‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 295 sur 342 · XX. — Alfonse se prépare à partir pour la Terre-Sainte · texte numérisé non relu

XX. — Alfonse se prépare à partir pour la Terre-Sainte

Ce prince se préparoit alors à retourner dans la Terre-Sainte"*. Le pape Innocent IV, voulant seconder son zèle 8c lui procurer des secours suffisans

' Trésor des chartes; Toulouse, sac ô, n. 29.

' Dom Vaissete a commis ici quelques petites erreurs it date, que l'analyse des actes en question va nous permettre de rectifier. La première lettre est de janvier 1 2 03. (Copie, J. 3i 1, n. 70 ; Teulet, t. 3, p. 173;. Par cet acte, Alfonse rend à Barrai de Baux set fiefs du Venaissin, à la requête de Charles d'Anjou ; mais ilstipulequeceux auxquels il les aura donnés depuis la confiscation, continueront à les tenir, sauf pour Barrai à fane valoir ses droits de propriété devant les tribunaux. Tous les actes des officiers du comte rcsteiu valables, sauf à Barrai à les attaquer par les voies de droit. Par un autre acte du même mois [ih'ul. pp. 174, 17a), Barrai reconnaît que c'est par puie grâce qu'Alfonsc lui a fait cette restitution, s'engage à lui être fidèle à l'avenir & à s'acquitter de tous les d.i/its féodaux, & promet d'aller, dans l'année, servir en Terre-Sainte avec dix arbalétriers à cheval, pendant une anr)ée entière. — Par un troisième acte [itid. n. 4o38j J. 3io, n. i8], le même Barrai promet de ne pas molester ceux de ses vassaux qui ont embrassé la cause de son suzerain. Enfin, par un dernier acte, il déclare que, au cas où il mourrait avant d'accomplir son pèlerinage, son fils aîné Bertrand le ferait à sa place (iA«<.). [A. M.)

' Trésor des chartes; Toulouse, sac 5, n"' 3i & 32 ; Fondations, sac 2, n. 16. — [Originaux scellés; Teulet, t. 3, pp. 181 à i83 ; l'acte est du 3 mai

* Trésor des chartes; Toulouse, sac 6, n. 34.— Le conservateur des privilèges apostoliques du comte Alfonse semble avoir été à ce moment le trésorier de Poitiers. Du moins c'est à lui que sont adressées les bulles du pape Innocent IV que dom Vaissete va analyser. En voici la liste; nous y joignons l'indication de quelques autres documents analogues, qui n'ont pas encore été signalés. — 14 mars I253, donation des usures 8c restitutions de biens mal acquis jusqu'à concurrence de trois mille marcs d'argent. (J. 3 12, n. 34 (.'>), Teulet, t. 3, p. 176). — 21 mars I253, donation des legs pieux dans l'étendue des domaines du com.te {ihid.); du même jour, bulle pour le rachat des vœux de croisade (li/rf.); du même jour, permission au trésorier de Saint-Hilaire d'absoudre les croisés des excommunications qu'ils auront pu encourir (J. 442, n. 3; Teulet, t. 3, pp. 176, 177); — du même jour, ordre au même de forcer les barons & chevaliers des domaines d'Alfonse, qui se sont croisés, à passer en Terre-Sainte avec le comte au prochain passage ou à racheter leur vœu (J. 442, n. 4 (4); Teulet, t. 3, p. 177); —du

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pour cette expédition, lui accorda, lorsqu'il se mettroit en chemin : i° Trois mille marcs d'argent sur les restitutions des usures & des biens mal acquis qui seroient faites dans le royaume de France & les comtés de Toulouse, Poitiers, Provence & Bretagne. 2° Les rachats que dévoient payer ceux qui s'étant croisés pour la Terre-Sainte ne pourroient ensuite exécuter leur vœu. 3° Les legs faits en général pour le secours de la Terre-Sainte. Alfonse ne profita pas de ces concessions, parce que divers obstacles s'opposèrent à son départ. L'archevêque de Narbonne & les évêques de Béziers, Lodève Si Agde lui firent des remontrances', au mois de mai de la même année, touchant le bruit qui s'étoit répandu qu'il alloit faire restituer aux plus proches parens des hérétiques, moyennant une certaine somme ^, les biens qui avoient été

