‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 270 sur 342 · XXXI. — Vicomtes de Narbonne · texte numérisé non relu

XXXI. — Vicomtes de Narbonne

Amalric succéda d un autre côté à Aymeri IV, vicomte de Narbonne, son père, qui mourut'* le i*"^ de février de l'an iiSg. Aymeri, quelque temps t^in,°p'-i''is. avant sa mort, changea la disposition qu'il avoit faite touchant sa sépulture, après son avènement à la vicomte de Narbonne, & ordonna qu'en quelque lieu qu'il décédât, on portât son corps dans l'église des hospitaliers de Saint- Jean de Narbonne, où il se donna pour frère, en cas qu'il vînt à se faire religieux. Si où il fut inhumé. Ge vicomte, durant la guerre des albigeois, soutint en plusieurs occasions les intérêts des comtes de Toulouse, ses suzerains j mais il ne favorisa jamais l'erreur, 6<, le pape Grégoire IX, par deux brefs^ des années 1233 81 i236, qu'il lui adressa, de même qu'au peuple de la cité Si du bourg de Narbonne, les loue extrêmement de leur attachement à la foi catholique & de la haine qu'ils avoient toujours 'portée aux hérétiques albigeois. Aymeri IV fut d'ailleurs libéral envers les églises de ses domaines; de quoi il reste divers témoignages. Il écrivit^, en i233, avec les consuls de Narbonne, à l'abbé de Gîteaux pour le prier de confirmer un statut de l'abbaye de Fontfroide, par lequel les religieux de ce monastère s'étoient engagés de préparer Si de faire eux-mêmes toutes les hosties qui

' Archives du domaine de Carcasse une. son testament le 17 décembre 1241 , Cf. de Tour-

' Bibliothèque du roi; Mss. de Gaignières. toulon, t. 2, pp. 78-9. [A. M.]

' La mort de Nugnez Sanche eut lieu en réalité * Catel, Mémoires de l'histoire du Languedoc,

le 19 janvier 1242 (n. st.). Ni dom Vaissete, ni p. 608.

ceux qui l'ont suivi n'ont fait la réduction de ' Archives de la maison de ville de Narbonne.

l'ancien au nouveau style. Ce prince avait fait ^ Voyez tome VIII, Chartes, n, CCVII, c. 957.

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XXV, yiS

seroient employées pour le saint sacrifice de la messe dans tout le diocèse, en conséquence d'une fondation qu'un citoyen de Narbonne avoit faite, dans la vue de ménager la foiblesse de ceux qui disoient que le pain pétri par les mains impures des femmes, & même des clercs, ne pouvoit se changer au corps de Jésus-Christ. Entre les autres actes les plus remarquables de ce vicomte, nous trouvons qu'il donna, en 12 17, avec' Marguerite de Montmorency, sa femme, aux juifs de Narbonne, les habitations & les ouvroirs qu'ils occupoient dans cette ville, & qu'on appeloit la Juiverie, avec leurs écoles, moyennant mille sols melgoriens d'acapte & dix sols narbonnois de redevance annuelle. Il reçut, en 1228, en présence d'Hugues de Pérignan & de Pvaimond, ses écuyers, l'hommage de Bernard de Saint-Etienne, pour la villication ou viguerie de la domination de la vicomte du hourg de Narbonne qu'il tenoit en fief honoré, dont il avoit hérité de Guillaume-Raimond du Bourg, son oncle, 8t dont ce dernier avoit hérité lui-même de Bérenger, son père, & de Guillaume-Raimond du Bourg, son aïeul.

Aymeri laissa deux fils 8c une fille de Marguerite de Montmorency, qui éloit déjà morte au commencement de l'an I232, & qui fut inhumée dans l'abbaye de Fontfroide*; il l'avoit épousée en secondes noces après la mort de Guillelmette de Montcade, sa première femme, dont il n'eut pas d'enfans. Les deux fils furent Amalric ou Manriquez, & non pas Aymeri, comme il plaît à un généalogiste^ moderne de l'appeler, 8c Aymeri, Amalric succéda à son père dans la vicomte de Narbonne 8c fit dresser, quelque temps après son avènement à cette vicomte, un mémoire'* des droits qui lui appartenoient dans Narbonne. Quant à Aymeri, fils d'Aymeri IV, il paroît-J qu'il étoit l'aîné d'Amalric. Il embrassa la cléricature 8c fut seigneur de Verneuil &c chanoine de Chartres, On croit ^ qu'il est le même qu'Aymeri de Narbonne, chanoine de Saint-Paul de cette ville, qui mourut en 1256. Il éloit du moins déjà décédé^ en i263. Les trois filles d'Aymeri. IV furent Marguerite, Ermengarde 81 Alix j la dernière fut religieuse à Port-Royal, dans le diocèse de Paris. On prétend ^ que Marguerite épousa Géraud-Adhémar, seigneur de Rochemaure, 8c qu'elle décéda en 1272; mais si ce mariage se fit en effet, Marguerite n'épousa Géraud qu'en secondes noces, car elle étoit déjà mariée'-^, en 1233, avec Guillaume de Montcade, qui reçut quinze mille sols melgoriens pour sa dot. On a dit ailleurs qu'Ermengarde épousa, en i232, Roger- Bernard, comte de Fois.

