‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 298 sur 342 · XXXVIII. — Archevêques de Narbonne. — Évêques du Puy · texte numérisé non relu

XXXVIII. — Archevêques de Narbonne. — Évêques du Puy

Guillaume de la Brouë, archevêque de Narbonne, 8c Armand de Polignac, évêque du Puy, moururent en 125/, le premier le 26 de juillet, 8c l'autre au mois de juin de cette année. Le chapitre de Narbonne élut pour archevêque Jacques, auparavant abbé de Saint-Aphrodise de Béziers, 8c le célèbre^ Gui Fulcodi, qui fut depuis pape sous le nom de Clément IV, succéda à Armand de Polignac. On ne marque pas le jour de l'élection de Gui ; mais il n'étoit encore (\\x'élu au mois de janvier de l'année suivante, lorsque le roi

' Plusieurs de ces noms de lieux ont été mal orthographiés par dom Vaissete; en Toici les formes exactes : Sa'intc-Vali'ere, Aude, arrondissement de Narbonne. — Coursavi, Pyrénées-Orientales, arrondissement de Cérct. — Taur't^Cj Aude, arrondissement de Carcassonne. — Brentic, Aude, arrondissement de Limoux. — Pcxiora, Ai.de, nrror.dissement de Castelnaudary. [A. M.]

' Sur les rentes faites par Olivier de Termes à Fontfroide, on peut consulter Cauvet, Etude historique sur Fontfroide, pp. 3i5, 337, ^97 ^ passim. On y trouvera l'histoire de chacun des domaines cédés par ce chevalier. On peut encore consul:er le mss. latin 9996, passim & MahuI, t. 4 & j, passim. Dom Vaissete a publié de son côté les lettres de Louis IX autorisant Olivier de Termes à vendre ses domaines (Cf. tome VIII, ce. 1473 & 1474); le roi se réserva le droit de choisir les lieux 81 domaines qu'il jugerait utile d'acquérir

pour son compte. C'est ainsi qu'il acheta le château d'Aguilar moyennant trois mille trois cent vingt livres tournois. {IbiJ.) Olivier de Termes vendit une autre partie de ses domaines à Pierre de Voisins {lettre de Louis IX, du 1 o octobre 1 260 ; tome^'III, c. 147.")); Alfonse de Poitiers l'autorisa en même temps à vendre ce qu'il possédait à Villepinte à l'abbé de Sorèze, jusqu'à concurrence d'un revenu annuel de vingt-cinq livres tournois [Ihid. c. 1476); ce prince approuva même d'avance toutes les ventes qu'il pouvait conclure avec ses vassaux nobles, tels que Pierre de Voisins, Lambert de Limoux, Philippe de Monifort & Gui de Mirepoix. {Ihid. c. 1477.) (A. M.]

' Sanuto, 1. 3, part, ii, c. 7.

^ Gesta Ludovici IX, p. 391.

'' Sanuto, 1. 3, part. 12, ce. 12 & 14.

^ Gallta Christiana, nov ci. t. 2, p. 716 & seq.

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An 1107

saint Louis, par une ordonnance' qu'il adressa à tous ses sujets du diocèse du Puy, défendit les guerres privées, avec ordre au sénéchal de Beaucaire d'y tenir la main.