29 mars, nouvelle bulle pour l'assignation à Alfonse des sommes provenant du rachat des vœux de croisade dans ses domaines (J. 3i2, n. 3^ (i)j Teulet, t. 3, pp. 177, 178). — Quelques mois plus tard autres bulles pour cette affaire : du 1" octobre, permission au trésorier d'absoudre les croisés de leurs péchés (J. 3 1 2, n. 34 (8); Teulet, t. 3, p. 196); — du 17 octobre, confirmation à Alfonse du droit de percevoir les legs pieux, restitutions & usures (J. 3i2, n. 34(2;; iiiA.); — du même jour, ordre à l'abbé du Pin (diocèse de Poitiers) & au trésorier de Saint-Hilaire d'assurer à Alfonse la jouissance des grâces qui lui ont été concédées par le Saint-Siège en vue de sa croisade. (J. 442, n. 7 ; Teulet, t. 3, p. 197.) — Ces concessions furent renouvelées par Alexandre IV, successeur d'Innocent. Le 28 janvier 12:56, il ordonna au trésorier de Saint-Hilaire de continuer à percevoir les rachats de vœux, les sommes provenant de restitutions, &c., dans les terres du comte, en Navarre, en Bretagne & en Provence, pour les remettre à Alfonse, quand il partira. (J. 3i2, n. 34 (10); Teulet, t. 3, pp. 283, 284.) — Le 8 mai suivant, il ordonne au même de forcer les croisés des Etats du comte à passer en Terre-Sainte ou à racheter leurs vœux. (J. 3 12, n. 34 (i5)i Teulet, t. 3, p. 294.) — 4 juillet 1206, nouvelle bulle semblable à celle du 28 janvier {ihid. p. 309). — Enfin le 12 novembre 1207, le même pape enjoint encore audit trésorier de veiller à ce que l'argent provenant des revenus concédés à Alfonse ne soit pas détourné de son usage. (J. 3 12, n. 34 (1 3)j Teulet, t. 3, p. 389.) — Ces ressources étaient loin d'être à dédaigner; ainsi, dans la seule année 1 200, Alfonse perçut de ce chef six mille six cent quarante-neuf livres tournois; il est vrai que les recettes tombèrent rapidement à mille & même à deux cent cinquante livres. (Boutaric, Alfonse de Poitiers, p. 3 14, note.) Toutefois c'était une précieuse ressource pour des expéditions aussi ruineuses & aussi difficiles.

' Voyez tome VIII, Charles, n. CCCIII, ce. i322 à 1324.

' Ce projet financier d'Alfonse sem.ble ne pas avoir eu de suite; mais à en croire les plaintes des prélats, le rachat des biens tombés en commise pour hérésie aurait, dans l'idée des officiers d'Alfonse, constitué une sorte de fouage pesant à la fois sur les catholiques & les hérétiques. — Les poursuites contre ces derniers ne paraissent pas, du reste, s'être ralenties à cette époque. Le 1 1 mai 1262, Innocent IV avait renouvelé les pouvoirs des frères prêcheurs, inquisiteurs dans la province de Narbonne. (J. 43 I, n. 26 ; Teulet, t. 3, p. iSj.) — De plus, vers mai 1 264, Alfonse fit présenter à la curie romaine le projet d'une nouvelle bulle réglementant & aggravant les peines prononcées contre les hérétiques. On peut voir ce projet au tome VIII, c. i333 & suiv. En voici les dispositions les plus intéressantes. La bulle est adressée au prieur des frères prêcheurs, à Paris. Les noms des témoins & leurs dépositions ne seront ni entièrement publics, ni absolument secrets; celles-ci seront communiquées à des prél.Tts & autres personnes discrètes, choisies & convoquées par l'inquisiteur. Les prédicateurs-quêteurs seront sous la haute main de l'inquisiteur, qui pourra leur interdire ou leur permettre à son gré les sermons publics. — Une partie de ces dispositions fut adoptée par la cour romaine & insérée par elle dans une bulle du 11 juillet 1254. (Original, J. 43 I , n. 27; Teulet, t. 3, pp. 21 5, 216.) Les dépositions durent être reçues en présence de deux ecclésiastiques, au choix de l'inquisiteur, & transcrites séance tenante & devant eux. L'inquisiteur, en prononçant l'incarcération ou en rendant l'arrêt, devra prendre l'avis de l'ordinaire ou de ses vicaires. Une autre bulle, du i3 juillet, donna en outre à l'inquisiteur le droit d'interpréter les statuts faits contre les hérétiques, en prenant l'avis de l'ordinaire & de cacher les noms des témoins & des dénonciateurs. (Original, J. 4JI, n. 29; Teulet, t. 3, pp. 216, 217.) |A. M.]

An \2

confisqués sur ces derniers. Enfin', au mois de juillet suivant, il fit le bail de la nouvelle monnoie qu'il devoit faire fabriquer à Toulouse^.

XXI. — Le comte de Toulouse a des sujets de querelle avec le roi

d" Angleterre.

