‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 306 sur 342 · LXXV. — Seigneurs de Mirepoix. — Èvêques de Carcassonne · texte numérisé non relu

LXXV. — Seigneurs de Mirepoix. — Èvêques de Carcassonne

Cette assemblée se tint à Carcassonne dans la maison du maréchal, c'est-àdire de Gui de Lévis ou de Levies, qui se qualifie maréchal d'Albigeois & seigneur de Mirepoix, dans une donation^ qu'il fit, le i5 d'octobre suivant, au monastère de Prouiile, pour le soulagement de feu Gui, son père, d'illustre mémoire, de teue Jeanne, sa mère, d'Isabelle, sa femme, 81 de leurs Édoiigin.

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enrans. L-e môme-' maréchal a Albigeois tut rétabli au parlement que le roi tint à la Chandeleur de l'année suivante, dans la possession d'avoir un juge d'appeaux 81 de faire brûler les hérétiques de ses terres condamnés au feu par les inquisiteurs'*. Quant à l'évêque élu de Carcassonne, qui assista à

' Les décisions de ces assemblées n'étaient pas toujours très-faciles à exécuter. Ainsi une assemblée, tenue probablement au commencement de 1270, par G. de Colletrio, viguier de Bézters, & dont les décisions avaient été approuvées par Guillaume de Cohiirdon, avait permis l'exporiation du blé à destination d'Algues-mories & de ia Terre- Sjinte (flvf passagium îransmarmum), Maurin, archevêque de Narbonne, le vicomte Amauri & les consuls de la ville voulurent empêcher le départ de plusieurs vaisseaux pour cette destination. La Cour du roi à Béziers leur intenta un procès, & ils durent reconnaître qu'ils n'avaient point le droit de faire seuls une pareille interdiction. L'acte est du 4 décembre 1270. (Trésor des chartes. J. 3 = 8, n. 79.) [A. M.)

* Archives du monastère de Prouiile.

' Registre Olim. — Cf. Boutaric, Actes du Parlement, t. I, p. 1^2, n. 1480; arrêt relatif au droit de briiUr des hérétiques. L'arrêt relatif au

droit d'avoir un juge d'appeaux ne se retrouve pas dans les Olim. Nous trouvons seulement, ut supra, p. i3i, n. 1479, un arrêt ordonnant la restitution au sire de Mirepoix de monnaies prohibées qu'il avait fait saisir, & qui provenaient soi-disant d'une prise faite par des Marseillais aux Pisans en pleine mer. Le sénéchal de Carc.issonne avait fait arrêter les officiers de ce seigneur & les avait forcés à livrer ces monnaies. L'arrêt relatif aux hérétiques fut exécuté, le 18 mars suivant, par Guillaume de Cohardon, qui ordonna de rendre au seigneur de Mirepoix les ossements de neuf hérétiques de sa juridiction, brûlés à Carcassonne. La restitution définitive n'eut lieu que le 20 mars 1271. Cf. tome VIII, ce. 1674 à 1676, où nous publions cette pièce d'après l'original, conservé aux archives du château de Léran. [A. M.]

* Quelque temps auparavant le seigneur de Mirepoix avait eu des querelles avec les habitants de Gaja &. de Plaigne, villages situés dans le comt^

An 126^ y '

l'assemblée

Capendu, 8c avoit succédé depuis peu à Guillaume Radulfe, qui avoit succédé

lui-même à Guillaume-Arnaud, mort en iiSS*.

des trois états tenue en cette ville, il étoit de la maison de

LXXVI. — Jacques , roi d' Aragon, se met en mer pour la Terre-Sainte. Il relâche à Aigues-mortes 6- abandonne le dessein de ce voyage.

Le roi faisoit cependant de grands préparatifs pour son voyage de la Terre- Sainte & excitoit les autres potentats à suivre son exemple. 11 souhaitoit surtout avoir pour associé dans cette expédition Jacques, roi d'Aragon, à cause de la réputation de valeur que ce prince s'étoit acquise 8<. de son expérience dans l'art militaire. Jacques seconda les vœux de Louis 8<. il se croisa ^ avec la principale noblesse de ses États. Il équipa une flotte à Barcelone, d'où il fit voile, le 4 de septembre de Tan 12695 mais il fut surpris trois à quatre jours après d'une si violente tempête que toute cette flotte fut dispersée. Deux de ses vaisseaux, sur lesquels deux de ses fils naturels s'étoient embarqués, furent portés vers le Levant 8c abordèrent enfin au port d'Acre ; quelques autres, 8<. en particulier celui que le prince montoit, furent obligés de relâcher au port d'Aigues-mortes d'où il se rendit à Notre-Dame de Vauvert, dans le diocèse de Nimes, pour y rendre à Dieu des actions de grâces d'avoir été délivré d'un péril si éminent. Bérenger, évêque de Maguelonne, (S- le fils de Raimond-Gaucelin, c'est-à-dire Rousselin, fils du seigneur de Lunel,

