LXXXIX. — Raimond s'assure de la ville d'Agde
Sur ces entrefaites, Raimond, voyant que la trêve de deux mois qu'il avoit conclue avec Amauri de Montfort étoit expirée, se rendit à Agde, le dimanche des Rameaux 7 d'avril, y exigea le* serment de fidélité des habitans, y établit ses officiers, fit arborer son drapeau sur les murailles en criant : Toulouse, Toulouse, S< saisit tous les revenus que l'évêque avoit dans la ville. Il s'assura ensuite des châteaux de Marseillan & de Loupian qui appartenoient à ce prélat^.
XC. — Le roi abandonne le dessein de son expédition contre le comte
de Toulouse.
Le cardinal Conrad, évêque de Porto "*, étant arrivé à la cour de France, remit au roi les lettres dont le pape Honoré l'avoit chargé. Par ces lettres, Honoré, pour donner tous ses soins au secours de la Terre-Sainte, révoquoit pour un temps les indulgences que le concile de Latran avoit accordées à ceux qui se croisoient contre les hérétiques albigeois, & déclaroit que Rai-, mond, comte de Toulouse, étoit bon catholique. Conrad exhorta ensuite le ÉJ-oriRin. roi, contormement a ses institutions, a engager Kaimonu par la crainte de ses armes à se soumettre entièrement à l'Église 6t à faire toutes les choses dont on a parlé. Le roi fut vivement piqué de ce que le pape, au lieu de favoriser ses desseins 81 de lui accorder ses demandes touchant l'affaire d'Albigeois, avoit changé de sentiment à cause de la guerre d'outre-mer. Il fit appeler le cardinal Conrad dans une grande assemblée ou parlement général qu'il tenoit alors à Paris, S< lui remit sa^ réponse à la lettre du pape, le qua-
■ Histoire Je Philippe Mouikes, ms. de la Bi- * Un peu plus tard, étant à La Roque de Val-
bliothèque du roi, (" 160 v". — [Ed. de Reiffen- sergue, en Rouergue, ce prince reçut le serment
berg, t. I, pp. 446, 447.] de fidélité de Raimond d'Anduze pour tous ses do-
" Gallia Cliriitiana, nov. ed, t. 6, Imtr. c. 33â maines, tant du Rouergue que du pays de Nimes.
& seq. L'acte est de juillet 1224. Voir Teulet, t. 2, pp. 84
' Voyez tome VIII, Chartes, n. CLV, ce. 79a, & .'i.i. [A. M.]
796. — Ge'.ta LuJoyici FUI, an. 1224. '' Tome VIII, Chartes, n. CLV, ce. 795 & 796.
An 1224
082 HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXIll.
trième dimanche d'après Pâques 5 de mai. Le roi fait dans cet écrit l'apologie de sa conduite 8c dit : « Puisque le pape ne juge pas à propos de nous « accorder les demandes raisonnables que nous lui avons faites touchant l'af- « faire d'Albigeois, nous protestons publiquement devant tous les prélats 81 « les barons de France que nous n'en sommes plus chargé. Quant à la paix « à laquelle le pape veut que nous portions le comte Raimond , soit par « menaces, soit par exhortations, nous avons répondu au seigneur cardinal- « évêque de Porto qu'il n'étoit pas nécessaire d'examiner les articles de foi, « ni de traiter dans cet accord de ce qui la regarde. Mais nous consentons « que l'Église romaine, à laquelle l'examen des matières de foi appartient, « s'accorde avec Pvaimond, comme elle le jugera à propos, sauf notre droit Si « nos fiefs sans la moindre diminution, en sorte qu'on n'impose à Raimond « aucun fardeau nouveau ou inusité. Enfin nous avons déclaré à ce prélat « qu'il ne nous parlât plus à l'avenir de cette affaire, dont nous sommes K entièrement déchargé. «
XCI. — Première conférence ou concile de Montpellier pour la conclusion de la paix de Raimond ^ de ses alliés avec l'Eglise.