L'année suivante Alfonse eut quelque démêlé avec Henri III, roi d'Angleterre, qui avoit passé la mer pour punir la révolte des Gascons. Les Anglois causèrent alors divers dommages aux sujets d'Alfonse, & étendirent leurs courses jusqu'aux portes de Toulouse -^. Le comte en porta des plaintes à Henri, qui en réparation de ces dommages, s'engagea'* de payer sept mille deux cent cinquante-huit livres de Bordeaux. Alfonse, par des lettres datées de Vincennes, le iS de mars de l'an i253 (1254), commit la répartition de cette somme à Hugues d'Arcis, son sénéchal de Toulouse, a proportion des pertes que ses sujets avoient faites, en comptant soixante-six sols huit deniers de Bordeaux pour un marc d'argent. La bonne intelligence étant ainsi rétablie entre les deux princes, Henri donna des lettres de sauvegarde dans son camp auprès de Bergerac, le 28 juin suivant, en faveur des marchands du comté de Toulouse qui négocieroient en Gascogne, à condition qu'ils n'apporteroient pas de vivres à ses ennemis''. Il paroît qu'Henri Se Alfonse eurent bientôt après quelque nouveau sujet de dispute, car ils convinrent* d'arbitres qui dévoient s'informer, dans la quinzaine de la Nativité de la Vierge, des dommages que leurs sujets s'étoient causés les uns aux autres, indépendamment de l'infraction de la trêve, pour laquelle il y avoit d'autres commissaires nommés.

' Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXCV, ce. 1297 à i3o I .

' L'histoire de la monnaie de Toulouse a été faite par Boutaric, pp. 184, 187. Nous allons résumer ce qu'il en dit, en renvoyant, pour les détails, au tome VIII, où nous donnons quelques-uns des actes qui se rapportent à cette affaire. Alfonse, en prenant possession de ses États, remplaça l'ancienne monnaie toulousaine, dite septine, par une monnaie imitant la monnaie tournois 8t dont la ressemblance arec la monnaie royale lui attira même des reproches de la part de son frère Louis IX. (Cf. Boutaric, pp. 189, 190.) Cette monnaie fut donnée à bail par son sénéchal, le i"'aoùt 12J1, pour trois ans. Ce premier bail dut être résilié, & en avril I253 nous trouvons d'autres fermiers de la monnaie, qui demandent à leur tour au sénéchal, Pierre des Voisins, la résiliation de leur contrat. fCf. tome VIII, ce. i3i9-i32i.) Les torts étaient réciproques; le sénéchal n'avait pas tenu ses engagements & les

fermiers avaient pris à ferme la monnaie royale de Carcassonne & y avaient porté du billon provenant de Toulouse. L'affaire fut soumise à deux bourgeois de Toulouse, dont un changeur, qui décidèrent que le traité était nul, &. rendirent leur liberté aux deux parties; celles-ci acceptèrent la décision des arbitres. (Cf. tome VIII, ce. i32i, |322, & Teulet, t. 3, p. 179.) C'est alors qu'Alfonse conclut le nouveau traité, auquel dom Vnissete vient de faire allusion, & qu'on peut voir au tome VIII. Les conditions imposées aux nouveaux fermiers étaient sans doute plus équitables, car l'un d'eux reprit l'affaire pour son compte personnel en 1256. (Boutaric, p. 187.) [A. M.]

> Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXCII.c. 1284.

* Cartulaire d'Alfonse. |JJ. 24 b, f 1 *.]

' L'acte original est au trésor des chartes, J. 307, n. 5i j cf. Teulet, t. 3, p. 212. L'analyse qu'en donne dom Vaissete est d'ailleurs parfaitement exacte. [A. M.]

^ Rymer, Acta publica, t. I, p. 52 1 .

"";; — : — 834 histoire générale de Languedoc, liv. xxvi.

XXII. — Le rot revient en France avec divers chevaliers de la Provincç qui l'avaient suivi à la Terre-Sainte. — Seigneurs de Castres & de Lombers,

Le roi, après un séjour de près de six ans outre-mer, se disposa enfin h. repasser en France où sa présence étoit absolument nécessaire. Il se rendit, au mois d'avril de l'an 1254, à Acre où il devoit s'embarquer & où il donna, avant son départ, aux frères de Saint-Lazare d'Acre', la permission d'envoyer, une ou deux fois l'an, un de leurs vaisseaux au port d'Aigues-mortes ,''jij°p8j"- pour y trafiquer avec exemption de toute sorte de droits. Le roi s'embarqua ensuite, le vendredi 24 d'avril, avec toutes ses troupes, excepté cent chevaliers qu'il laissa pour le secours des chrétiens de la Terre-Sainte.

Philippe I de Montfort, seigneur de Castres, fut du nombre de ces derniers. Il fixa son séjour^ dans la Terre-Sainte où il avoit épousé en secondes noces Marie d'Antioche, dame de Thoron, dont il eut plusieurs enfans. Il laissa l'administration de sa terre de France 6- d'Albigeois à Philippe II, son fils, qu'il avoit eu d'Eléonor de Courtenay, sa première femme, morte avant l'an i23o, & se réserva deux mille livres tournois de rente pendant sa vie sur ces biens, dont il disposa dans la suite en faveur du même Philippe II dit le Jeune, son fils. Guide Montfort, seigneur de Lombers, en Albigeois, frère consanguin de Philippe I, avoit accompagné aussi le roi à la Terre-Sainte j mais il mourut sans enfans au commencement de cette expédition. Lambert de Monteil-Adhémar, son oncle maternel, lui succéda dans la baronie de Lombers.

