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qui ont écrit sur la même matière, d'une partialité outrée pour leur secte, on ne sauroit excuser les catholiques de n'avoir pas été assez en garde contre Pierre de Vaux-Cernay, & d'avoir épousé trop aveuglément sa passion pour Simon de Montfort, & sa haine contre le comte de Toulouse & ses alliésj en sorte qu'ils sont, surtout le P. Langlois, des déclamateurs plutôt que des historiens. Pour nous, nous nous sommes efforcés de tenir un juste milieu, &., laissant les réflexions aux lecteurs, nous nous sommes attachés simplement à rapporter les faits & à ne rien avancer que sur do bons garants.
On trouvera peut-être que nous nous sommes trop étendus; mais comme on ne cherche, dans les histoires des provinces, que le détail qui manque dans l'histoire générale du royaume, nous avons cru devoir donner une certaine étendue à la narration. La matière est si vaste que nous avons été obligés de supprimer plusieurs faits moins importans, diverses circonstances, & une partie des actes que nous avions préparés pour les preuves, pour ne pas trop grossir le volume; aussi nous nous sommes contentés souvent de citera la marge les chartes, les archives & les manuscrits. Il est vrai que plusieurs personnes de lettres, qui font beaucoup de cas de ces sortes de monumens, auroient souhaité c,ue nous les eussions donnés, & ils nous ont pressés de n'y pas manquer; mais comme le plus grand nombre des lecteurs prend peu d'intérêt à ces sortes de recueils, & qu'accoutumés ou aux fictions poétiques ou à ces petits romans qui inondent le public depuis un certain temps, ils ne lisent que pour s'amuser, sans s'embarrasser de la vérité des faits & de remonter aux sources, nous avons cru devoir user de réserve, & nous en userons encore davantage dans la suite. Au reste, nous avons eu principalement en vue, dans les monumens que nous donnons, ceux qui intéressent l'ancienne noblesse de la Province.
On sait que l'usage du royaume, aux douzième & treizième siècles, étolt de commencer l'année à Pâques, & que les trois premiers mois de notre année étoicnt alors les derniers; cet usage n'étoit pas cependant universellement observé, ni dans les chartes, ni par les Auteurs'; & pour nous renfermer dans la Province, il y avoil quelques pays, comme le diocèse de Narbonne, le comté de Foix, &c., où ondatoit plus communément de la Nativité que de l'Incarnation. Dans d'autres cantons, on se servoit indifféremment des deux dates, quoique celle de l'Incarnation y fût plus usitée. Enfin on trouve quelques dates de l'Incarnation qui doivent être comptées depuis la Nativité, & quelques autres de la Nativité qui doivent être prises depuis l'Incarnation. Nous avons fait remarquer en quelques endroits cette variété de calcul; mais il eût été trop long & trop ennuyeux de l'observer toutes les fois; il suffit d'avertir ici, en général, que nous avons toujours adapté, autant qu'il nous a été possible, l'ancienne chronologie à la nouvelle, en commençant l'année au premier de janvier.
Nous croyons devoir observer aussi que dans le style du treizième siècle & du précédent on entendoit par le mot château (castrum) quelque chose de plus qu'une simple forteresse. Les auteurs & les monumens du temps donnent, en effet, ce nom à tous les bourgs fortifiés ou accompagnés d'une espèce de citadelle, parce qu'ils n'appeloient cités (ou villes) que les villes épiscopales. Par le mot de château, dont nous nous sommes servis, à leur exemple, on doit donc entendre une petite ville ou un gros bourg.