XXXIX. — Inquisiteurs de la foi de Toulouse 6- de Carcassonne,

Alfonse, frère de saint Louis, donna de nouvelles preuves de son zèle pour l'extirpation de l'hérésie dans une ordonnance qu'il fit dresser, à Vincennes, au mois de mars de l'an I256 (iiSy)^. Il déclara que tous ceux qui seroient élevés dans la suite à la dignité de sénéchal, de consul ou de viguier, dans son comté de Toulouse ou dans les pays voisins, seroient tenus de faire serment entre les mains des inquisiteurs de la foi, qu'ils poursuivroient les hérétiques 8t les feroient emprisonner; il ordonna aussi aux baillis inférieurs de prêter un semblable serment. Les inquisiteurs consultèrent^ quelqties temps après le pape Alexandre IV sur plusieurs difficultés qu'ils rencontroient dans l'exercice de leur charge. Le pape répondit à leurs questions, le 3 de décembre de l'an i^Sy, par une bulle qui est conçue à peu près dans An 12:18 les mêmes termes que celle qu'il adressa, l'année suivante, aux frères mineurs d'Italie, touchant les mêmes difficultés. Enfin le roi, après avoir mis sous sa sauvegarde'* les inquisiteurs de Carcassonne, au mois d'octobre de l'année suivante, enjoignit au sénéchal de cette ville de faire continuer la construction des prisons pour y renfermer les hérétiques, & ordonna aux seigneurs hauts justiciers^, qui avoient droit de confiscation pour fait d'hérésie, de pourvoir à la subsistance des emmurés de leurs terres, avec défense à eux de mettre dans les charges publiques ceux qui étoient suspects^.

XL. — Traités entre les rois de France &■ d'Aragon touchant la souveraineté sur la Catalogne, les comtés de Carcassonne 0 de Ra-^ès, Syc.

Le roi termina enfin, en i258, les différends qu'il avoit depuis longtemps avec Jacques, roi d'Aragon, touchant la souveraineté sur la Catalogne 8c le

• Li:\u!iere, 'jraonranccs, t. i, p. oj. i\ainaua ae i^narires « son collègue, jean ae 'Voyez tome VIII, Chartes, n. CCCXXIV, Saint-Pierre, eurent des scrupules & se demandè-

cc. 1412, 1413. rent si une pareille conduite était bien régulière,

' Archives de l'Inquisition de Carcassonne. & s'il n'y avait pas empiétement du pouvoir civil

* Raynaldi, année 1208, n. 23. sur l'ecclésiastique. Mais on leur objecta que c'é- ' Voyez tome VIII, Chartes, n. CCCXXIX , tait le seul moyen de réduire l'hérésie, que s'ils

ce. 1435, 1436. reprenaient les anciens errements, on pourrait les " Une lettre de l'inquisiteur Rainaud de Char- accuser d'avoir affaibli l'autorité de l'inquisition, très, à Alfonse de Poitiers, du commencement de Ils prirent donc conseil des clercs du comte & il l'année 1267 (Cf. tome VIII, ce. 1409, 1410), fut décidé que l'on en référerait au pape. On dut nous révèle un abus dont les officiers du comte & surseoir à l'exécution de toutes les sentences, en les inquisiteurs, prédécesseurs de Rainaud, se ren- attendant la réponse de la curie. — Le zèle des daient coupables. Quand le tribunal avait con- officiers d'Alfonse, ce qui rend la chose encore damné un hérétique à la prison perpétuelle, les plus odieuse, s'il est possible, avait une cause des officiers laïques le faisaient brûler, & les inquisi- plus misérables; les biens des hérétiques conteurs ne s'y opposaient ni dénonçaient le fait. damnés au feu appartenaient au seigneur, & c'é-

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Roussillon, que ce dernier ou ses prédécesseurs avoient usurpée à son préjudice, Jacques, de son côté, avoit des prétentions sur divers domaines de la Province ou des pays voisins, dont le roi étoit en possession. On a déjà vu que les deux rois avoient passé à ce sujet un compromis qui n avoit servi de rien. Ils reprirent les négociations, St Jacques donna procuration', à Tortose, le 14 de mars de Tan iiSy (i258), à Arnaud, évêque de Barcelone, Guillaume, prieur de Sainte-Marie de Corneillan, & Guillaume de Roquefeuil, son lieutenant à Montpellier, pour se rendre en qualité de ses ambassadeurs à la cour de France & y terminer cette affaire. Il leur donna pouvoir en même temps, par un acte séparé^, de conclure le mariage de sa fille Isabelle avec Philippe second fils du roi.