Quant à Olivier de Termes, au vicomte Trencavel & à la plupart des autres chevaliers de la Province qui avoient suivi le roi outre-mer, ils s'embarquèrent pour repasser avec lui en France. Après le départ de la flotte elle essuya une rude tempête auprès de l'île de Chypre, 8c le péril fut si grand ^ qu'Olivier de Termes, n'osant s'exposer davantage à la mer, demanda qu'on le débarquât dans cette île : on lui accorda sa demande & le roi continua sa route. Cette action d'Olivier ne fit aucun tort à sa réputation, & Jean, sire de Joinville, témoin oculaire Si non suspect, rend"^ à cette occasion un témoignage bien avantageux à ce chevalier. « Le grant doumaige, dit ce naïf historien, que li roys eust fait au peuple qui estait en sa nef, puet Von veoir à Olivier de Termes, qui estait en la nef le roy ; liquex estait uns des plus hardis hommes que je onques veisse £• qui miex s'estait prouve-^ en la Terre- Sainte : n'osa demeurer avec nous pour poaur de naierj ainçois demeura en Cypre, 6- at tant de destourhiers qu'il fu avant un an 6- demi que il revenist

'Manuscrits de Colhert^ n. 2669. [Lat. <)'Jli, ■• Joinville, p. ii3 & siiiv. [Édition de Wailly,

1° 25o b.\ p. 344. Nous remplaçons le texte rajeuni & mu-

° Domaine de Montpellier; AIbi, n. 8. — Voyez tilé donné par dom Vaissete par un passage em-

tome VII, î^ote XLIV, pp. i25, 126. prunté à l'édition plus haut citée.]

' Joinville, p. 108 & suiv. [Edition de Wailly, p. 338 & suiv.]

/Vn i25j

au roy ; &■ si estait grans hom &■ riches hom, &- bien pooit paier son passaige. Or regarde-:^ que peties gens eussent fait qui n'eussent eu de quoy paier, quant teix hom ot si grant destourbier. »

XXIII. — Le roi arrive à Beaucaire &• parcourt une partie du Languedoc. Origine de l'assemblée des trois Etats de la Province,

Le roi Louis IX arriva ' devant le château d'Hyères, en Provence, le lo de juillet, &, quoiqu'il eût formé le dessein d'aller débarquer à Aigues-mortes, il descendit néanmoins deux jours après en Provence, d'où, après avoir passé le Rhône, il se rendit à Beaucaire. Il donna quelques chartes* dans cette ville datées du mois de juillet ; une entre autres en faveur de Trencavel , ancien vicomte de Béziers, qui lui ayant représenté que les lieux de la Calmette Se de Bellegarde, qu'il lui avoit assignés pour trois cens dix livres de rente, ne valoient pas cette somme, il y ajouta trente livres de rente sur le péage de Beaucaire.

Les chevaliers &• les bourgeois^ de cette ville firent alors des plaintes au roi contre ses officiers de justice*} ce qui engagea ce prince à publier une

' Joinville, p. 1 1 5 & suiv. [Édition de Wailly, p. 358 & suiv.]

' Manuscrits de Coliert, n. 2670. [Lat. 9778, f" 283.]

î Voyez tome VllI, Chartes, n. CCCVIII.cc. i337 à 1340.

* La charte de Louis IX dit, en effet, que les habitants de Beaucaire ont porté leurs plaintes devant le roi 5 mais rien ne prouve que celui-ci ne parle pas du long mémoire présenté par eux quelques années auparavant à ses enquêteurs. Nous le donnons au tome VII (Enquêteurs rcyaux, registre D), & une analyse sommaire de ce texie permettra de reconnaître que l'ordonnance du roi Louis IX fit droit à la majeure partie de ces justes réclamations. — 1° Les habitants réclament le droit de nommer leurs consuls, privilège que leur avait accordé le comte Raimond VII, en 1217, & qu'avait supprimé le sénéchal de Beaucaire, Pèlerin. — 2" Ils réclament contre l'usage introduit par le même officier de lever des gages sur les parties dés l'ouverture de la cause, contre l'habitude jusque-là établie. — 3° Le même a confisqué des droits de pacage à eux donnés par le comte de Toulouse, & les a forcés à payer pour leur usage le trentième du bétail. — 4° Le setier du marché de Beaucaire ou droit de mesure avait été donné aux habitants & consuls par le comte de Toulouse; le sénéchal le leur a enlevé. — 5" De tout temps la défense d'exporter le blé ne pouvait être prononcée par le sénéchal que de l'aveu des habitants; depuis c::.q ans (en 1248) >1 s'est affranchi de cette obligation. — 6" De-

