‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 293 sur 342 · XVIII. — Maison d'Andu-^e · texte numérisé non relu

XVIII. — Maison d'Andu-^e

Le roi, par une autre charte'* datée du camp devant Joppé, au mois de juillet de l'an i252, manda à Philippe, archevêque de Bourges, aux évêques de Paris, de Senlis & d'Evreux, 8<. à Gaufrid, archidiacre de Paris, de rendre à Pierre-Bermond de Sauve, s'ils croyoient qu'il y étoit obligé en conscience, les domaines qui lui avoient appartenu, Se dont ce seigneur demandoit la restitution. Guillaume d'Andu-^e ayant renouvelé ces instances après la mort de Pierre-Bcrmond, son père, arrivée en 1254, le prince Louis, fils aîné du

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' \'oytz toine VIII, Chartes, n. CCCII, ce. iSiy à iSip. — Cette lettre est extrêmement curieuse à plusieurs points de vue. Le juif en question, dont rhabileté médicale était célèbre, surtout pour les maladies des yeux, habitait le royaume d'Aragon ou plutôt Montpellier qui faisait partie des domaines du roi Jacme. Il s'appelait Habrahym ou Abraham, & avait résidé dans le pays des Sarrasins, probablement les royaumes mahoméians d'Espagne. Raimond-Gaucelin de Lunel lui envoya deux juifs pour le consulter touchant la maladie d'Alfonse; il s'engagea à guérir celui-ci s'il pouvait distinguer le vert du bleu & reconnaître de prés des objets de petite dimension. Mais ce médecin craignait tellement d'être retenu contre son gré en France, où ses coreligionnaires étaient cruellement traités, qu'il hésitait à se rendre à l'invitation. Aussi le seigneur de Lunel engagc-t-il Alfonse à s'adresser directement au roi d'Aragon & promet-il de faire la commission luimême & d'employer tous les moyens possibles pour le décider. Nous ne connaissons pas le résultat de cette curieuse négociation. [A. M.]

' Voyez tome VIII, Chartes, n. CCC, ce. i3 14 à i3i6. — Les noms de ces chevaliers avaient été fort maltraités par le copiste de dom Vaisseie, nous les avons rétablis d'après l'original. La

plupart étaient du midi; quelques-uns seulement du Poitou & de l'Angoumois. On peut même remarquer que la plupart n'étaient pas originaires des domaines d'Alfonse, mais du comté de Foix & du diocèse de Carcassonne; parmi eux nous retrouvons plusieurs des chevaliers faidits qui avaient aidé Trencavel lors de son expédition de 1140. Comme son frère, Alfonse paraît avoir pris à son service un certain nombre de ces personnages, qui étaient sans doute fort heureux de racheter en Orient leur ancienne rébellion, & qu'une vie d'aventures, on peut même dire de brigandages, avait dû préparer à la guerre de Syrie. [A. M.)

' Voyez tome Vill, Chartes, n. CCXCII,c. 1282. — Le document auquel renvoie dom Vaissete ne parle pas à proprement parler de la levée d'un subside. C'est une mention de compte ainsi conçue : De promissts factis d, comiti pro via transmarina m partihus Tholosanis €r alla terra tlîa. On ne peut entendre par là un subside régulier, mais des promesses particulières, peut-être même le reliquat du fouage levé par Raimond VII, & dont Alfonse perçut l'arriéré. Cette mention se trouve dans le compte de l'Ascension ii.'j.'î. [A. M.]

* Domaine de Montpellier; actes ramassés, liasse 8, n. 6.

An I 232

KJ.orij;in. t. III, p. 17^

An I 263

83o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XXVI.

roi, ordonna', le lundi après la Trinité de la même année, au sénéchal de Beaucaire de lui rendre la terre d'Yerle. Ce jeune prince prit donc les rênes du gouvernement après la mort de la reine Blanche, son aïeule, & pendant l'absence du roi, son père, quoiqu'il ne fût dans le temps de cette mort que dans la douzième année de son âge. On peut confirmer cette observation par d'autres lettres^, suivant lesquelles Louis, fils aîné du roi de France, étant à Paris, au mois d'avril de l'an i252 (i253), ordonne au sénéchal de Carcassonne de laisser Bérenger Guillelmi, fils de Bérenger Guillelmi, dans la possession du château de Clermont, au diocèse de Lodève, attendu qu'il oftroit de faire hommage au roi, son père^.

Au reste Pierre Bermond, ancien seigneur de Sauve "*, laissa de Josserande de Poitiers, sa première femme, fille d'Aymar, comte de Valentinois, 8c de Philippe, dame de la Voulte & de plusieurs châteaux du Vivarais : 1° Guillaume dont on vient de parler & à qui il donna la baronie d'Yerle que le roi lui avoit accordée par grâce, pour tous les anciens domaines de sa maison qui avoient été confisqués. 2° Roger qui hérita de la Voulte &t des autres terres que Josserande, sa mère, avoit en Vivarais, & qui fit une branche de la maison de Bermond. 3° Béraud qui posséda diverses terres dans le Toulousain & l'Albigeois. 4° Philippe, femme d'Amalric, vicomte de Narbonne. 5° Marie qui épousa Arnaud-Othon, vicomte de Lomagne. Pierre-Bermond se maria en secondes noces avec Alemande de Pierre, fille de Raimond, seigneur de Ganges. Guillaume d'Anduze, sou fils aîné, épousa-"' dans la suite, avec la permission du roi 8c à la prière d'Alfonse, comte de Toulouse, de la femme duquel il étoit cousin, la fille 8c héritière d'Egline, veuve de Pons d'Olargues. Il fit une nouvelle tentative pour obtenir du roi la restitution de la liaronie de Sauve, possédée par ses ancêtres; mais il fut débouté "^ de sa demande au parlement que ce prince tint à la Chandeleur de l'an 1268 (1259).

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