Les circonstances ne pouvoient être plus favorables pour Pvaimond ; aussi ce prince en profita-t-il pour poursuivre la conclusion de sa paix avec l'Eglise. Arnaud, archevêque de Narbonne, lui fit' proposer peu de temps après d'entrer en conférence. Raimond y donna volontiers les mains, & ils se rendirent à la Pentecôte à Montpellier avec plusieurs prélats que l'archevêque avoit appelés. Raimond se soumit^, en présence de toute l'assemblée, à l'exécution des articles suivans. Il promit : 1° De garder la foi catholique de la même manière que la sainte Eglise romaine la prêchoit 8<. l'enseignoit, & de la taire garder de même dans toute l'étendue de sa domination. 2° De purger entièrement ses États d'hérétiques, suivant le jugement de l'Église; de confisquer leurs biens 8<. de les punir sévèrement. 3° D'observer Se de faire observer exactement une paix pleine & entière dans toutes ses terres & d'en chasser les routiers. 4° De restituer aux églises 8<. aux ecclésiastiques tous leurs droits. 5° De maintenir & de faire maintenir dans la suite les églises 8<. les maisons religieuses dans leurs libertés & leurs privilèges. 6° Enfin de payer vingt mille marcs d'argent en différens termes; soit en réparation des dommages 8c des injures que les églises &c les ecclésiastiques avoient soufferts, soit pour être pourvu, par le respect qu'il portoit à l'Église romaine 8c au pape, à l'honneur du comte de Montfort : « Bien entendu, cependant, ajoute-t-il, « que le pape Honoré engagera ce comte à renoncer à toutes les demandes (( qu'il pourroit faire sur mes domaines 8c sur ceux de mes alliés, 8c qu'il lui « fera rendre tous les actes que Simon de Montfort 8c lui ont obtenus à ce
' Voyez tome VIII, Chartes, n. CXLVII, c, 777. ' Baluze, Concilia provinciae Narhor.cnsi;. p. 60
& suiv.
An 122,).
« sujet, tant de la part des papes que du roi de France, & de Raimond, « comte de Toulouse, mon père. « R.oger - Bernard , comte de Foix, & Trencavel , vicomte de Béziers & de Carcassonne, principaux alliés de Pvaimond, firent les mêmes promesses, &. les ayant rédigées par écrit, ils les scellèrent de leur sceau avec ce comte, 8c les remirent à l'archevêque de Narbonne.
XCII. — Raimond rend la ville 6 la vicomte d'Agde à l'évêque,
Raimond, pour témoigner le désir sincère qu'il avoit d'exécuter fidèlement tous ces articles, restitua' durant l'assemblée, le mardi de la Pentecôte 4 de juin, à Thédise, évêque d'Agde, cette ville avec les châteaux de Marseillan & de Loupian, dont il s'étoit saisi depuis peu. Il ordonna en même temps à Bérenger de Joaras, qu'il avoit établi pour son bailli à Agde, de remettre ce prélat en possession de ces domaines, conformément aux ordres de l'archevêque de Narbonne. Peu de jours après, Bérenger s'étant rendu à Agde par ordre du même archevêque, y déclara devant Thédise 8i devant tout le clergé Éd.oiiRjn. 8c le peuple, le dimanche 9 juin suivant, de la part 8i au nom de Rannond, que ce comte n'avoit aucun droit sur la ville d'Agde, renonça entièrement au serment de fidélité que les habitans lui avoient prêté 81 rendit à l'évêque de plein droit la ville 8c la vicomte d'Agde j puis il restitua à ce prélat le château de Marseillan Se, le jour suivant, il lui fit remettre celui de Loupian. Thédise, pour la conservation de ses droits, annula publiquement, quelques jours après, les actes de juridiction que le comte Raimond pouvoit avoir exercés à Agde ou dans la vicomte de cette ville, depuis qu'il s'en étoit emparé.
