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pour être employées dans ce pays. g° Il demande que le pape agisse auprès de l'empereur pour que les peuples des terres de ce prince, voisines de VAlt.m°p^J3g ^'g^ois ', ne lui causent aucun préjudice dans cette affaire & ne lui apportent aucun empêchement, ou qu'il lui soit permis, du consentement de l'empereur, de les attaquer comme les autres, sauf le droit de ce prince. « Si on « m'assure l'exécution de ces articles, poursuit le roi, j'irai en personne en « Albigeois, 8t je travaillerai de bonne foi à cette affaire. La cour romaine « me laissera alors la liberté, 8c à mes chrétiens, d'établir notre demeure dans « le pays, d'y aller & d'en revenir comme nous voudrons. Enfin, ajoute le « roi, j'enverrai mes chers ô- féaux, l'archevêque de Bourges Si les évêques « de Langres & de Chartres, pour proposer ces demandes 81 les faire agréer, « en sorte que si elles ne sont pas acceptées actuellement, je ne serai tenu « d'aller en Albigeois que quand je le jugerai à propos^. »
Le roi écrit aux habitans de Narbonne.
Ces articles étoient si flatteurs pour l'autorité du pape que Louis VIII ne douta nullement qu'Honoré ne les acceptât de tout son cœur; ainsi il se disposa à cette expédition. Dans cette vue il prévint les habitans des villes qui s'étoient montrés les plus affectionnés à la croisade, 8<. il écrivit dans les termes suivans à ceux^ de Narbonne. « Notre ami 8<. féal Amauri, comte de « Montfort, nous a assuré de vive voix. Si nous l'avons appris de plusieurs (I autres, que vous vous êtes toujours comportés fidèlement dans l'affaire de « Jésus-Christ, de quoi nous vous avons de grandes obligations. Nous sommes B bien aise de vous apprendre que le pape nous a prié de nouveau d'ap- « porter tous nos soins, pour l'amour de Jésus-Christ 81 pour l'honneur de H l'Eglise, à combattre les hérétiques 81 les ennemis de la foi dans le pays « d'Albigeois. Nous sommes donc résolu, du commun conseil de nos barons, « d'aller en personne contre les hérétiques albigeois, 81, si Dieu le permet, « de nous mettre en marche trois semaines après Pâques pour attaquer vigou-
' Voyez tome VII, Note XIII, p. 3â.
' Les demandes faites par le roi Louis étaient, il faut le reconnaître, assez modérées. Au moment d'entreprendre une guerre difficile, de profit incertain, qui pouvait être longue, & faire courir au royaume les plus grands dangers, le roi avait besoin de garanties contre un nouveau revirement de la politique pontificale. Mais Honorius III ne paraît pas avoir été très-disposé à accepter ces conditions si nettement formulées. On peut attribuer en partie ce changement dans sa conduite aux sollicitations du roi d'Angleterre & de ses envoyés; mais il faut aussi y voir un acte de politique liardie, peut être trop habile. Nous ne voyons pas que le pape ait jamais pensé sérieusement, avant l'année 1225, à donner le comté de Toulouse au roi de France. Il voulait plutôt se
servir du nom redouté de celui-ci pour amener Raimond VII à composition. En effet, mieux valait pour la cour romaine ce dernier prince affaibli & à peu près à la discrétion du pape que Louis VIII, alors le second prince de l'Europe, belliqueux, riche, puissant & qui, bien certainement, aurait plus d'une fois traversé les desseins du souverain pontife. On s'explique donc pourquoi, en présence des propositions si précises du roi, le pape se retourna tout à coup vers Raimond VII, avec lequel du reste il était depuis déjà longtemps en rapports indirects. Seulement cette politique trop habile faillit faire tout manquer & retarda jusqu'à 1226 la campagne que Louis VIII aurait pu entreprendre dès 1224,
[A. M.] ' Voyez tome VIII, Chartes, n. CLIII, c. 790.
c( reusemeiit Se unir k notre domaine toute la terre d'Albigeois. C'est pourn i[uoi nous vous jDrions instamment de garder soigneusement la ville de « Narbonne 8< tous les environs, comme vous l'avez fait par le passé, 8<. de c< conserver ce pays au service de Dieu Se au nôtre, pour l'amour de nous. « Donné à Paris, au mois de février de l'an 12 23 (1224).
