire ratifier cette concession par le comte, son père'*, qu'il alla joindre ensuite dans le haut Languedoc. Il confirma, en effet, au mois de juillet suivant, à Gaillac-^, en Albigeois, en faveur des consuls Se des hahitans de cette ville, les coutumes Se les privilèges que ses prédécesseurs leur avoient accordés, & il leur en donna de nouveaux.

LVL — Amauri porte la guerre dans l'Agenois. — La ville d'Agen se soumet

au Jeune Raimond.

Cependant Amauri de Montfort, voyant la défection presque générale dans tous les pays conquis par son père, fit de nouveaux efforts pour les conserver.

■ Manrique, Annales CiHerclcnses, ann, lizz, jcttis aux mêmes charges que les autres bourgeois

c. I, n. 7 & suiv. de Gaillac. — Si le comte ou d'autres seigneurs

' Brussel, Usage des fiefs, t. I, p. 417 & suiv. achètent ou acquièrent d'une manière quelconque

— [Voyez Delisle, Catalogue des actes de Philippe^ des honneurs dans la ville, ils contribueront pro-

Auguste, n. loSo, p. 466.] portionnellement à ses dépenses. Mêmes disposi-

' Tome VIII, Chartes, n. CXXXV, ce. 743 à 746. tions pour les acquisitions que feront à l'avenir

■• liid. ce. 747 & 748. les maisons religieuses &: personnes ecclésiastiques.

' Archives de l'abbaye de Gaillac Cette charte Exemption de péage pour tous les hctmmes de

a été publiée par Compayré, Documents inédits sur Gaillac dans les Etats du comte de Toulouse. Les

l'Aliigeois, pp. 374 & suiv. En voici l'analyse. octrois de la ville ne pèseront que sur les étrangers.

Confirmation de toutes les anciennes libertés : — Partage des droits de justice & des amendes entre

droit d'asile, liberté à tout venant, quelle que le plaignant & le seigneur. — Suppression de la

soit sa condition; s'il est tenancier, il doit aban- tolte, de la quête & de l'albergue. — Fixation des

donner sa tenure à son seigneur. — Les bailes, amendes pour vol de jour ou de nyit, pour l'ho-

tant du cpmte que des autres seigneurs, sont assu-. jitiiçide, &c. [A. M.]

L'archevêque de Bourges, les évêques de Cleimont &< de Limoges & divers autres prélats lui avoient amené quelque secours; il marcha avec eux S<. avec le cardinal Conrad, légat du Saint-Siège, vers l'Agenoisj il mit d'abord le siège devant le château de Clermont, situé sur la droite de la Garonne, £<. avant appris que les bourgeois d'Agen étoient disposés à rentrer dans l'obéissance du comte de Toulouse, leur ancien maître, il n'omit rien pour les en détourner. Il manda les consuls de cette ville, leur fit beaucoup de caresses 8{. leur donna des lettres authentiques datées devant Clermont sur la Garonne, le i*' d'août de l'an 1221 '. Dans ces lettres il fait un grand éloge des habitans d'Agen 6t de la fidélité qu'ils lui avoient gardée jusqu'alors; il expose ensuite que ses ennemis tentoient de l'ébranler en publiant qu'il alloit se •rendre dans cette ville pour se saisir de tous les biens des habitans &c leur demander des otages : il déclare qu'il les prend sous sa protection spéciale, les assure de son amitié & promet par serment qu'il les protégera toujours 8c qu'il ne leur causera aucun dommage tant qu'ils lui demeureront fidèles; qu'il ne tirera d'eux aucune vengeance pour le soupçon qu'il avoit conçu de leur félonie; qu'il ne leur demandera aucuns otages & qu'enfin il leur pardonne entièrement tout le passé, pourvu qu'ils lui fassent justice, conformément à leurs coutumes approuvées par ses prédécesseurs, 8(.c. Les consuls d'Agen, de leur côté, prêtèrent serment de fidélité à Amauri, en leur nom & en celui de leurs concitoyens, avec promesse d'obéir à ses héritiers quels qu'ils fussent; de n'accorder l'entrée de leur ville à aucun de ses ennemis, &c. « Ils permettront cette entrée libre, ajoute Amauri, à nos baillis 81 à nos « autres envoyés 61 même à tous ceux qui ne sont pas de cette langue (c'est- <i à-dire aux François) 6c qui nous seront attachés, mais surtout à nous- « mêmes, S<c. »