puis le même temps les officiers de la cour, autres que le viguier Se le juge, ont cessé de payer leur part des dépenses communes de la ville. — 7° Ils demandent que le viguier & le juge soient changés tous les ans, qu'ils s'engagent par serment à observer les us & coutumes de la ville, & qu'ils ne reçoivent de leurs subordonnés que le boire & le manger. — 8° Depuis 1246 on a supprimé les deux charges de maîtres jurés, qui décidaient toutes les contestations relatives aux bâtiments, S*, ce gratuitement & sans frais. — 9" Les sénéchaux ouvrent les pâturages du château aux bestiaux des communautés deTarascon & d'Arles. — 10" Malgré les anciens privilèges des comtes de Toulouse les sénéchaux lèvent des tailles & des quêtes dans le château. — 11° Depuis le temps de Pierre d'Athies, les sénéchaux n'observent plus la règle qui défend au viguier d'agir avant que le juge ait prononcé la sentence, & de retenir en prison préventive l'accusé qui offre caution, sauf le cas de crime puni de mort ou de mutilation. —~ 12" Autrefois les juifs de Beaucaire payaient leur part des dépenses de la ville; le sénéchal Pèlerin, voulant les avoir sous sa main, les a soumis à une taxe annuelle spéciale, en les exemptant de toute contribution aux dépenses de la ville. — Nous ne laissons de côté que quelques faits particuliers énoncés par les syndics de Beaucaire. — Si l'on compare les demandes faites en 1248 par les habitants de Beaucaire & l'ordonnance rendue par Louis IX en leur faveur en 1254, on verra que ce prince fit seulement droit à leurs plaintes touchant l'exercice de la justice, la procédure de sa cour,

An I2J4

ordonnance datée de Saint-Gilles, au mois de juillet de l'an 1264, laquelle contient divers règlemens pour l'administration de la justice, ccnjormément à l'usage établi dans le pays depuis les temps les plus reculés. Entre ces règlemens l'un des plus remarquables est le suivant : « Afin qu'il soit permis aux « habitans de Beaucaire, dit le roi, d'user plus librement de leurs biens, « nous défendons étroitement à nos sénécbaux de les empêcher de porter où « ils voudront leur blé, leur vin & leurs autres denrées pour les vendre; à « condition, toutefois, qu'ils ne fourniront ni armes, ni vivres aux Sarrasins, « tant que les chrétiens leur feront la guerre, ni à tous ceux qui seront en « guerre avec nous. S'il arrivoit cependant quelque cas pressant, pour lequel « il conviendroit de défendre de porter les denrées hors du pays, le sénéchal « assemblera alors un conseil non suspect, auquel se trouveront quelques- « uns des prélats, des barons, des chevaliers &. des habitans des bonnes villes, « de l'avis desquels le sénéchal fera cette défense ; & quand elle aura été faite « il ne pourra la révoquer sans un conseil semblable. Durant la défense il « ne fera grâce à personne ; ce que nous voulons être étendu aux cours de Éd-origin. (, PQ5 sénéchaussécs de Beaucaire & de Carcassonne, & être exactement « observé par elles, n Le roi déclare ensuite que tous ceux de Beaucaire contribueront également aux collectes communes, excepté le viguier, le juge & le notaire de la cour ou le greffier, qu'il veut être exempts de tailles ; sauf le privilège des particuliers. Ce prince confirma aussi les habitans de Beaucaire dans l'usage ancien où ils étoient de se servir du droit écrit} « non pas, « ajoute-t-il, que l'autorité de ce droit nous oblige Se nous astreigne 5 mais « parce que nous ne voulons pas pour le présent changer leurs moeurs & « leurs coutumes. »

Cette ordonnance, qui est très-importante pour les privilèges 8t les immunités de la Province, & qui a échappé aux recherches de nos compilateurs, établit parfaitement l'usage où on étoit alors, usage qui a été suivi depuis presque sans interruption, d'assembler les trois Etats du pays pour les consulter lorsqu'il s'agissoit de quelque matière intéressante pour les peuples. C'est là le plus ancien monument qui prouve que le tiers état ait été nommément appelé dans les assemblées de la Province & même du royaume. Ainsi on peut le regarder comme le principal fondement qui a donné l'origine à nos états, suivant la forme qui s'y est observée depuis, lesquels ne sont devenus généraux que par le concours des états particuliers de chaque sénéchaussée qui s'assemblèrent d'abord séparément 8<. qui s'étant réunis dans la suite n'ont composé qu'un seul corps; nous traiterons ailleurs cette matière avec plus d'étendue.

l'interdiction d'exporter le blé, la contribution chartes de Raimond de Toulouse qui les contien-

de ses officiers aux dépenses de la commune, le nent sont de 1217, c'est-à-dire d'une époque où

serment du viguier & la prison préventive. — Les il était excommunié & en guerre avec les catho-

autres articles furent repoussés, soit que les con- liques. — Quoi qu'il en soit, on voit par cette

, suis n'eussent pu prouver la vérité de leurs asser- analyse quel intérêt peut présenter la comparaison

tions, soit que les privilèges dont ils réclamaient des ordonnances de réformaticn de Louis IX &

l'usage eussent paru peu légitimes; en effet, les des enquêtes qui les avaient précédées. [A. M.j

' An 1204

XXIV. — Seigneurs & évêqiies d'U-^ès. — Ahhaye de Fonts, près d'Alais, Différend des évéques du Puy avec le roi pour la régale.

