‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 279 sur 342 · VI. ^s · texte numérisé non relu

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immédiat, qui les fit prisonniers. Enfin, le comte de Foix obtint ' un ordre du roi, qui enjoignoit à l'évêque de Toulouse de lui remettre le château de Saverdun,que ce prélat tenoit en séquestre, 8<au comte deToulouse d'absoudre les chevaliers Si les habitans du même château du serment de fidélité qu'ils lui avoieiit prêté.

LXVIIÏ. — Raimond, de retour dans ses Etats, punit les auteurs du massacre des inquisiteurs , €- fait prêter un nouveau serment entre les mains des commissaires du roi par ses vassaux £• principaux sujets.

Raimond ne fut pas^ plutôt de retour à Toulouse que, voulant tenir ses promesses, il fit pendre sans miséricorde tous ceux qui avoient eu part au massacre des inquisiteurs à Avignonet. Ensuite les consuls de la ville 8c du faubourg de Toulouse firent serment^, le 28 février, en sa présence 8t par son ordre, entre les mains de Jean le Clerc 81 d'Oudard de Villars, envoyés par le roi dans le pays pour le recevoir; ils promirent : 1° D'observer fidèlement le traité de Paris & de demeurer toujours fidèles au roi & à l'Église, en cas que Raimond vînt à l'enfreindre. 2° D'aider l'Église contre les hérétiques 8c leurs fauteurs. 3° De se tourner contre Raimond, supposé qu'il vînt à faire la guerre au roi. Les commissaires du roi firent prêter le même serment à tous les habitans de Toulouse, âgés de quinze ans 8c au-dessus : Sicard de Montant 8c Sicard de Miramont en prêtèrent un semblable peu de jours après, 6c durant les mois de mars 8c d'avril suivans. Ils parcoururent avec les commissaires du comte le Toulousain, l'Albigeois, le Rouergue, le Querci 81 l'Agenois, 8c y reçurent un pareil serment de la part des barons, des chevaliers 8c des habitans des principales villes de la domination de Raimond. On conserve les originaux de ces actes dans le Trésor des chartes du roi, 8c on y voit les sermens de Bernard, comte de Comminges, 8c d'Hugues, comte de Rodez; ceux de Pilfort de Rabastens, Pons Amelii, Guillaume-Pierre de Bérens, Maffré de Rabastens, Bertrand, frère de Raimond^ comte de Toulouse, 81 Raimond de Cominiac, qualifiés barons d'Albigeois ; des chevaliers 8c bourgeois de Rabastens, des consuls 8c habitans de Gaillac, des consuls, chevaliers, nobles 8c habitans de Cordes, 8c des habitans de Puycelsi, Montaigut 8c Cahuzac, en Albigeois; ceux de Jourdain de l'Isle, Bernard Amelii de Paillez, des chevaliers 8c habitans de Lavaur 8c de Fanjaux, des habitans • de Castelnaudary, Verdun , Villemur, Laurac, Puyiaurens, Saint-Paul de

Cadajoux, Castelsarrasin, Mas de Verdun, Montesquieu 8c Saint-Jory, dans le Toulousain; ceux des habitans de Najac, Millau, Peyrusse 8c Villeneuve, en Rouergue; ceux de Guillaume de Gourdon, Bertrand de Cardaillac, Déodat de Barasc, Gilbert de Castelnau 8c Hugues de Cardaillac, barons du Querci ; des habitans de Montauban, des chevaliers 8c nobles de son bailliage,

' Château de Foix, caisse i i . ^ Voyez tome VIII, Chartes, n. CCLIV, ce- i i i3

' Guillainne de Puyiaurens, c. 46. à 1 1 15. — Regtstrum curiae Franciac,

' An 12^3

d'Arnaud de l'Espinasse & des autres habitans du bailliage de Lauserte, des habitans de Saint-Cir, Moissac, Lauserte, Châteauneuf de Laval, Montcuq, Capdenac Se Caylus, en Querci; ceux des barons ci'Agenois, savoir : Arnaud- Oton, vicomte de Lomagne 8c d'Auvillar, Amanieu d'Albret, Bernard d'Hugues, Autinier de Rovignan, Begon & Nompar de Caumont, Bernard & Arnaud deDurfort, Gaston 8c Vital de Gontaud, Arnaud d'Espagne Si Pons- t.'iu,°p'4"i. Amanieu de Nadaillan; des consuls 8c des habitans d'Agen, Condom, Mezin, Marmande, Pont-Sainte-Marie 8c Penne, en Agenois, 8c enfin celui des consuls Si habitans de Narbonne'.

LXIX. — Le roi confisque les domaines de Pierre-Bermond, seigneur d'Alais,

Andu-^e, Sauve &> Sommières.