La crainte qu'avoit ce comte de perdre Agen n'étoit pas sans fondement. Cette ville se soumit en effet, peu de jours après, au jeune R.aimond qui, étant à Toulouse, le dimanche septième jour de l'issue du mois d'août de l'an 1221, c'est-à-dire le 22 de ce mois-, promit solennellement de protéger les habitans d'Agen, de les défendre en personne, en cas que le comte de Montfort ou tout autre les assiégeât, £c d'y entretenir à ses dépens sur les revenus du sel, pour les soutenir, une garnison de vingt chevaliers armés, de trente sergens 8c de dix arbalétriers à cheval 8c même un plus grand nombre de gens d'armes s'il étoit nécessaire. Il donna les consuls ou capitouls de Toulouse pour garans de ces promesses, confirma par une autre charte ^ les privilèges 8c coutumes d'Agen 8c fixa les droits qu'il levoit dans cette ville à cause du pariage avec l'évêque''. Nous ne savons pas si Amauri de Montfort se rendit maître du château de Clermont, en Agenois. Nous savons seulement

' Martène, Thésaurus anccdotorum, t. i, c. 884. * On peut voir au fome VIII, ce. 753 & siiiv,

[Catalogue, n. içS.) deux autres chartes données le même jour par le

' Voyez tome VIII, Chartes, n. CXXXV, ce. 748 jeune Raimond, & empruntées par nous à la pu-

& 749. [Corrige^ le 25.] blication de MM. Magen & Tholin. Par la pre-

' Registrç i'ix du Trésor des chartes. r;iière de ces chartes, le comte amnistie tous ceux

An lîii

An izii • '

qu'il étoit à Narbonne, le 7 de novembre suivant', Si qu'il y donna alors des lettres de sauvegarde pour l'abbaye de Fontfroide. Il y a lieu cependant de croire qu'il fut obligé de lever le siège de Clermont, à cause que nous voyons que la ville d'Agen se soumit bientôt après au jeune comte Raimond.

LVII. — Privilèges de Montaithan, — Le pape rend une sentence d'exhérédation contre le Jeune Raimond, — Assemblée des hérétiques à Pieussan.

Ce prince & le comte, son père, continuèrent leurs expéditions contre Amauri. Le dernier étant ^ à Montauban, à la mi-octobre de cette année, y statua qu'on ne payeroit que buit deniers pour chaque tonneau de vin qui descendoit le Tarn, depuis Montauban jusqu'à Moissac. Pv.oger-Bernard, iils du comte de Foix, à qui ce prince avoit donné la seigneurie de Montauban, y avoit fait un autre règlement^ quelques jours auparavant, touchant les donations faites aux gens de mainmorte; les sept du chapitre ou capitouls de Montauban l'approuvèrent.

Kd. oriRin. Le pape Honoré III, apprenant que le jeune Raimond faisoit tous les jours de nouveaux progrès sur Amauri de Montfort St qu'il ne tenoit aucun compte de la prière qu'il lui avoit faite de mettre bas les armes, prit enfin le parti extrême de porter contre lui le jugement suivant : « Notre'* cher fils « Bertrand, cardinal du titre de Saint-Jean 8i de Saint-Paul, alors légat du « Saint-Siège apostolique, faisant attention que Raimond, fils de Raimond, (i ci-devant comte de Toulouse, ne se contentoit pas d'imiter la méchanceté (1 de son père, mais ([u'il la surpassoit de beaucoup, lui a ôté par sentence .1 tous les droits cju'il pouvoit avoir sur les domaines qui avoient appartenu Il ou qui appartcnoient à son père dans l'étendue de sa légation; nous conn firmons cette sentence comme juste, ainsi qu'elle est plus amplement « énoncée dans les lettres qui en ont été expédiées. Donné au palais de « Latran, le 25 octobre, la sixième année de notre pontificat (ou l'an iiii). » Honoré eut recours de plus à l'autorité du roi Philippe-Auguste à qui il écrivit'' le i"" de février de l'année suivante pour l'exhorter à relever l'affaire de la foi dans les pays d'Albigeois, où elle étoit entièrement tombée.