La Cour étoit à Corbeil, au diocèse de Paris, lorsque les ambassadeurs d'Aragon y arrivèrent. Ils convinrent^ avec le roi Louis IX des articles suivans, le 1 1 de mai de l'an i258 : 1° Ce prince céda au roi Jacques & à ses successeurs tous les droits qu'il avoit sur les comtés de Barcelone, Urgel, Besalu, Roussillon, Empurias, Cerdagne, Confiant, Girone 8c Ausone. 2° Jacques céda à son tour à Louis & à ses successeurs tous les droits qu'il prétendoit « sur la ville Si le pays de Carcassonne Si de Carcasses; sur la « ville 81 le pays de Razès; sur les villes 81 le pays de Laurac 81 de Laura- « gais; de Termes Si de Termenois; de Béziers Si vicomte de Béziers; de « Minerve Si de Minervois; d'Agde 81 d'Agadois; d'Albi 81 d'Albigeois, de « Rodez Si de Rouergue ; de Cahors Si de Querci ; de Narbonne Si de duché « de Narbonne; de Puylaurens, de Quéribus, de Castelfisel 81 de Sault; de « Fenouillet 81 de Fenouillèdes; de Pierrepertuse 81 de Pierrepertusès; de « Millau 81 de comté de Millau; de Gévaudan , de Grèzes 81 de vicomte « de Grèzes; de Nimes Si de Nemausois; de Toulouse 81 de comté de Tou- « louse 8c de Saint-Gilles; 81 enfin sur tous les domaines qui avoient apparie tenu à feu Raimond, comte de Toulouse. » Le j)ays de Foix est compris dans le préambule du traité, entre ceux sur lesquels le roi d'Aragon avoit des prétentions; mais il n'en est rien dit dans l'article de la cession qu'il fit de tous ces pays au roi. 3° On convint que s'il se trouvoit quelques fiefs dépendans du pays de Fenouillèdes dans les comtés de Roussillon 81 de Besalu ou dans les autres comtés cédés par Louis à Jacques, ils demeure» roient entièrement à ce dernier; de même que les fiefs dépendans des mêmes comtés, qui se trouveroient dans le Fenouillèdes, appartiendroient à Louis. 4° Jacques céda à Louis la ville de Millau Si son comté pour les posséder de

tait là une source de revenus toute trouvée. Au ' Trésor des chartes, Montpellier, sac 2, rt. 27.

sujet de ces revenus, qui donnaient lieu à une [Original, J. Ô89, n. :>; Teulet, t. 3, pp. 405-408. J

comptabilité spéciale, on peut voir une instruc- — Cutsl, Mémoires de l'histoire du Languedoc, p. iç,

tion en français, d'Alfonse à Jacques du Bois, clerc — Marca Hispanica, c. 1444 & seq. — La Chaise,

pour le fait d'hérésie. (Cf tome VIII, ce. 14")3, Hiitoire de saint Louis, 1. 11, n. 21. — [Lenain

1454.) [A. M.] deïillemont, t. 3, pp. i37 à 144 ) on peut corriger

■Voyez tome VIII, Chartes, n. CCCXXVII, les erreurs historiques de cet auteur au moyen du

ce. 1429, 1430. récit de dom V.iisset».]

' D'Achéry, Spicihgium, t. 12, p. 586.