XCIII. — Seconde conférence ou concile de Montpellier pour la conclusion de la paix du comte de Toulouse & de ses alliés avec VEglise.
L'archevêque de Narbonne ayant reçu la soumission du comte Raimond à l'assemblée de Montpellier, en indiqua une autre dans la même ville pour le 21 d'août suivant, afin d'y consommer entièrement cette affaire. Il prit cet intervalle afin d'avoir le temps d'instruire le pape de ce qui s'étoit passé 8c d'en recevoir la réponse. En attendant, le comte Raimond alla faire un tour dans son comté de Rouergue Se reçut ^ à la Roque de Valsergue, au mois de juillet, l'hommage de Raimond d'Anduze pour la quatrième partie du château 6c de la ville d'Anduze Se pour le reste de ses domaines. Il paroît qu'il passa de là en Querci, car, suivant un acte daté du même mois de juillet^, Etienne de Montpezat lui donna, en présence de Sicard, vicomte de Lautrec, tout ce
' Galîia Christiana, nov. éd. t. 6, Itiitr. c. 336 paraît fautif. Il aura oublié de publier l'acte en
& suiv. question aux preuves de son tome III. [A. M.]
" Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXCV & sui- ^ Manuscrit de Colhert, n. 1067. — [Lat. 600;. ]
yants. Le renvoi donné par dom Vaissete nous
An
qu'il avoit à Montpezat & à Beaufort, avec réserve de l'usufruit pendant sa vie.
Enfin le pape répondit' à la lettre de l'archevêque de Narbonne en ces ternies : « Nous n'avons rien à vous mander sur la réponse que vous a faite <c le noble homme Raimond, fils de feu Raimond, comte de Toulouse, & « sur l'écrit qu'il vous a remis,' scellé de son sceau & du sceau de quelques « autres, dans lequel sont contenus les articles qu'il a promis d'exécuter. « Mais comme il a été réglé qu'on tiendroit une nouvelle conférence le « jour de l'octave de l'Assomption, après laquelle on doit nous envoyer « une ambassade solennelle, ainsi que vous nous l'avez fait savoir par vos « lettres, nous vous ordonnons de vous employer efficacement, afin de « l'engager à exécuter de telle sorte ce qu'il a promis 8< toutes les autres « choses, que l'ambassade qu'il doit nous envoyer puisse lui être utile. « Ayez soin surtout de nous mander ce qui se sera passé dans cette confé- « rence. »
Amauri de Montfort mit tout en œuvre pour la traverser &c en empêcher le succès, qu'il craignoit beaucoup. Dans cette vue, il écrivit^ aux archevêques d'Arles Se d'Auch 8t aux évêques qui dévoient s'y trouver. Il les exhorte à terminer heureusement l'affaire de Jésus-Christ qu'ils avoient commencée avec tant de gloire, mais à ne pas se presser. « Le roi, ajoute-t-il, est sur le « point d'entreprendre cette affaire & de la conduire à la fin; c'est pourquoi (i je vous conjure de ne faire aucun accord, ni paix qui puisse nous porter « préjudice avec Raimond, fils de feu Raimond, comte de Toulouse, 81 de « vous y opposer, puisqu'il en rejailliroit un grand scandale & une igno- « minie éternelle sur le clergé, sur le peuple & sur l'Eglise universelle. » Amauri se qualifie dans cette lettre par la grâce de Dieu duc de Narhonne, comte de Toulouse (y seigneur de Montfort ^ preuve qu'il conservoit encore alors ses prétentions sur les conquêtes des croisés dans la Province, & que la cession qu'il en avoit faite au roi Louis VIII n'étoit que conditionnelle; mais nonobstant tous ses soins, la nouvelle assemblée ou concile"* de Montpellier se tint au temps marqué par ordre du pape, & l'ouverture s'en fit le dimanche d'après l'octave de l'Assomption 25 d'août. Comme nous n'avons pas les actes de ce concile, nous ignorons le nom des évêques qui y assistèrent; nous savons en général qu'Arnaud, archevêque de Narbonne, y appela les évêques, les abbés 81 les autres prélats de toute la Provence ^ qu'ils s'y trouvèrent presque tous; que les archevêques d'Arles & d'Auch, les évêques d'Agen, Nimes, Réziers, R.odez, Agde 81 Carpentras, les abbés de Grandselve, Moissac, Belleperche, Caunes, Saint-Sernin de Toulouse, &C., furent du nombre; que
' Voyez tome VIII, Chartes, n. CXLVII, ce. 777 ' Daluze, Concil'ia prov'mc'iae Karloncnùs, p. 63
& 778. — Le lendemain le pape assure de non- & suiv.
