‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 322 sur 342 · CI. — Habits, noces, funérailles · texte numérisé non relu

CI. — Habits, noces, funérailles

Il nous reste plusieurs monumens qui font mention de la manière dont les peuples du pays étoient habillés au treizième siècle. Le maréchal d'Arles i^, qui écrivoit au commencement de ce siècle, témoigne que de son temps les peuples de la Narbonnoise, hommes Se femmes, au lieu des toges fort amples qu'ils portoient anciennement. Se qui avoient fait donner à la Province le nom de Togata, se servoient de vêtemens extrêmement serrés Se à pli de corps, comme les Espagnols & les Gascons. Suivant Pvigord, natifs du pays,

• Ducliesne, HistorUe Francorum scr'iptores, t. 5, publié, p. 294, la vie du moine àe Montaudon,

p. I • &, p. 3o6, celle de Pierre Cardinal. On trouvera

' Manuscrits français, n. 722;). [Fr. 804.] au même endroit douze des plus célèbres pièces de

' Manuscrits français, n. 722$. ce dernier poëte. [A. M.]

^ Nostradnraus, Poètes provençaux, p. 177 81 suiv. "^ Gervnis de Tilbury, Otia imperialia, p. 514.

' Rochegude, dans son Parnasse Occitanien, a ' Rigord, p. 12.

-' ' ' An 1271

qui éciivoit vers le inêine temps, les hommes se couvroient la tête avec des capuchons. On peut voir dans Geoffroi, moine de Vigeois', en Limousin, quelle étoit, à la fin du douzième siècle, la somptuosité des habits des seigneurs Se des dames, Se le luxe qui régnoit alors en France. Il parle aussi de la manière dont s'habilloient de son temps les religieux de l'ordre de Saint- Benoît. Il remarque qu'autrefois on portoit la barbe, mais qu'alors on la rasoit j que les tourrures étoient fort en usage, Sec. Le concile tenu à Montpellier^, en 1195, défend aux hommes de porter des habits fendus par en bas, 8<. aux femmes des robes traînantes.

Les habitans de Toulouse firent un règlement^, en 1204, pour défendre aux jongleurs 8c aux jongleuses d'entrer dans les maisons, excepté durant les noces, sans la permission du maître ou de la maîtresse; S<. à toute sorte de personnes, excepté au père, à la mère, aux fils, aux filles, aux frères S< aux sœurs, au mari & à la femme du mort, de le faire conduire S<: soutenir par d'autres aux funérailles, 8t k tous en général de s'égratigner le visage avec les ongles, de s'arracher les cheveux, de se déchirer les habits S<. de se renverser par terre dans une semblable occasion. C'étoit un usage'* ancien à Montpellier, au milieu du treizième siècle, de porter les morts au tombeau dans leurs lits de parade, & ces lits appartenoient au curé.

en. — Notaires publics, — Chronologie,

Les notaires publics, que quelques princes 8< grands seigneurs avoient commencé d'établir dans leurs domaines au douzième siècle, devinrent communs dans le suivant, Se presque tous les hauts justiciers, soit ecclésiastiques, soit laïques, se crurent en droit d'en instituer. Ainsi la plupart des actes du ,.'ni°p."5"j. treizième siècle furent passés par le ministère de ces notaires, qui ne les signoient pas ordinairement. Les parties se contentoient, pour l'authenticité, d'y apposer leurs sceaux St d'en faire mention à la fin de l'acte, après avoir nommé les témoins qui avoient été présens. Il ne paroît pas non plus que les notaires aient gardé les minutes de leurs expéditions avant le milieu du treizième siècle; ils les délivroient aux parties en original, Se en faisoient deux ou plusieurs exemplaires, suivant le nombre des parties, &, pour éviter toute fraude, ils écrivoient les deux exeinplaires, un de cliac|ue côté du parchemin, & mettoient dans le blanc qui étoit au milieu les lettres de l'alphabet en grandes capitales. Ils coupoient ensuite ce parchemin par le milieu de ces lettres capitales. On appeloit ces sortes de charte?, dont l'usage étoit déjà établi dans les siècles précédens, des chartes divisées par l'alphabet.

Quant à la chronologie, quoique l'usage de ne commencer l'année qu'à Pâques ou à l'Incarnation, fût presque général dans tout le royaume au treizième siècle, il y eut cependant certains cantons de la Province, comme les

' Geoffroy de Vigeois, d.nns Labbe, Nova Bihlio- ' Catel, Histoire Jcs comtes Je Tolose, p. 2i3 &

thcca manuicr'tptorum, t. 2, p. 328. suiv.

' Bal-.ize, Concilia Galliac Narèoncniis, p. 36. * Clément IV, Epist. 668.

g3o .HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XXVI.

diocèses de Narboiine, de Béziers S<. de Caicassonne, & le pays de Foix, où on datoit plus communément de la Nativité de Notre-Seigneur. On trouve même souvent dans le même pays des chartes datées les unes de la Nativité Se les autres de l'Incarnation, comme nous avons eu soi:; de le faire observer en plusieurs occasions.

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