de Toulouse, & Alfonse ordonna au sénéchal de Toulouse de lui faire rendre justice. (Mandement du 17 juin 1268, tome VIII, c. ifiSç.) De leur côté les habitants de ces deux localités se plaignirent du maréchal, & au mois de novembre suivant, nouveau mandement du comte donné dans un sens contraire; Alfonse y invite le sénéchal de Toulouse à demander l'intervention de celui de Carcassonne. (Cf. tome VIII, ce. 1644, 1645.) Les torts, du reste, devaient être réciproques. En décembre 1268, l'affaire avait été confiée à Eudes de la Montonière & à Barthélémy de Landreville, qui durent faire une enquête. (Ihld. ce. 1648, 1(549.) Nous ne savons au juste quels en furent les résultats; mais nous voyons en septembre 1 269 les habitants de ces deux villages, réunis à ceux de plusieurs autres, envahir la terre de Mirepoix, y commettre toute sorte de dégâts, enlever les troupe.uix, piller les habitations, &c. [IbiJ. ce. 1687, 1688.) [A. M.]

' De 'Vie, Hhtorla episcoporum Carcassonensium , ■p, 106 & seq. — Il était évêque dès le 19 septembre 1265. En janvier 1267, son élection n'avait pas encore été confirmée par le pape, & Alfonse de Poitiers écrivait à Clément IV à ce sujet. (Latin 10918, f° 29.) [A. M.]

' Durant cette année 1269, Alfonse écrivit de

nombreux mandements pour les affaires du Languedoc. Tels sont ceux qui se rapportent à l'abbé de Gaillac. Ce prélat avait à se plaindre des bourgeois de la ville qui s'étaient insurgés contre lui ; il y avait eu enquête, mais aucune décision judiciaire n'était intervenue. Alfonse chargea le sénéchal de Toulouse de régler cette affaire. (Tome VIII, c. i683.) Quelques jours plus tard ce prince écrivit au même officier en faveur de l'abbé; celui-ci prétendait avoir le droit de nommer les sergents dans la ville de Gaillac, de concert avec les bailes du comte. Alfonse ordonna de faire enquête & de lui restituer ce droit, s'il pouvait prouver la vérité de ses assertions. [Ibid. c. i685.) — L'insurrection des bourgeois de Gaillac fut, paraît-il, assez difficile à apaiser. En décembre 1 26c, Alfonse dut ordonner au sénéchal d'envoyer à l'abbaye un de ses sergents, pour bien marquer qu'elle était sons la protection du comte. L'instigateur de cette émeute était un moine, nommé Pierre Arnaud, qui avait trouvé des amis parmi les laïques; Alfonse leur fit défendre par son sénéchal de lui prêter aucun secours, (llii. ce. 1690, 1691.) [A. M.] ' Chronica 0 cowmcrîarl ttel rey en Jacme , liel passctgio en ultramar, c. 8 & suiv. — Guillaume de Puylaurens, c. 5o. — Zurita, Anales de la corona de Arcgon, 1. 3, c. 74.

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y An I20p

furent le trouver pour lui offrir leurs services Se promirent de l'accompagner à la Terre-Sainte; le premier avec dix chevaliers, Se l'autre avec vingt, Jacques accepta leurs offres Se alla ensuite à Montpellier, d'où les consuls envoyèrent soixante cavaliers à sa rencontre pour le recevoir. Il demanda du secours aux habitans de cette ville pour le passage d'outre-mer; ils lui promirent soixante mille sols tournois, s'il faisoit le voyage. Enfin il repassa au delà des Pyrénées Si assista peu de temps après, à Burgos, aux noces de l'infant Ferdinand de Castille, son petit-fils, avec Blanche, fille du roi saint Louis. Ce mariage fut par conséquent célébré en 1269 Se non en 1268, comme un nouvel historien espagnol le prétend '. Jacques ne songea plus depuis à son voyage de la Terre-Sainte ; on ^ assure que ce fut une maîtresse qui l'en détourna^.