On voit par la même ordonnance que le roi saint Louis, après avoir passé à Beaucaire, se rendit à Saint-Gilles; il alla ensuite à Nimes où il demeura quelques jours de la fin du mois de juillet & du commencement d'août, & il y donna diverses chartes. L'une des premières fut pour confirmer' la donation que le feu roi, son père, avoit faite en 1226 en faveur de Raimond, évêque d'Uzès. Le nom du successeur de ce prélat, à qui saint Louis accorda cette grâce, n'est pas marqué; nous savons qu'il s'appelloit Bertrand 8c qu'il avoit succédé à Pons, lequel acquit % en 1242, la huitième partie de la seigneurie d'Uzès, de Raimond IIP, seigneur d'Uzès en partie ê<. de la tour d'Aiguës, fils de feu Raimond, seigneur du Cayla & frère de Guillaume dit Martorel. Philippe de Mamolène, femme de Raimond III, ratifia cette vente, & Rostaing de Sabran, leur fils, en fit autant l'année suivante. Ces seigneurs d'Uzès étoient de la maison de Sabran, de même qu'Eléazar IV, qui possédoit en même temps une autre partie de la seigneurie de cette ville. Ce dernier testa'*, en 1254, Se laissa un fils, nommé Bérenger, qui lui succéda dans une partie de la moitié de la seigneurie d'Uzès. L'autre moitié appartenoit alors en entier à Decan, descendant des anciens seigneurs d'Uzès, qui confirma, en 1254, avec l'évêque & le prévôt de la cathédrale, l'accord fait, en 11 44, entre leurs prédécesseurs. Le même Decan, seigneur d'Uzès, fondé de procuration de Robert, son irère, chapelain du pape, céda au roi, en 1264, les droits qu'il prétendoit sur le château de Cauvisson, moyennant vingt livres tournois de rente. Ce Robert d'Uzès fut fait évêque d'Avignon ^ en 1267. Bertrand, évêque d'Uzès, vivoit encore en 1272.

Parmi les chartes que le roi donna à Nimes, au mois d'août de l'an 1254, une des principales est celle <5 qu'il fit expédier en faveur des habitans de cette ville, 81 qui est à peu près semblable à celle qu'il avoit donnée peu de jours auparavant en faveur de ceux de Beaucaire. 11 assigna par une autre''

' Gallia Chr'tiùana , nov. edit. t. 6, Instr. c. 3o6 en voici l'analyse sommaire. — Les habitants de

& seq. Nimes choisiront les banniers (sorte de gardes

' Manuscrit d'Auiays, n. 88. — Voyez tome IV, champêtres) & les présenteront à la Cour du roi

Note LU, p. 218 & suiv. qui les nommera. Cette permission, .Tccordée par le

' Il faut corriger Rainen & non RaimonJ, Cf. roi, est toute temporaire & ne donne aucun droit

à ce sujet Charvet, La première maison dU\is, aux habitants. — Le juge & le viguier seront nom-

pp. 94, 9.5. [A. M.] mes pour un an. — L'enquête, ordonnée par la

' Voyez tome VIII, Chartes, n. CCCVI, ce. 1329 coutume du pays en matière criminelle, sera faite

à i333. par des juges jurés, qui infligeront l'amende & la

^ Gallia Christiana, nov. edit. t. 3. Addition à lèveront immédiatement, sauf appel. — L'accusé

la page 819 du tome 1. pourra payer l'amende par avance pour éviter le

* Voyez tome VIII, Chartes, n.CCCVIII,cc. i339 jugement; mais le juge & le viguier ne devront l'y

& 1340. — En effet, une partie des articles de cette contraindre ni par menace, ni par ruse. [A. M.] ordonnance se retrouve dans celle de Beaucaire; ' Manuscrits de Colhert, n°» 2669 & 2670. [Cf.

pourtant quelques-uns des articles sont différents; lat. 9778, f° 212 a.]