veau l'évêque de Maguelonne que tous ses intérêts ' Albéric, Chronicon, an. 1224. — Gesta Ludo-
seront sauvegardés dans l'accord qui va être conclu vici f'ill, an. 1224. avec Raimond VIIj lettre du 12 juillet, Potthast, n. 7286. [A. M.]
An 1 224
Raimond VII, comte de Toulouse, Roger-Bernard, comte de Foix, &. Tren-
cavel, vicomte de Béziers, s'y trouvèrent aussi avec plusieurs barons, leurs
vassaux ou confédérés; & qu'enfin l'archevêque de >s^arbonne, qui présidoit
au concile, y reçut leur serment qui nous a été conservé en entier, 6t qui est t.'i'ii °p'S"3
conçu de la manière suivante :
« Au nom' de Notre Seigneur Jésus-Christ, l'an de son incarnation 1224,
« le 25 d'août, Nous Raimond, par la grâce de Dieu duc de Narbonne,
« comte de Toulouse, marquis de Provence, désirant ardemment de faire la
« paix avec la sainte Eglise romaine, à l'honneur de Dieu, de la même Église
« S<. de notre très-saint père en Jésus-Christ Honoré, souverain pontife :
c( nous vous offrons d'un cœur pieux & avec une véritable dévotion, tant
« pour nous que pour nos vassaux & nos alliés, seigneur Arnaud, archevêque
« de Narbonne, & par vous à la sainte Eglise romaine & au pape, tout ce
<c que nous avons offert & promis à la sainte Eglise romaine dans l'autre con-
« férence, savoir : que nous garderons la foi catholique^, &c. Cependant,
« personne ne s'étant présenté ni dans cette conférence, ni dans l'autre pour
« le comte de Montfort, avec lequel nous n'avons pu traiter, ainsi que notre
« saint père le pape Honoré l'avoit ordonné, nous ne pouvons rien répondre
« présentement là-dessus; mais comme nous allons envoyer une ambassade
« solennelle au pape, on pourra traiter pleinement avec nos ambassadeurs,
« tant sur cet article que sur tous les autres qui regardent notre réconcilia-
« tion, 8t conduire le tout, avec la grâce de Dieu, à une heureuse fin; accor-
(i dant & promettant de ratifier à jamais & d'observer fidèlement tout ce qui
« sera fait 8t ordonné par la volonté du pape avec nos ambassadeurs, au sujet
« de notre affaire. Et quoique nous croyons avoir fait restitution, pour la
« plus grande partie, aux églises & aux ecclésiastiques, ainsi que nous l'avions
« promis dans l'autre conférence, nous promettons néanmoins, maintenant,
« de leur restituer entièrement tout ce qui peut rester, suivant le jugement
« du pape ou de l'archevêque de Narbonne, ou enfin de chaque évêque dans
« son diocèse. Quant à nos sujets de Toulouse, qui ont été chassés -^ {J'aiditi)^
« nous les rappellerons Si les rétablirons dans leurs biens de la manière que
u le pape le jugera à propos. Enfin si tout ce que nous avons offert au pape
Il ne suffit pas, comme c'est régner que de servir la sainte Eglise, nous exé-
« cuterons humblement & fidèlement tout ce qu'il voudra nous ordonner,
M sauf la domination de notre très-sérénissime seigneur roi de France, & du
« seigneur empereur; & nous donnerons des cautions suffisantes, au jugement
« du pape, pour le partait accomplissement de toutes ces choses. Et nous,
« R.oger-Bernard, par la grâce de Dieu comte de Foix, & Trencavel, par la
« même grâce vicomte de Béziers, nous promettons de les exécuter de la
« même manière dans nos domaines 8i de les garder à perpétuité, comme
« notre seigneur le comte de Toulouse a promis de les observer à jamais, tant
' Bahize, ConciUa provinciae Narhonensis, p. 63 ' Voir ci-dessus, ch. xci, p. 582.
