LVII. — Seigneurs d'Andu-^e, d'U-^ès, de Lunel, ^c
Raimond V, comte de Toulouse, passa la plus grande partie de cette année aux environs du Rhùne; il fut^ présent à Saint-Gilles, au mois d'août, lorsque « Bernard d'Anduze 81 Bertrand, fils de feu Bernard Pelet, étant « dans la maison des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de cette ville, « donnèrent en fief, à Guy de Séverac, le château de Peyrelade, dans le <i comté &i. l'évêché de Rodez. » Cet acte, qui fut passé en présence de Bermond d'Uzès, de Guillaume de Sabran, de Raoul, avocat 8c chancelier de Raimond, 8cc., prouve que Bertrand Pelet avoit fait alors sa paix avec ce prince, 5c qu'il lui avoit abandonné ses droits sur le comté de Melgueil.
Le même Bernard, seigneur d'Anduze, qui fut le sixième de ce nom, accorda cette année l'exemption d'usage 6* de leude dans ses terres à l'abbaye de Franquevaux, 8t fit hommage à Aldebert, évêque de Nimes, pour les châteaux de Montpezat, de Lecques, de Saint-Bonnet, 6<.c. Il fit diverses donations, en 118 1 8c 1184, à l'abbaye de Bonneval, en Rouergue. On lui donne+ pour sœur Eustorge, fille de Bernard d'Andu-^e d'Alais, laquelle épousa ^ Boson II, vicomte de Turenne; mais comme il est certain que cette vicom-
'Git\t\,ScrieiprcLesulum Magaîonensium,-p, 279, ' Le Laboureur, Histoire généalogique de la mai-
2' éd. son d'Anduze.
' Zurita, Anales de la corena de Aragon, 1. 2, * liid.
c. 33. ' Gaufridus, prior Vosiensis, Chronicon, p. 290.
An 1 174
An I I 7/j '
tesse étoit' veuve en 1143, & qu'elle avoit été mariée longtemps auparavant, elledevoit être plutôt tante de Bernard VI, seigneur d'Anduze, que sa sœur. Bertrand, abbé de Franquevaux, termina d'un autre côté, en 1174, les différends qu'il avoit avec Raimond du Caylar & ses frères, en présence de Raimond-Gaucelin, seigneur de Lunel , Ëc de Pons-Gaucelin, son frère. Bermond, par la grâce de Dieu seigneur d'U-^ès £,• de Posquières, accorda la même année à ce monastère, avec Eléazar Se Raimond, ses fils, le droit de pacage dans toutes ses terres, 8c lui donna quelques domaines, en présence de Pierre d'Ui^ès, abbé de Psalmodi.
LVIII. — Bernard-Aton, vicomte de Nîmes, prend V administration de ses domaines. — Roger II, vicomte de Carcassonne, s'occupe du gouvernement des siens.
Durant le séjour du comte de Toulouse à Saint-Gilles, Bernard-Aton,
vicomte de Nimes 8<. d'Agdc, se rendit à sa cour, S<. ils se promirent par un
Éd. orisin. scmient réciproque^ de s'entr'aider. Ce vicomte avoit atteint alors l'âee de
majorité, & il gouverna depuis ses domaines par lui-même, comme il paroît par l'hommage qu'il reçut ■*, au mois de septembre de la même année, du seigneur de Pouls, dans le diocèse de Nimes. 11 donna'* en fief, deux ans après, le droit de criée de la ville de Nimes, par un acte qui fut confirmé d'abord par la vicomtesse Garsinde & ensuite par la vicomtesse Guillelmette. Celle-ci, qui étoit de la maison de Montpellier, étoit sa mère; l'autre, dont nous ignorons la maison , étoit sa femme. La première prenoit encore quelque part, en 11 79, au gouvernement des domaines de Bernard-Aton, son fils; car ce vicomte confirma-' alors du conseil de Guillelmette, sa mère, l'abbave de Valmagne, au diocèse d'Agde, dans la possession de ce qu'elle avoit au Heu de Tortoirera, où elle avoit été fondée.
Roger, vicomte de Carcassonne &. de Béziers, s'appliqua de son côté au gouvernement de ses domaines. Il accorda, au mois d'août de l'an ^ ii74) en présence d'Ermengarde, vicomtesse de Narbonne, à Isarn Jourdain 8c Bernard de Saissac, ses vassaux, une colline pour y construire un château qui seroit appelé Mont-Revel. Ce château pourroit bien avoir donné l'oricrine à la petite ville de Revel, en Lauragais. Il y avoit une autre branche de la maison de Saissac dont étoit Bertrand, fils de Hugues de Saissac qui, en 1 168, donna' une partie du bois de Boulbonne à l'abbaye de ce nom. Le même Roger, qui se qualifie par la grâce de Dieu proconsul (ou vicomte) de Béjiers, vendit^, le 16 de novembre de l'an 1174, à Sicard, abbé de Montolieu, 8c à
■ Baliize, Historia ecchsUe TuteUnsls, 1. 2, c. 17. ■• Domaine de Montpellier; Nimes, sac i, n. 2,
' Voyez [omeVin, Chartes, n.XX, ce. 3o6, Soy. ' Archives de l'abbaye de Valmagne.
^ Trésor des chartes; Toulouse, sac 7, n, 63. — * Voyez tome VIII, Chartes, n. XXI, c. 307.
[Voyez cet acte dans Teiilet, Layettes, t. i, p. 107. ' Archives du château de Foix.
Ce lieu est aujourd'hui Poulx (Gard), canton de ' Hiil. caisse 22.
Marguerittes.J
ses religieux, la moitié des lods Se ventes {Joris capiorum) qu'il avoit au château £<. au bourg de Montolieu; Guillaume de Miraval lui céda ', au mois de décembre suivant, les domaines qu'il possédoit à Castres & aux environs, en dédommagement de la guerre qu'il avoit faite & des brigandages^ qu'il avoit exercés. Enfin Roger reçut, l'année suivante, l'hommage pour les châteaux de Rieux & de la Livinière, dans le Minervois.