‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 255 sur 342 · LXXXVI. — Coutumes des nobles (y des hahltans de Norhonne · texte numérisé non relu

LXXXVI. — Coutumes des nobles (y des hahltans de Norhonne

iy du Narbonnois.

.Aymeri fit rédiger* Se confirma, au mois d'octobre suivant, à la demande des chevaliers de Narbonne &(. du Narbonnois, les anciennes coutumes dont ils avoient joui jusqu'alors. Ce vicomte, Pierre, ichevêque de Narbonne, Se Guillaume de Peironet, abbé de Saint-PauP, confirmèrent ensuite celles des autres habitans de Narbonne; mais les deux derniers refusèrent d'approuver l'article où il est porté que les fils qui seront destinés par le testament de leur père à être clercs ou moines, ne pourront demander que ce qui leur sera légué par ce testament"*. Guillaume de Peironet, abbé de Saint-Paul"', avoit succédé en iiSi, à Pvobaut, qui, la même année, fut élu évêque de Pavie, en Italie.

LXXXVIF. — L'Inquisition confiée aux frères prêcheurs, qui l'érigent

en tribunal ordinaire.

Le pape Grégoire IX, informé que plusieurs hérétiques de la Province, après avoir abjuré leurs erreurs, les avoient reprises, écrivit^ au roi S< le pria d'avertir Raimond, comte de Toulouse, de n'avoir aucun commerce avec eux 81, sous prétexte que les évêques'^ étoient détournés par diverses occupations il commit, au mois d'avril de l'an i233, aux frères prêcheurs, l'exercice de l'inquisition contre les hérétiques dans le Toulousain & le reste du royaume 6c spécialement dans les provinces de Bourges, Bordeaux, Narbonne, .Auch Vienne, Arles, Aix & Embrun, avec pouvoir tle procéder par sentence contre les accusés*. Il recommanda les frères prêcheurs à tous les prélats du royaume aux comtes de Toulouse S<. de Foix, & à tous les autres comtes, vicomtes barons Si sénéchaux de France, 6t à tous les barons d'Aquitaine, les priant

An 12^3

' Tome \'III, Charte», n. CCVII, ce. pSâ, çây.

•/AiJ. n. CCVIII, ce. 960 à 963.

' Ces coutumes sont publiées avec une traduction ancienne en langue vulgaire, & d'oprès les divers thalamus des archives de Narbonne, dans l'Inventaire Je Narionne , série A A, Annexe, pp. 11 à 3o. Elles furent rédige'es le 24 février 12Î1, & confirmées le 19 décembre de la même année 81 le 23 février |233. Nous ne pouvons analyser ici ce document, qui est extrémemeiu important, 8t dont chaque article porte une cour;e note, indiquant s'il se trouvait dans les aniie:ines

coutumes ou bien s'il est nouvellement ajouté. La plupart des articles sont d'ailleurs relatifs au droit civil, & on les retrouve presque tous dans les coutumes des villes voisines : Montpellier, Carcassonne, Nîmes & Béziers. [A. M.]

^ Archives de l'hôtel de ville de Narbonne.

^ Baluze, portefeuille, liasse Languedoc, n. 14.

* Raynaldi, année I233, n. âp. — Guillaume de Puylaurens, c. 43.

' Percm, Hiitoia inijuiùt'ioim Tolosanae, p. 2, c, 4, n. I su IV.

' [Cf. Potthast, n'" 91 53 & 91 jj.]

An 1233

de favoriser ces religieux dans l'exécution de leur commission. En conséj']'Jj°'''K^"-j quence, l'évêque de Tournai, légat du Saint-Siège, établit à Toulouse deux religieux de l'ordre de Saint-Dominique, savoir : frère Pierre Cellani 81 frère \ Guillaume Arnaldi, qui furent les premiers inquisiteurs de leur oidre dans cette ville. 11 en établit de même dans chacune des principales villes où ils avoient des couvens, comme à Montpellier, Carcassonne, Cahors, Albi, 8cc. Depuis ce temps-là, ces religieux érigèrent en France, mais surtout à Toulouse 8c à Carcassonne, un tribunal qui a duré pendant plusieurs siècles, & auquel ils firent citer, non-seulement tous ceux qui leur furent dénoncés comme hérétiques ou suspects d'hérésie ou qu'ils citèrent eux-mêmes, mais encore tous ceux qui étoient accusés de sortilège, de magie, de maléfice, de judaïsme, 8tc. Ils suivirent' une procédure qui leur étoit propre dans les divers jugemens qu'ils rendirent, &c ou ils livrèrent les accusés au bras séculier pour être brûlés vifs ou ils les condamnèrent à être renfermés pour toujours dans des prisons particulières, ou enfin ils se contentèrent de leur imposer des pénitences laborieuses, suivant qu'ils étoient plus ou moins coupables. L'usage de renfermer dans une prison perpétuelle ceux qui étoieni convaincus d'hérésie ou les relaps, fut alors établi dans le pays, comme on voit par une lettre' que Grégoire IX écrivit, le 25 d'avril de cette année, aux évêques de la province de Narbonne. Entre les hérétiques qui furent pris à Toulouse, on se ^ saisit de leur principal chef nommé Vîgorosus de Baconîa, qui fut brûlé vif.

LXXXVIII. — Les papes Grégoire IX £• Innocent IV confirment l'établissement de l'université de Toulouse,

Le pape, par une autre lettre qu'il adressa '^ le dernier d'avril au comte Raimond, confirma l'établissement de l'université de Toulouse, & lui accorda les privilèges dont jouissoit celle de Paris. Il y ordonne aux habitans de Toulouse de fournir des maisons pour la demeure des écoliers, 8c veut que le prix en soit réglé par quatre commissaires, deux clercs 8c deux laïques. Il exempte les professeurs, les écoliers 8c leurs domestiques de la juridiction des juges séculiers; les met sous la protection du comte Se de ses officiers, 8c ordonne à ce prince de payer aux professeurs l'honoraire auquel il s'étoit engagé par le traité de Paris. Il écrivit une lettre^ semblable à l'université des maîtres 6- des écoliers de Toulouse, 8c leur accorda de plus le privilège de régenter partout 8c de jouir du revenu de leurs bénéfices après avoir subi

■ Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXVI, c. 984 crits existent à la bibliothèque municipale de & suiv. — Le insmolre que dom Vaissete a publié ' Toulouse. [A. M.]

est bien moins ancien qu'il ne le suppose; il ne ' Tome VIII, Chartes, n. CCIX, ce. 969, 970.

peut être antérieur à 1297, puisqu'il cite Saint- ' Albéric, Chronicon.

Louis en France parmi les pèlerinages imposés ' D'Achéry, Spicilegium, t. î, p i8o&seq. —

aux hérétiques. Le traité le plus complet sur la Concilia, t. 1 1 , c. 364 & seq. [Potthast, n. 9176.]

matière & le plus ancien reste encore la Practica ^ Du Boulay, Hitt. uniYersitatis Parisicnsis, t. 3,

de Bernard Gui, dont les deux meilleurs manus- p. 149 & seq.

l'examen dans la même université. Il commit l'exécution ' de ces bulles à l'archevêque de Narbonne Se aux évêques de Toulouse Se de Carcassonne. Innocent IV confirma ces privilèges par une bulle ^ datée de Lyon, au mois de septembre de l'an 1245.

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