An lî'ti

la même manière que ce dernier prince & les siens les possédoient, avec une entière cession du droit de rachat, tant du même comté de Millau que de la vicomte de Grèies (ou de Gévaudan)j que feu Pierre, roi d'Aragon, son père, avoit engagés à Raimond VI, comte de Toulouse. 5° Enfin Jacques céda à Louis tout le droit qu'il pouvoit prétendre sur la ville 5c le comté de Toulouse, le comté de Saint-Gilles, l'Agenois & le Venaissin, & sur tous les autres domaines qui avoient appartenu à feu Raimond, comte de Toulouse. Les princes Louis & Philippe', fils du roi de France, furent présens à ce traité, avec l'évêque d'Apt, Raimond-Gaucelin, seigneur de Lunel, Simon, sire de Nesle, le connétable de France, &c. Le roi d'Aragon le ratifia* à Barcelone, le 16 du mois de juillet suivant, en présence d'Arnaud, évêque de Barcelone, du même Raimond-Gaucelin, seigneur de Lunel, Gautier de Pins, Guillaume de Roquefeuil, Guillaume de Montclus 8c divers autres seigneurs de sa cour. Nous comprenons par-là que le seigneur de Lunel, qui avoit été présent au traité, fut envoyé par le roi en qualité de son ambassadeur ou plénipotentiaire auprès du roi d'Aragon pour en obtenir la ratification de ce prince de même que du traité de mariage qui fut conclu alors^ entre Isabelle d'Aragon 8c Philippe, second fils du roi; mais comme l'un 8c l'autre n'avoient pas encore atteint l'âge compétent, il ne fut célébré^ que quatre ans après ; cette célébration donna occasion aux deux rois de confirmer le traité, dont quelques modernes rapportent ^ des circonstances fabuleuses.

Quant à l'avantage réciproque que ces deux princes retirèrent de cet accord, par la cession qu'ils se firent l'un à l'autre, les historiens ^ sont fort partagés. Les François conviennent tous, 8c cela est hors de doute, que les droits de Louis à la souveraineté sur la Catalogne Se sur le Roussillon étoient incontestables; mais les uns assurent que ceux de Jacques sur les pays qu'il céda à la France étoient chimériques; tandis que les autres prétendent qu'ils n'étoient pas si mal fondés. Il paroît que les uns 8c les autres ne sont'^ pas assez au fait. Ce qu'il y a de certain, c'est que Jacques avoit des droits réels de suzeraineté sur les comtés de Carcassonne Se de Razès, sur le Lauragais 8c le Termenois, 8c sur le pays de Sault ; 8c, pour le domaine immédiat ou utile, sur les pays de Fenouillèdes 8c de Pierrepertuse , sans parler des vicomtes de Millau Se de Gévaudan qu'il étoit en droit de retirer, en payant le prix pour lequel le roi Pierre, son père, avoit donné ces deux vicomtes en engagement, en 1204, à Raimond VI, comte de Toulouse; mais pour tous les autres pays énoncés dans la transaction, il n'y avoit aucune prétention légitime. On peut juger par là si la cession fut égale de part Se d'autre, Si

' La Chaise, Histoire Je saint Louis, 1. i 1 , n, îl. ' D'AcIiéry, Spicileglum, t. Il, p. 586.

' Trésor des chartes, Montpellier, sac 2, n. 27. ' Gesta Ludovici IX, p. Syi & seq.

— [Original, J. 687, n. 7 ; Teulet, t. 3, pp. 422 ' Voyez tome VII, Note XXXIX, pp. 111 à 1 16.

à 42Ô.] — Caseneuve, Catalonia, p. iii. ^ [Sur * Ibid.

les différentes copies de ce traité conservées au ' Ihid, Trésor des chartes, cf. Teulet, t. 3, p. 420.]

An i2ji

si la souveraineté sur la Catalogne 6t le R.oussillon, que le roi de France céda à celui d'Aragon, valoit autant que les droits utiles 8c honorifiques que ce dernier céda à l'autre sur les pays dont on vient de parler, 8<. sur lesquels saint Louis avoit d'ailleurs la souveraineté. Ce dernier affermit du moins, par ce traité, son autorité dans les sénéchaussées de Beaucaire Se de Carcassonne, situées vers les frontières des Etats d'Aragon, & se délivra de la crainte que Jacques, qui étoit un prince belliqueux, ne portât la guerre dans la Province & ne l'inquiétât dans la possession de la plupart des pays qui composoient ces deux sénéchaussées. En un mot, il voulut prévenir tout sujet de querelle & de dispute entre les deux couronnes'. Jacques ne conserva ainsi, en deçà des Pyrénées, d'autre domaine que la seigneurie de Montpellier avec ses dépendances & la suzeraineté sur la vicomte de Carlad, en Auvergne, qu'il se ^ réserva, & qui faisoit partie du domaine des anciens vicomtes de , ff,°"'^ Millau, ses ancêtres maternels.