LXXXVII. — Le comte de Toulouse envoie des ambassadeurs au pape £" demande son absolution.
Raimond, comte de Toulouse, informé de ces négociations, fit tout son possible pour les rompre, en tâchant de se rendre le pape Honoré favorable 8< d'obtenir son absolution. Il fit agir entre autres', auprès du pontife, le roi d'Angleterre, son cousin germain, qui ordonna à l'évêque de Lichfield, son ambassadeur à Rome, de solliciter fortement Honoré en faveur de ce prince. C'est ce que nous apprenons d'une dépêche de ce prélat où il marque « qu'il ne sauroit rendre service à R.aimond, à moins que ce comte n'envoie « à Rome ses ambassadeurs, 8c il promet de s'informer des instructions qu'il « seroit à propos de leur donner. Cependant, ajoute-t-il, le sentiment de la « plus saine partie de la cour romaine est que le comte poursuive ses ennemis " avec force, Sec. » Raimond écrivit une lettre^ très- respectueuse au pape, Se promit de lui envoyer incessamment des ambassadeurs pour recevoir ses ordres Se se soumettre entièrement à ses volontés. Le pape exhorta en conséquence l'archevêque de Narbonne à travailler efficacement pour engager le comte à purger le pays d'hérétiques Se à restituer tous les biens qui avoient été enlevés aux églises, Se pourjnoyenner un accord entre ce prince Se Amauri de Montfort; de telle sorte qu'il pût écouter favorablement ces ambassadeurs, à la tête desquels étoit le vicomte^ de Cavaillon. Le pape les reçut assez gracieusement Se loua leur prudence Se leur sagacité dans une lettre qu'il écrivit à Raimond, le dernier de janvier de l'an 1224, Se dans laquelle il lui marque qu'ayant examiné tout ce qu'ils avoient voulu proposer de vive voix, il avoit résolu d'envoyer légat en France 6- en Provence, Romain, cardinaldiacre du titre de Saint-Ange, pour mettre ordre aux affaires du pays. Il l'exhorte à obéir fidèlement à ce légat, s'il vouloit mériter la grâce de Dieu Se la protection du Saint-Siège; il lui recommande à la fin ses propres ambassadeurs qu'il lui renvoie.
LXXXVIII. — Le pape écoute favorablement Raimond VII &- suspend la croisade contre lui 6* ses alliés.
Le pape chargea quelque temps après le cardinal Conrad, évêque de Porto, qu'il envoyolt"* légat auprès de l'empereur Frédéric, de passer à la cour du
' Rymer, AcU, t. i, p. 271. ' Voyez torac VIII, Chai-tcs, n. CXLVII, c. 775
■ Voyez tome VIII, Chartes, n, CXLVII, c, 776 & 776. & 776. •• Ihid. n. CLV, ce. 795 & 796.