' Bollandistes, août, t. i, p. 480 & sec[, ,
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Nous nous sommes un peu étendus sur la vie de divers poètes provençaux natifs de la Province, qui ont vécu à la fin du douzième siècle ou au commencement du suivant. Ces vies se trouvent, avec celles de plusieurs autres poètes provençaux, dans deux manuscrits de la bibliothèque du roi. Nous avons cru qu'on nous pardonneroit d'autant plus ce détail que ce que Jean de Nostradamus nous a donné, touchant les mêmes poètes, est mêlé de beaucoup de fables. Nous avons négligé, d'un autre côté, d'entrer dans de longues discussions, pour examiner & rectifier la suite & la succession des évèques & des abbés du pays; ce travail appartient d'ailleurs plus particulièrement à nos confrères qui donnent actuellement la nouvelle édition du GaJlia Christiana. Ils vont faire paroître incessamment le sixième tome de ce grand ouvrage, qui contiendra la métropole de Narbonne, & on peut assurer par avance qu'ils n'ont rien laissé a désirer, soit pour l'étendue, soit pour l'exactitude de leurs recherches.
Nous avions projeté d'abord d'insérer dans ce volume la carte géographique de l'ancien Languedoc, divisé par sénéchaussées & par vigueries ; mais comme les trois anciennes sénéchaussées de cette Province n'ont été entièrement réunies à la couronne qu'en 1271, nous avons jugé que cette carte seroit mieux placée à la tête du volume suivant. Quant à la carte de la Province divisée par diocèses, suivant son état présent, nous la donnerons avec la description du Languedoc; nous espérons rendre cette dernière carte d'autant plus exacte qu'on pourra profiter des opérations de Messieurs de l'Académie des sciences de Montpellier, qui ont entre])ris depuis longtemps, sous les ordres de Nosseigneurs des F2tats, de lever sur les lieux le plan de tous les diocèses particuliers du pays, & dont le travail est fort avancé. Enfin nous réservons pour le volume suivant les sceaux de l'ancienne noblesse de la Province, qui feront une suite de plusieurs planches".
Nous avons déjà averti que nous mettrions, dans le dernier volume, des additions & des corrections pour tout l'ouvrage. Nous y discuterons entre autres de nouveau l'époque de la translation du siège épiscojjal du Vêlai dans la ville du Puy. Un chanoine du Puy, qui prétend que cette translation est de la fin du troisième siècle, nous a adressé un long mémoire, où il soutient son sentiment & réfute, avec beaucoup de feu, la note que nous avons mise à ce sujet dans le premier volume. Nous déclarons d'abord, par avance, que nous n'avons jamais prétendu donner nos conjectures sur cette matière & sur toutes les autres que nous avons examinées comme des décisions irréformables ; que nous respectons les anciennes traditions des Eglises, quand elles ont quelque fondement solide; & qu'il n'y a que l'intérêt de la vérité qui nous a engagés à dire librement notre pensée sur certains faits. Nous rapporterons donc fidèlement & dans toute leur force les raisons dont cet ecclésiastique se sert pour appuyer son opinion; mais il nous permettra d'y joindre les raisons contraires : le public en sera le juge.
Au reste, nous avons corrigé, dans ce volume, à mesure que nous avons eu occasion de discuter la suite des faits, quelques fautes qui nous avoient échappé dans le second, touchant la généalogie des comtes de Toulouse, des vicomtes de Béziers & de Carcas-
' Ces cirtes & les planches de sceaux seront insérées dans l'Album, qui paraîtra avec le dernier volume de cette édition,
VJ. b
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sonne, des seigneurs de Montpellier, &c., que nous avions donnée par avance. C'est à quoi nous prions de faire attention.
Cet ouvrage a fait une perte considérable, j)ar la mort de dom CLAUDE DE Vjc, mon collègue, décédé à Paris, dans l'abbaye de Saint-Gerniaiu des Prés, le 23 janvier 1784, peu de temps après la publication du second volume. Cette perte m'a été d'autant plus sensible qu'ayant été associés pour le' même travail, depuis l'an 1715, nous avions toujours vécu dans la plus parfaite union. Nous avions partagé les recherches, & il m'avoit été d'un grand secours pour la composition des deux premiers volumes. Sa mémoire, qui me sera toujours très-précieuse, demanderoit ici que je rendisse justice à ses talens, & que je fisse l'éloge de ses qualités de cœur &: d'esprit, qui le rendoient infiniment estimable, si je n'en avois déjà fait l'essai dans un mémoire, qui a paru dans le Mercure de France du mois de mars de l'an 1734, & qui a passé dans le nouveau Supplément de Moreri,