XLI. — Le roi d'Aragon va à Montpellier £,• pardonne aux hahltans

qui se soumettent.

Un autre avantage que le roi d'Aragon trouva dans le traité fut que le roi, qui jusqu'alors avoit paru favoriser la rébellion des habitans de Montpellier contre lui, ne les protégea plus; en sorte qu'ils furent obligés de se soumettre. Ils implorèrent, en effet bientôt après, la clémence de Jacques, & prièrent instamment ce prince de les honorer de sa présence. Jacques, s'étant laissé fléchir, arriva auprès^ de la ville, le lo de décembre de l'an i258. Gui Fulcodi, évêque du Puy, & Raymond Gaucelin, seigneur de Lunel, qui étoient à sa suite, & qu'il avoit admis dans son conseil, le supplièrent alors de pardonner à ces habitans, qui étoient venus au devant de lui & qui lui donnoient toute sorte de marques de respect, de soumission Si de repentir. Le roi leur accorda leur demande, 8c, avant que d'entrer dans la ville, il fit expédier un acte de rémission, daté le même jour, du plan (ou place) qui est devant les Frères Prêcheurs de Montpellier, o^i le peuple s'étoit assemblé en parlement par son ordre, en présence de l'archevêque de Narbonne, des évê-

' L'appréciation du traité de izâS par dom pour la France, qu'il préserva d'une guerre tou- V'aissete peut paraître erronée sur certains points. jours itnmincnie, en cédant des droits plus ou Quoique beaucoup plus récents que ceux du roi moins surannés, droits qu'il aurait été impossible Louis IX sur la Catilogne, les droits de Jacine sur de faire valoir avec quelque chance de succès. — les pays qu'il céda au roi de France par le traité Ct. à ce sujet de Tourtoulon, t. 2, pp. 3i6 à 3i8. de Corbeil, n'en étaient pas moins incontestables. Ainsi que le remarque cet auteur, le traité de Cor- Le» uns comme les autres étaient plus ou moins bcil achevait l'œuvre du traité de Paris de 1229, fondés; mais en cas de guerre Tacme aurait trouvé & enlevait tout appui étranger aux derniers dédans le mécontenteir.en! d'une partie de la no- fenseurs de l'indépendance méridionale. [A. M.) blesse méridionale un appui qui eût manqué à ' La Chaise, Histoire de :ant louis, \. 1 1 ,n. zi . Louis IX en Catalogne. Ajoutons que l'acqulsi- — [Cf. Lenain deTillemont, m 'upra.] tion de Millau & de la vicomte de Cariât n'était ^ Catiel, Séries praesulum Magalonimium, p. 33o pas sans importance. Aussi l'acte de 1 2 j8 peut-il & seq. — Thalamus de Montpellier. [E.it. de la être regardé en somme comme fort avantageux Société archéologique, p. 27.]

p. .pyi.

Ail i;j3

ques du Puy, de Barcelone, d'Elne, de Rodez &. de Maguelonne'. Jacques fit ensuite son entrée solennelle dans Montpellier, &c vécut depuis en bonne amitié avec les habitans. Il étoit encore dans cette ville ^, le 26 de février de Tan 12095 il n'y fit peut-être un si long séjour que parce qu'il eut, cette dernière année, quelque nouveau sujet de dispute avec le roi de France ; car celui-ci fit défense^ à ses sujets de la sénéchaussée de Beaucaire de porter des vivres à Montpellier Se dans les autres domaines de Jacques; mais la paix fut bientôt rétablie entre les deux rois; saint Louis donna main-levée de cette défense, au mois d'octobre de l'an 1259, 81 lé sénéchal la signifia aux trois ordres du pays.

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