‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 5)Chapitre 321 sur 342 · C. — Études, universités, poésie provençale · texte numérisé non relu

C. — Études, universités, poésie provençale

Les études furent beaucoup plus florissantes dans la Province durant le treizième siècle, par l'établissement des universités de Toulouse 8c de Montpellier, qu'elles ne l'avoient été pendant les trois précédens. La médecine, qu'on avoit commencé d'enseigner longtemps auparavant dans la première de ces deux villes, fut toujours cultivée ^ depuis, 8c cette faculté v prit^ une '-^ ,• °' 'i'','-,

. ' . ^ t. ili, p. 33J.

nouvelle forme, en 1220, par les soins du cardinal Conrad, légat dans la Province; on enseigna de plus dans ces deux universités, dès le treizième

gorienne & inême une certaine monnaie à carac- ' Trésor des chartes ; Toulouse, sac i3, n. Sz.—

tères arabes dont Louis IX ordonna à Alfoiise Voyez tome VIII, Chartes, n. CLVI, c. 797.

d'interdire la circulation. (Boutaric, p. 217.) Cette ' Voyez tome VIII, Chartes, n. CCXCV, c. 1297

monnaie était probablement émise par les évêques & suiv. — Catel, Histoire des comtes de Tolose,

de Maguelonne, comme comtes de Melgueil, & p. 389 & suiv.

Clément IV fit à ce sujît de graves reproches à ' Gallia Christiana, nov. éd. t. 6, Iiistr. c. 144

l'évêque dans une bulle datée du 26 septembre & suiv.

1263. Cf. à ce sujet Germain, Mémoire sur les an- . ^ Clément IV, Epist. 877. — Gaixtl, Séries prae-

ciennes monnaies seigneuriales de Melgueil. (^Société sulum Magalonensium , p. 388. [Voir plus haut.]

archéolo^iijue Je Montpellier, n. 19, pp. i(5o à ^Matthieu Paris, p. 891.

162.) (A. M.] '' Caùel, Séries praesulum M,Tgalonensium,\i, ^26.

An 1171 y'

siècle, la théologie scolastique, le droit canonique Se civil, les arts libéraux & la grammaire. On ne négligea pas aussi de s'appliquer à l'histoire, 8c la Province produisit dans ce siècle deux célèbres historiens, savoir : Rigord, religieux de Saint-Denis, auteur de la Vie du roi Philippe-Auguste, lequel se qualifie ' goth de naissance Se physicien ou médecin de profession, £< Guillaume de Puylaurens, chapelain ou aumônier de Raimond VII, comte de Toulouse.

La poésie provençale fut toujours en honneur dans le pays, nonobstant les troubles que la guerre des albigeois y causa. Nous avons déjà fait mention de divers poètes qui s'y rendirent célèbres durant ce siècle; on peut y ajouter de plus : 1° Pierre d'Auvergne, dit le moine de Montaudon, natif de Vie, en Auvergne, & religieux de l'abbaye d'Aurillac, qui, selon sa vie rapportée dans un ancien manuscrit^ de la Bibliothèque du roi, « fut seigneur de la « cour du Puy-Sainte-Marie, & tint pendant longtemps cette seigneurie. « 2° Pierre Cardinal, natif de Veillac, au diocèse du Puy, fils d'un chevalier « du pays, Se chanoine de la cathédrale de cette ville, qui, après avoir appris, « dit-on^, les belles lettres, à lire &• à chanter, se mit dans la dévotion & fit « plusieurs sirventes pour reprendre la Jolie de ce monde 6" les faux clercs. « Il alla cependant par les cours des rois 6- des gentils-barons, menant avec « lui son jongleur, fut tort honoré de Jacques, roi d'Aragon, & mourut âgé « de cent ans. » Michel de la Tour, de qui nous tenons ces circonstances, marque dans le même manuscrit, qu'il transcrivit à Nimes, les poésies de Pierre Cardinal; elles consistent en cinquante sirventes 8c quatre sermons ou noëls provençaux. Nostradamus"* le fait natif d'un château, près de Beaucaire, nommé Argence : il n'y a jamais eu de château de ce nom auprès de Beaucaire, 8c c'est le pays même des environs qui s'appeloit le pays d'Argence. 11 rapporte quelques autres particularités de la vie de Pierre Cardinal, qui n'ont pas plus de certitude. Se le fait mourir en i3o6^.

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