LXXVII. — Arrivée du roi saint Louis à Aigties-mortes } il y séjourne deux mois ou dans le voisinage.

Le roi Louis IX ayant disposé toutes choses "* pour son départ, nomma pour gouverner le royaume pendant son absence Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis, Se Simon, sire de Nesle. Il avoit ordonné de faire au port d'Aigues-mortes, où il devoit s'embarquer, toutes les provisions nécessaires de guerre & de bouche, & d'y rassembler un nombre suffisant de vaisseaux, dont les Génois dévoient lui fournir la plus grande partie. Il reçut, le 14 de mars de l'an 1270, dans l'église de Saint-Denis, des mains du légat, le ;^„ ^ bourdon de pèlerin, Se partit ensuite avec les princes, ses fils, Si une partie des croisés. II prit sa route par la Bourgogne 61 le Lyonnois, vint à Beaucaire Si se rendit à Aigues-mortes où il avoit donné rendez-vous aux croisés pour le commencement de mai ; mais la flotte ne s'étant pas trouvée prête, il fut obligé de séjourner près de deux mois ou dans cette ville ou aux environs. Les croisés qui étoient déjà arrivés ou qui arrivèrent dans la suite furent aussi contraints de se disperser dans le voisinage pour subsister, à cause de leur grand nombre^.

' Ferreras, année 1168, n. 2, ancienne maîtresse, Térésa Gil, à laquelle il

* Guillaume de Puylaurens, c. 5o. avait jadis promis mariage. Il prétendait qu'elle

' Ce fut du moins l'opinion courante au trei- était attaquée de la lèpre, & Clément IV refusait

zième siècle; une chronique italienne contem- d'annuler ce mariage pour cette raison toute ma-

poraine, dont on trouvera un fragment dans le térielle. Jacrae continuant à garder dona Eeren-

BuUetin de la langue, de l'histoire Sr des arts de guela avec lui, le souverain pontife lui avait re-

la Franct, t. 3, p. 193, dit bien que Jacme ne proche son inceste; mais ses représentations

put rejoindre Louis IX propter ferocitatem maris, étaient restées inutiles. [A. M.]

mais le continuateur de Guillaume de Tyr affirme * Gesta Ludoviei IX, p. 384.

qu'il ne voulut repiendre U mer po l'amor de ' Parmi les chevalieis qui prirent part à cette

sa mie dame Berenguicre (De Touitoulon, t. 2, expédition, & que Louis IX prit à sa solde^

pp. 398, 399.) En effets lacme avait contracté on remarque lei suivants, qui sont du midi .

une union illégitime avec Berenguela Alonso, Lambert de Limoux avec dix chevaliers, Girard

union que le pape Clément IV avait refusé d'ap- de Capendu avec quinze, Raimond Aban avec

prouver. Ayant perdu sa femme la reine Yolande, cinq, le maréchal de Mirepoix, Guillaume de Car-

Jatme avait refusé de prendre pour femme une done, Pierre Rambaus, parent du feu pape Clé-

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.•1.1 ii;o .'

11 nous reste plusieurs chartes de faint Louis ' pendant cet intervalle; elles nous apprennent que ce prince étoit à Sommières, le jeudi après l'invention de la sainte Croix. (8 de mai), & à Nimes c|uatre ]ours après. Il déclara à Aigues-mortes^, le jeudi avant l'Ascension (i5 de mai), que le don gratuit de mille livres tournois, que les habitans de la cité & du bourg de Narbonne avoient promis à ses commissaires pour son passage d'outre-mer, ne tireroit pas à conséquence. Il étoit retourné ^ à Nimes, le 23 de mai, 8t il célébra'* la fête de la Pentecôte, qui tomboit le i" de juin, dans l'abbaye de Saint- Gilles, où il tint une cour plénière^. Il retourna à Aigues-mortes où il assigna^, le 12 de juin, douze deniers par jour à Colin, son maître d'artillerie du château de Carcassonne ; puis il revint au mois de juin'^ à Nimes où il accorda un diplôme en faveur de Bernard de Combret, évêque d'Albi, qui i':d orisin. étoit présent. Il retourna enfin à Aigues-mortes & v publia, le 25 de ce

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