Les hérétiques s'y étoient fortifiés en effet, S<. il est fait mention dans les registres de l'Inquisition de Toulouse, d'une assemblée générale tenue en 122:, à Pieussan, dans le P\.azès, composée d'une centaine des principaux 8c à

des tjabltants d'Agsn qui ont soutenu la cause ' Archives de l'abbaye de Fontfroide. [Corrigez

d'Amaurt de Montfort. En même temps il promet le 6 novembre & voyez notre Catalogue, n. 194]

de faire modérer l'intérêt des prêts iisuraires. Par ' Archives de l'hôtel de ville de Montauban.

le second acte, il confirme les principaux privi- ' Voyez tome VIII, Chartes, n. CXXXVI, ce. ^.ij

léges du consulat & des habitans d'Agen, donne & ■j'>\,

aux douze consuls le droit d'interpréter la cou- ' Raynaldi, a nn. 1211,

tume dans les cas douteux, proinet de ne prendre ' Duchesne, Scnptores, t. 5, p. 457. — [Pctthast,

ni otage, ni taxes illicites dans la ville, de ne n. 677';.] point incarcérer les bourgeois, de ne point augmenter les péages, &.C. (A. M.]

laquelle Guillabcrt de Castres, évêqiie des Toulousains, présida. Les hérétiques du Razès demandèrent qu'on leur donnât un cvêque particulier, parce qu'ils ne savoient pas s'ils dévoient obéir à celui du Toulousain ou à celui du Carcasses. On les satisfit, & Guillabert de Castres ordonna pour leur évoque Benoît de Termes qu'il prit parmi ceux du Carcasses. Il fit cette ordination par l'imposition des mains & la. consolation. Il ordonna aussi Raimond Agulerius ^oux fils majeur, & Pierre Bernardi pourjf/j mineur,

LVIII, — Consuls de Toulouse. — Moissac se soumet au jeune Raimond,

Vicomtes de Lomasne.

Les deux Raimond approuvèrent' conjointement, au mois de mars de l'an 1222, divers règlemens pour l'élection des consuls de Toulouse, qui dévoient être pris moitié de la ville Se moitié du faubourg. Le jeune Raimond fit ensuite un voyage en Gévaudan, 8<. donna^ à Chirac, le 14 du même mois, des lettres de sauvegarde pour l'hùpital d'Aubrac. Il se rendit de là en Querci, où il reprit Moissac sur la fin du mois. Après ' son entrée dans cette ville, il confirma les privilèges des habitans qui, de leur côté, lui prêtèrent serment de fidélité. Il reconnut que quand le seigneur de Moissac en prcnoit possession, dix de ses barons dévoie*?^ jurer avec lui d'observer ces lîriviléges. En conséquence il fit faire ce serment par Bertrand, son frère, Otton, vicomte de Lomagne, 8<. Hispan, son frère, Pilfort de Rabastens, Bernard de Durfort, S<c. Otton St Hispan de Lomagne étoient fils du vicomte Vivien qui avoit donné au premier'*, l'année précédente, la moitié de tous les domaines qu'il possédoit dans les diocèses de Toulouse, d'Agen & de Lectoure, 6< en particulier cette dernière ville dont il étoit coseigneur avec l'évêque, Auvilar 6c Jumat. Raimond le Jeune rendit alors' aux habitans de Moissac les droits 8<. les possessions dont ils jouissoient lorsque les croisés mirent le siège devant Carcassonne, avec promesse de leur faire justice, suivant que le jugeroient le chapitre (el capital) ou les capitouls Se les prud'hommes de Moissac, avec réserve des droits Se des actions qu'il avoit sur ceux qui avoient forfait contre lui jusqu'à ce jour.

LIX. — Sécularisation de la cathédrale de Mende. — Une partie des diocèses de Béyers €• Narbonne excommuniée.

Le cardinal Conrad, évêque de Porto 8c légat dans la Province, fit cependant un voyage en France, sans doute pour solliciter le roi Philippe-Auguste

■Voyez tome "Vin, Chartes, n. CXXXVIII, n. 48. — J. 322; Teulet, t. 1, p. 025; acte du

ce. 75'j & 737. 28 octobre 1221. Le 7 mai précédent, le jeune

"Archives de la domcrie d'Aubrac. — [Voyez comte Raimond avait pris l'engagement de garan-

tomc IV, p. 894.] tir cette donation qui n'était encore que projetée,

' Tome vin. Chartes, n. CXXXV, ce. 749, 700. [A. M.J

^ Tié;or des chartes du roi ; Toulouse, sac l'i, ' Hôtel Ai ville de Moiss:ic.

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