An I

Éd. origin.

t. III, p. 481.

de même date trente livres de rente annuelle aux religieuses de Fonts, près d'Alais, de l'ordre de Cîteaux, sur le péage de cette ville, au lieu de la dixième partie du péage de la R.oque que Pierre Bermond, alors seigneur de Sauve & de la moitié d'Alais, leur avoit donnée pour l'entretien de sept religieuses ; ce qui ne suffisoit pas. Enfin le roi , par une troisième charte de même date, accorda, à la prière des archevêques d'Arles, de Narbonne 81 d'Aix, & de plusieurs autres prélats qui étoient à sa suite, aux ecclésiastiques, aux religieux & à leur famille, une exemption de péage à Beaucaire, excepté pour les marchandises. Ce prince se rendit ensuite à Alais & continua sa route par les Cévennes. Étant arrivé au Puy', le dimanche veille de Saint- Laurent g d'août, il y reçut ce jour-là le droit de giste de la part des bourgeois; le lundi 10, de la part de l'évêque élu du Puy, & le mardi, de la part du chapitre; ainsi il séjourna trois jours dans cette ville.

Cet évêque^ élu du Puy, nommé Bernard de Ventadour, avoit succédé, dès la Pentecôte de l'an iiSi, à Guillaume de Murât. Il refusa d'abord de reconnoître le droit de régale sur son église; mais, s'étant rendu à la Cour, il le reconnut sur la ville du Puy seulement, devant le conseil du roi'; le mardi après l'octave de la Pentecôte de l'an 1254. Il fut reçu ensuite à prêter le serment de fidélité. Comme il prétendoit, cependant, que le chapitre ne devoit pas dénoncer au roi la vacance du siège, ni lui demander la permission d'élire, & que la régale ne s'étendoit pas sur les domaines de l'évêché situés hors de la ville, on étoit convenu qu'on feroit une enquête 81 qu'on s'en rapporteroit à la décision des arbitres. Le roi étant enfin arrivé au Puy, ce prélat & son chapitre d'un côté &C. ce prince de l'autre, choisirent pour décider ce différend Philippe, archevêque de Bourges; nous ignorons si Bernard de Ventadour fut sacré après ce compromis 3. On assure que ce prélat

' Ducange, Observations sur l'histoire Je Joinvllle. — Brussel, Usage des fiefs, t. i, p. 553.

^ Galîia Christiaiia, nov. edit. t. 2, p. 71 5. — Manuscrits de Colbert, n. ziSy. — Registrum curiae Franciae,

' Sur cette affaire de la régale du Puy on peut consulter Lenain de Tillemont, t. 4, pp. 126, 127. Mais ni lui, ni dom Vaissete n'ont connu tous les actes relatifs à cette affaire, qui ne manque pas d'importance. En voici l'historique d'après les pièces conservées aujourd'hui au trésor des chartes. Bernard de Ventadour avait dû reconnaître que les droits de régale du roi sur la ville du Puy & les biens de l'évêque situés à l'intérieur de la ville n'étaient pas douteux; il voulut prêter sur-lechamp serment de fidélité, mais le conseil du roi ne voulut recevoir son serment que sous condition & après promesse de laisser faire une enquête sur la question de fait & de droit. C'est ce que disent ses lettres du 9 juin 1264, que dom Vaissete indique ici & qu'on peut voir dans Teulet, t. 3, p. 211, d'après J. 338, n. 4"; original scellé.

L'acte est daté de Paris. Revenu au Puy, l'évêque, de concert avec son chapitre & avec le consentement du roi, choisit pour arbitre Philippe, archevêque de Bourges (août 1254; Teulet, t. 3, p. 219; J. 333, n.4'; original scellé). L'affaire traîna assez longtemps, & on revint, en 1 256, à l'idée d'une enquête; Arnaud, successeur de Bernard de Ventadour, y donna son consentement, le 1"''' juillet 1255. Il s'agissait de la régale des biens situés hors de la ville du Puy; on devait aussi rechercher si le chapitre était obligé, après la mort d'un évêque, de demander au roi la permission de faire une nouvelle élection. (Teulet, t. 3, pp. 3o7, 3o8 ; original,!. 338, n. 5'.) Le chapitre cathédral consentit à son tour à l'enquête au mois de juillet. (Ihid. p. 3i2; J. 338, n. 5'.) Quand Gui Foucois, ancien clerc du roi, fut devenu évêque du Puy, c'est-à-dire en novembre 1257, le chapitre essaya défaire régler la question en sa faveur; il pria le roi d'engager le nouvel élu à accepter les fonctions épiscopales, & réclama en même temps les régales de son église. (Original, J. 346, n. 43; Teulet, t. 3,

reçut au Puy', le vendredi saint 20 de mars de l'année suivante, le roi saint Louis qui s'y rendit, dit-on, pour le jubilé qu'on avoit accoutumé d'y gagner lorsque les deux fêtes se rencontroient. Mais outre que l'Annonciation tomboit, en i255, le jeudi &. non le vendredi-saint, il n'y a aucune preuve que le roi ait fait ce voyage 5 d'ailleurs Bernard de Ventadour, évêque du Puy, mourut en 1264, & Arnaud de Polignac, abbé de Saint-Pierre de La Tour Se prévôt de la cathédrale, lui succéda la même année. Le roi, durant le séjour qu'il fit au Puy, au mois d'août de l'an 1264, y reçut^ l'hommage de Barthélémy, évêque de Cahors, pour cette ville & le comté; il poursuivit sa route par Brioude, Issoire, Clermont, &vc.