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roi Louis VIII pour terminer entre autres avec ce prince la négociation de l'atïaire d'Albigeois. Conrad se disposoit à partir, lorsqu'il arriva à Rome des ambassadeurs de l'empereur pour presser le secours de la Terre-Sainte. Ces t^ui°'^'°3"o envoyés firent de si fortes instances que le pape S<. les cardinaux résolurent de suspendre toutes les autres aftaires, même celle d'Albigeois, pour s'occuper uniquement de celle-là; Honoré prit cette résolution vers la fin de mars. Il en fit part au roi, le 4 d'avril ' ,; il lui marqua qu'il avoit d'abord chargé l'archevêque de Bourges & les évêques de Langres S<. de Chartres de la réponse à ses demandes touchant l'affaire d'Albigeois, Se que les deux derniers étoient déjà partis de Rome lorsque les ambassadeurs de l'empereur étant arrivés pour le solliciter de s'employer au secours de la Terre-Sainte, il avoit cru devoir lui dépêcher incessamment le cardinal-évêque de Porto pour lui communiquer les lettres de ce prince & le prier instamment d'engager R.aimond, fils de feu Raimond, comte de Toulouse, à faire la paix avec Dieu & avec l'Église. « On sait certainement, ajoute le pape, qu'il redoute tellement votre « puissance que, s'il connoît que vous avez véritablement dessein de vous « armer contre lui, il n'osera vous attendre Si se soumettra absolument aux « ordres de l'Église, qu'il offre déjà d'exécuter; mais ce doit être à condition « qu'il chassera entièrement les hérétiques du pays; qu'on réparera tous les « dommages causés aux églises Si aux ecclésiastiques; qu'on maintiendra à « l'avenir la liberté ecclésiastique. Si qu'on aura égard, dans le traité de paix « qui sera conclu, à l'honneur de notre très-cher fils Amauri, comte de Tou- « louse, qui s'est exposé, de même que Simon, son père, d'illustre mémoire, « pour le service de Dieu Si du Saint-Siège; c'est pourquoi nous ne pouvons « lui manquer en aucune manière. En faisant ces choses vous procurerez le « salut de plusieurs, 81 cette discorde, qui peut être un grand obstacle au « succès des affaires de la Terre-Sainte, étant ôtée, vous pourvoirez utilement « au secours de ce pays. Vous ne sauriez acquérir une plus grande gloire « qu'en obligeant Raimond, par la seule terreur de vos armes Si sans effu- « sion de sang, à obéir au Saint-Siège, Sic. »
Honoré écrivit^ le lendemain, à peu près dans les mêmes termes, à Arnaud, archevêque de Narbonne ; il lui dit qu'il envoie le cardinal-évêque de Porto au roi de France pour engager ce prince à renouveler l'affaire de la paix 81 de la foi dans le pays de Provence, où elle étoit fort déchue; 8< qu'il écrivoit au roi pour le porter à moyenner la paix entre Raimond Se Amauri, dans le dessein de s'appliquer plus librement au secours de la Terre-Sainte; puis le pape prie ce prélat de s'entremettre de cette négociation 6< de s'associer, s'il le jugeoit à propos, quelques évêques de Provence, afin qu'avant commencé cette affaire avec toute la prudence possible, il eût la gloire de la terminer.
• Duchesne, Scriptores coaetanei, t. 5, p. Sâp. — Amauri de Montfort & à son oncle Gui de quoi
Potthast, n. 7212. Lettre du même jour aux évê- payer les dettes qu'ils avaient contractées pendant
ijues 8t archevêques de France pour les prier d'ap- leurs campagnes dans le Midi; lettre du 4 mai
puyer les demandes que le légat fera au roi, 1224, Potthast, n. 7234. [A. M.]
n. 7213. — Le légat dut, en outre, donner à ' Tome VIII, Chnrtes, n. CXLVII, ce. 776, 777.
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« Que si, poursuit-il, Raimond fait des offres qui puissent être acceptées par le Saint-Siège, rendez-vous auprès du cardinal Conrad pour lui en faire part, de même qu'au roi Louis, &. intormez-moi de tout.» Enfin le pape remercie l'archevêque de Narbonne des témoignages d'amitié qu'il avoit donnés à Amauri de Montfort, quand ce dernier avoit quitté le pays. 11 écrivit aussi aux archevêques Si évêques de Provence pour leur enjoindre, surtout à ceux qui en seroient requis par l'archevêque de Narbonne, de seconder ce prélat pour la réussite de cette négociation. Un ancien' historien assure que les présens de Raimond 8< du roi d'Angleterre firent un très-bon effet à Rome Si engagèrent les cardinaux 8\ le pape même à s'intéresser en faveur de ce comte Se à écrire au roi d'abandonner l'affaire d'Albigeois.