Pierre-Bermond, seigneur d'Anduze ' 8c en partie d'Alais, fit aussi, au mois d'avril de l'an 1248 (après Pâques), sa paix avec le roi, qui avoit confisque ses châteaux d'Alais, Anduze, Sauve 81 Sommières, sans doute pour s'être ligué avec le comte de Toulouse, son cousin germain. Le roi, après lui avoir pardonné, lui assigna Se à ses descendans mâles par droit d'aînesse, six cens livres de rente annuelle, tant dans le pays d'Hierle {in terra Erisdii) que sur le château de Roquedu, pour les tenir en hommage lige. Ce pays, que les ancêtres de Pierre-Bermond avoient possédé, étoit composé de divers châteaux 8c villages situés dans les Cévennes, sur les frontières des diocèses de Lodève, de Nimes, aujourd'hui d'Alais 6c de Mende. Le roi s'y réserva le droit de chevauchée, le château de Merueys 8c la liberté de faire détruire tout ce qu'il jugeroit à propos du château de Roquedu, avec défense à Pierre-Bermond d'élever aucune fortification sans sa permission, 8c d'entrer lui 8c ses héritiers dans les châteaux ou villes d'Alais, Anduze, Sauve 8c Sommières, que le roi unit ainsi en partie à son domaine. Enfin ce prince se réserva la liberté d'assigner ailleurs, s'il le jugeoit à propos, ces six cens livres de rente à Pierre- Bermond, qui promit de lui être fidèle à l'avenir. Oudard de Villars, sénéchal de Beaucaire, fit cette assignation au mois de juillet suivant, en présence de Raimond, évêque de Nimes, de Raimond-Pierre de Ganges, Bernard de

' On peut voir la liste de ces serments dans nos nuscrite Je la maison d'Anduze. — Cette charte a additions au tome VIII, ce. i 1 18 à 1 1 20 ; dans le été publiée par Ménard {Histoire de ffimes, t. 1, Registrum curiae on n'a donné que le titre de p. 75 & suiv.). L'acte du roi est daté de Pierrechaque acte c'est cette liste qui remplit les der- buffière (Haute-Vienne, arr. de Limoges), avril niers feuillets de cette compilation. Dans celle 1243. Peu après le roi ordonna à l'évèque de que donne ici dom Vaissete, il y a quelques noms Nîmes & à l'abbé de Psalmodi de vérifier si de lieux fautifs que nous corrigeons. — Guil- l'assise de six cents livres faite par le sénéchal, lem-Pitrre de Brens &. non de Berens. — Raimond Oudard de Villiers, avait exactement cette va- Je Cominiac, il paraît dans le serment de Pons- leur. Vérification faite, la valeur de l'assise fut Amiel de Capdenac, c'est Comiac (Lot, arr. de reconnue exacte, & les prélats abandonnèrent Figeac). — Bernard Amiels de Pailhiés &. non de l'affiire, le plaignant ayant retiré sa plainte, & Paille^. — Fort Sainte-Marie . (A. M.] quatre personnes honnêtes ayant offert de donner

' Manuscrits de Colbert, n. 2669. — Manuscrits de ladite assise un loyer de six cent quatre-vingts

d'Auhays, n. 2.0-2. — Le Laboureur, Histoire ma- livres tournois. [A. M.]

An 1143 '

Barre, chevaliers, Sec. Le roi, par cette confiscation, réunit au domaine la moitié de la ville d'Alais. L'autre appartenoit à Pvaimond Pelet, qui étoit convenu, en iiSS ', avec Pierre-Bermond que le plus ancien d'entre eux ou de leurs héritiers auroit la préséance sur l'autre dans cette ville.

LXX. — Le roi d'Angleterre se plaint à l'Empereur du comte de Toulouse 6- conclut une trêve avec la France.

Henri, roi d'Angleterre, au désespoir de la paix du comte de Toulouse avec le roi, s'en plaignit amèrement* à l'empereur Frédéric, son beau-frère, dans une lettre datée de Bordeaux, le 8 de janvier de l'an 1243. Il fondoit ses plaintes sur ce que, s'étant engagés réciproquement à ne faire ni paix ni trêve sans la participation l'un de l'autre, Raimond avoit conclu la paix à son insu, au préjudice de son serment. Il écrivit à peu près dans les mêmes termes à Pierre de la Vigne, juge de la grande cour impériale 8c ministre de Frédéric; mais Henri n'avoit pas tant à se plaindre, s'il est vrai, comme les anciens historiens, 8t même les Anglois^ l'assurent, qu'il étoit convenu lui-même d'une trêve de cinq ans avec le roi de France avant la fin de l'an 1242, 8<. cela sans la participation de Raimond, dans le temps même que ce comte étoit actuellement en guerre avec le roi. Quoi qu'il en soit, Henri"* fit un traité solennel avec le roi pendant la semaine sainte de l'an 1243. Ils convinrent d'une trêve qui devoit durer depuis le jour de la Saint-Benoît, 21 de mars, jusqu'à la Saint-Michel, & ensuite pendant cinq ans. Le roi donna pour ses garans les comtes de Toulouse, de la Marche, d'Auvergne, 8<c.

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