XXV. — Le roi envoie des commissaires dans les sénéchaussées de Beaucaire ^ de Carcassonne, — Concile &• évêques d'Albi.

Ce prince, également attentif au bien spirituel 8c au bien temporel de ses sujets de la Province, y ordonna la tenue d'un concile & nomma des commissaires dans les deux sénéchaussées de Beaucaire & de Carcassonne pour la restitution des biens & des droits unis mal à propos au domaine, en faveur de ceux qui prouveroient qu'ils en avoient été injustement dépouillés. Ces commissaires furent-' Philippe, archevêque d'Aix, frère Pons de Saint-Gilles, de l'ordre des Prêcheurs, frère Guillaume-Robert de Beaucaire, de celui des Mineurs, 8c le fameux Gui Fulcodi. Ils se rendirent à Nimes, au mois de novembre suivant, 8c rétablirent les habitans de cette ville dans l'ancienne forme d'élire leurs consuls, que le sénéchal 8c le viguier avoient changée.

Le concile fut tenu"* à Albi 8c composé des évêques des provinces de Narbonne, Bourges 8c Bordeaux. Zoën, évêque d'Avignon, y présida en qualité de légat cju Saint-Siège, 8c on y dressa soixante-douze canons : 1° Pour l'entière extirpation de l'hérésie du pays ; sur quoi on se conforma à ceux du concile de Toulouse de l'an 1229, les évêques en supprimèrent seulement ou

p. 392.) L'affaire fut alori ex.iminée par le parle- Le chapitre accepta cette décision au mois d'août* ment, qui rendit l'arrêt dans ses assises de la Pen- suivant [ihii. p. ^83 ; original, J. 338, n. 6), & tecôte Iî58. (Boutaric, Actes du Parlement, t. i, remercia le roi d'avoir terminé cette affaire en sa p. 20, n. 242.) L'arrêt fut approuvé par le roi, faveur. Lennin de Tillemont remarque avec raimais après plus d'une année de retard, en juillet son [ut supra) que les légistes de Louis IX ne I 2.59. Louis IX renonça au droit d' prendre pos- paraissent pas avoir connu certain acte de 1212, session, pendant la vacance «iu siège, du palais qu'il indique, acte qui aurait pu donner gain de épiscopnl & des châteaux situés hors du chef-lieu cause au roi. — La question ne fut pas réglée du diocèse, & reconnut que le chapitre n'était définitivement par cet arrêt de 1258, & nous point obligé de lui notifier la mort de l'évêque & verrons plus tard que les démêlés se renouvelèrent de lui demander la permission de procéder à une en 1295 8c 1296 & même en i326. [A. M.] nouvelleelection.il retint seulement le droit de ' Gissey, Histoire du Puy, p. 390. — Gallin réclamer la remise temporaire ratione dominii , Ckristiana, nov. éd. t. 2, p. 7l5. pour raison de suzeraineté, des fortifications de la ' Manuscrits de Coliert, n. 2670. [Cf. lat. 9778, cité, & celui d'y exercer jure regalium, par droit f° loû i.]

de régale, pendant la vacance du siège, la juri- ' Voyez tome VIII, Chartes, n.CCCX,cc. 1344,

diction temporelle, d'y percevoir les péages, &c. 1345.

(Copie, J. 338, n. 6j Teulet, t. 3, pp. .474, 475.) * Concilia, t. 11, c. 722 & seq.

An 1264

y ajoutèrent quelque chose par rapport aux circonstances présentes. 2° Pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique & régulière. On y ordonna entre autres de tenir un double registre de l'inquisition & de garderies deux originaux séparément dans des lieux sûrs; de construire des prisons dans chaque diocèse pour y mettre les hérétiques qui seroient condamnés à y être renfermés; d'exhumer & de brûler les ossem'ens de ceux qui étoient morts dans l'hérésie, &c. On défendit aux juifs de porter des chapes rondes, afin qu'on ne les confondît pas avec les chrétiens; on leur ordonna, pour se distinguer, de porter sur la poitrine une roue d'un doigt d'épaisseur 8<. d'une palme de diamètre. On y défendit enfin de lever de nouveaux péages. Ce concile est postérieur à la mort du pape Innocent IV, qui y est qualifié de bonne mémoire dans le trente-cinquième canon & qui décéda le 7 de décembre de l'an 1264. Ainsi s'il fut tenu cette année, comme on le prétend', ce fut durant le carême de l'an i255, qu'on ne comptoit encore alors que 1254, à commencer à l'Incarnation. On doit conclure de là que Durand, évêque d'Albi, n'y assista pas, puisqu'il mourut^ le vendredi avant la Saint-Laurent de l'an 1254. Bernard de Combret, prévôt de la cathédrale, lui succéda & fut élu le lendemain.

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