' Archives de la ville de N.irbonn*. — Catel, acte donné par leur père, est nommé avant sort

Mémoires de l'hhtoire du Languedoc, p, (Jc8. frère.]

' Archives de l'abbaye de Fontfroide. •• Le P. Anselme, ut supra.

' he P. \nsclme. Histoire généalogique des grands ' Cartulaire de Port-Royal.

officiers, t. 3, p. 761 & suiv. ' Le P. Anselme, Histoire généalogique des grands

* Voyez tome VIII, Chartes, n.CCCXXV.c. 1464 officiers, t. 3, p. 762 & suiv.

& suiv. J Voyez tome VIII, Chartes, n. CCVII, ce. pSS

'' Ibid. n. CCVII, c. 936. [Aymeri, dajis cet à 9J7,

~; — : — 716 msTOiRE générale de Languedoc, liv. xxv.

XXXII. — Le comte Raîmond reprend la guerre contre le comte de Provence.

11 paroît que Raiinond, comte de Toulouse, renouvela la guerre en 1:09, contre Raimond-Bérenger, comte de Provence. Leur dissension duroit au moins encore au mois de novembre de cette année, car ce dernier prince étant alors à Aix, promit' à Jacques, évêque de Palestrine Se légat du Saint- Siège, de marcher à ses propres dépens en Italie ou dans la Loinbardie, au secours du pape Se de l'Eglise romaine, & de les servir avec quarante chevaliers Se dix arbalétriers, lorsque ses différends seroient terminés avec le comte de Toulouse, au sujet des terres que celui-ci possédait, entre lesquelles étaient la ville de Marseille b le comté Venaissin; mais ces différends ne finirent pas si tôt, à cause des nouvelles liaisons que Pvaimond prit avec l'empereur Frédéric, qui étoit irrité contre Raimond-Bérenger, de ce que lui ayant r:d ongiii. ordonné d'attaquer le comte de Savoie, allié du comte de Flandres, dont il étoit mécontent, il avoit refuse non-seulement a obéir, mais avoit tait soustraire la ville d'Arles à son autorité. Frédéric, pour se venger, mit le comte Raimond-Bérenger au ban de l'Empire Se disposa d'une partie de ses États, entre autres du comté de Forcalquier, en faveur de Raimond, comte de Toulouse, Se de ses héritiers, par un diplôme^ daté de Crémone, au mois de décembre de l'an I23g. Il ordonna^ en même temps à Raimond de se mettre en armes Se d'attaquer Pvaimond-Bérenger. Le comte de Toulouse se disposa'* donc à marcher du côté du Rhône, Se partit après le commencement de janvier de l'an 1240, car il déclara alors à Toulouse qu'il quittoit P\.oger-Bernard, comte de Foix, des engagemens qu'il avoit contractés en sa faveur envers l'abbé de Saint-Antoniu de Ramiers.

XXXIII. — Roger-Bernard, comte de Foix, reconnu pour bon catholique.

Roger-Bernard termina' peu de temps après les différends qu'il avoit avec l'évêque d'Urgel, au sujet de l'excommunication que ce prélat avoit lancée contre lui pour avoir retusé de répondre devant les inquisiteurs de la foi. Ce comte se présenta enfin devant eux, le 12 de mars de l'an 1240, dans le temps de grâce, Se avoua que, n'étant encore âgé que de dix ans. Se depuis, il avoit eu quelque commerce avec les hérétiques, entre autres avec Esclarmonde, sa. tante, Se avec sa mère; mais il protesta qu'il ne s'étoit jamais écarté de la foi de l'Église romaine, Se qu'il avoit toujours cru qu'on ne pouvoit se sauver hors de l'Eglise catholique. Sur cette déclaration, Pons, évêque d'Urgel, révoqua, le 4 de juin suivant, la sentence qu'il avoit prononcée contre lui

'Voyez tome Vlil, Chartes, n. CCXXV'III, diorographie ou description Je la Provence, t. 2,

ce. lo33, 1034. p. 24.").

' Trésor des chartes, Montpellier, sac 2, n. 21. ' Matthieu Paris.

[J. 340, ancienne copie, & J. 610, n. 4, original ■* Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXXX, c. loSy.

scellé; Teiilet, t. ?., pp. 419-420.] — Bouche, La ' Ibiii. n. CCXXIX, ce. 1034 a 1037.

An 1243

pour fait d'hérésie, & reconnut qu'il étoit bon catholique. Il est remarquable que le pape. Grégoire IX étoit en relation avec Roger-Bernard dans le temps même que ce comte étoit excommunié', car il lui écrivit, le 2 d'avril de l'an i^Sç, pour lui apprendre qu'il avoit excommunié l'empereur Frédéric, & l'exhorter à n'avoir aucun commerce avec ce prince S<. à l'éviter,

XXXIV, — Le comte Ralmond bat les François, assiège la ville d'Arles

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