& suiy. [Cf. tome VIII, c. 804 & suiv.J ' Baliize, Concilii provinciae Narionensis, p. 33.
An 1224
« pour lui que pour nous &t pour ses autres confédérés. Donné à Montpel- « lier, le jour & l'an marqués. »
XCIV. — Raimondf comte de Toulouse, rend, les domaines usurpés
sur diverses églises.
C'est tout ce que nous savons de ce concile de Montpellier, excepté qu'un ancien historien' rapporte qu'on y ordonna la levée de mille marcs d'argent, sans dire pour quel sujet. Le comte Raimond, pour donner de plus grandes preuves du désir qu'il avoit d'obéir exactement aux ordres du pape, restitua alors à diverses églises les domaines qu'elles prétendoient qu'il avoit usurpés sur elles.
1° Il s'accorda à Montpellier^, le 28 d'août de cette année, avec Arnaud, évêque d'Agen, touchant la justice de la ville & des faubourgs d'Agen, qu'ils partagèrent entre eux. L'évêque s'engagea de tenir en fief du comte, sa moitié avec la monnoie d'Agen, &. de donner à chaque mutation un autour de redevance ou d'acapte, à la place de l'albergue que le comte lui remit.
2° Le lendemain 3 ce prince, étant dans la maison des templiers de Montpellier, restitua en présence d'Arnaud, archevêque de Narbonne, médiateur, à Arnaud, évêque de Nimes, le village de Millau, dans le diocèse de cette ville.
3° Il transigea, deux jours après, avec Thédise, évêque d'Agde (qui dans l'acte le qualifie comte de Toulouse'), au sujet de la vicomte d'Agde que Raimond céda entièrement à ce prélat, lequel lui en fit hommage. Thédise convint que, supposé qu'on exigeât le commun de paix dans le diocèse, la moitié en appartiendroit au comte, lequel restitua à l'évêque la chancellerie que les évêques d'Agde tenoient depuis longtemps des comtes de Toulouse.
4° Enfin Raimond étant encore à Montpellier '^, le 28 du même mois, restitua à l'évêque de Carpentras les châteaux de Baux & de Malamort, Sic, Kd. origin. 5m- lescfucls il se réserva le droit de chevauchée, l'alberpue & divers autres
droits.
XCV. — Raimond envoie des ambassadeurs au pape, de concert avec l'archevêque de l^arbonne ^ le concile de Montpellier, pour terminer sa réconciliation.
Après la conclusion du concile de Montpellier 5, l'archevêque de Narbonne Si le comte de Toulouse envoyèrent de concert une ambassade solennelle à
• Albéric, Chron'uon. * Voyez tome VIII, Chartes, n. CL^"^, c. 8ct
' GaUia Christiana, nov. eà. t. 2, Iiistr, c. j^?jz & siiiv. gt 5uiv. ■* Albjric, Chronïccn,
î Turac Vin, Chartes, il. CLVil, c. Soi & suiv.
Rome pour porter au pape les actes du concile 5 lui rendre compte de ce qui s'étoit passé & faire au pontife les soumissions de Raimond &i de ses confédérés. Hugues Béroard, archevêque d'Arles, fut choisi pour chef de cette ambassade, & on lui associa quelques évêques avec les abbés de Saint-Sernin de Toulouse & de Cannes. Un ancien monument" du temps nous apprend que parmi ces ambassadeurs il y avoit des évêques, des chevaliers 6- des clercs. L'archevêque d'Arles n'étoit pas encore parti, le 21 du mois suivant, car lui 6<. ses chanoines s'accordèrent^ alors, au sujet du château de Mornas & de la terre d'Argence, avec le comte de Toulouse, qui déclara tenir le château de Beaucaire de l'archevêque 61 de l'église d'Arles.
XCVI. — Mariage de Bertrand, frère naturel du comte de Toulouse.
Le comte Raimond, en attendant le succès de l'ambassade qu'il avoit envoyée à Rome, se retira dans sa capitale; il se rendit, à la fin du mois de décembre suivant, au château de Salvagnac, en Albigeois, sur les frontières du Querci, pour y conclure le mariage de Bertrand, son trère naturel, avec Comtoresse, fille de Mainfroi de Rabastens, qui fit^ d'abord un échange avec lui 8<. lui céda sa part du château de Puycelsi contre ceux de Cestairols &. de Couffoulens, en Albigeois, que Mainfroi reçut en fief. Raimond déclara en même temps, qu'à cause de cet échange il donnoit Bertrand, son Irère, pour mari à Comtoresse, fille de Mainfroi, avec les châteaux de Bruniquel & de Monclar, en Querci, 8c celui de Salvagnac, en Albigeois. Par un autre acte passé le"* même jour, Pvaimond fit donation entre-vifs de ces trois châteaux à Bertrand, son frère. Ces deux actes furent passés en présence de Sicard, vicomte de Lautrec, Pons d'Olargues, Pilfort de Rabastens & plusieurs autres seigneurs. Le comte Raimond acquit ^ alors le reste du domaine de Puycelsi.
XCVIL — Le comte de Foix gardien du vicomte Trencavel.
Roger-Bernard, comte de Foix, 8c le vicomte Trencavel se retirèrent de leur coté dans leurs domaines après le concile de Montpellier; le premier se qualifioit alors gardien du vicomte Trencavel iy de ses terres^^ ou bien Roger-Bernard, par la grâce de Dieu comte de Foix, ayant en garde le soin &• la pleine administration de toutes les vicomtes de Béliers, de Carcassonne , de Ra-^ès &• d'Alhi pour le seigneur vicomte Trencavel, mon cousin. En cette qualité il engagea le château 81 le pays de Balaguer pour
' Rymer, t. I, p. 274. ' Manuscrits de Colbert, n. 10S7. — Lat. 6009.
' Recherches sur la ville Je licaucairef p. 6. Acte du mois de décembre 1224, dont l'original
' Voyez tome VIII, Chartes, n. CLIX, ce. 811 est au Trésor des chartes, J. 340, n. 10. Voyez
à 8i5. Tculet, t. 2, p. 43. [A. M.]
■• Catel, Histoire des comtes de Tolose, p 225 Se « Voyez tome VIII, Chartes, n. CLVIII, ce. 808
An I
An 1124
douze mille sois melgoriens & donna en fief le château d'Olonsac, dans le Mineivois.
Tout paroissoit enfin disposé à la parfaite réconciliation de Raimond VIF, comte de Toulouse, & de ses alliés à l'Eglise, & à l'entier rétablissement de la paix dans la Province, accablée sous le poids d'une si longue guerre; mais ni ce prince, ni le pays n'eurent le bonheur de jouir si tôt d'un calme si désiré; les menées secrètes de la maison de Montfort 8c plusieurs autres circonstances y mirent obstacle & reculèrent la conclusion de la paix pour quelques années.
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