L'archevêque de Toulouse au même
A Toulouse, ce 8" mars 1730. — Je suis bien persuadé, mon révérend Père, que vous prenés part aux malheurs de nôtre Province. Vous faites très bien & vous agisses avec vôtre prudence ordinaire, en étant fort circonspect sur cette matière & vous jugés bien que j'en use de même. Tout ce que l'on peut dire c'est que c'est un événement bien fatal
' Peu de jours auparavant, le 28 février, les chevêque de Narbonne, M. de Bertons de Crillon,
Etats avaient reçu du roi l'ordre de se séparer, à nommé en 1739, qui avait présidé l'assemblée de
l'occasion des deux délibérations des :> & ry du i75o, mais celui de Toulouse, Charles-Antoine de
même mois, relatives au don gratuit. Ils ne furent la Roche-Aymon, lequel succéda en 17Ô2 à M. de
rétablis que le 10 octobre 17Ô2. Ce n'est point l'ar- Crillon.
23o* PIÈCES JUSTIFICATIVES, — CORRESPONDANCE.
pour le Languedoc & que ses habitaus sentent bien vivement. Continués je vous prie à m'écrira, mon révérend Père, & soyés bien persuadé de la sincérité & de l'étendue des sentimens avec lesquels je suis vôtre très humble & très obéissant serviteur. (Fonds de Languedoc, t. i85, fol. 56.)
i55. — M. de Joubert au même.
A Montpellier, le 1 1" janvier lySi. — Mon révérend Père, quant au payement de vôtre pension, il me paroit qu'on ne peut éviter d'attendre qu'on prenne un parti sur les impositions de cette année. Le payement de cette pension ne peut certainement souffrir de difficulté, mais il s'agit de la forme, qui ne peut être déterminée quant à présent. On sçaura sans doute bientôt à quoi s'en tenir. La perte que nous avons faite par la mort de M. Lenain a mis un nouveau désordre dans toutes les affaires, & quand il aura un successeur, il faudra encore du temps pour le mettre au fait. Il y a des gens qui croyent que cette circonstance pourroit déterminer à rassembler les Etats; d'autres au contraire croyent que les affaires du clergé y mettront obstacle. Vous connoissés la sincère amitié & le respect que j'ai pour vous. (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 892.)
i56. — Lefranc de Pompignan à dom Laneau.
A Montauban, le 16' janvier lySi. — Mon très révérend Père, c'est faire la cour à la congrégation de S. Maur que de lui fournir de nouvelles occasions de rendre service au public & aux lettres. L'Académie des Sciences, Inscriptions & Belles Lettres de Toulouse a nommé depuis peu dom Pont, académicien correspondant, sur la réputation qu'a ce religieux d'être fort versé dans la connoissance des langues hébraïque & grecque. Cette Compagnie se propose de fonder quelque jour une chaire pour ces deux langues. Les libéralités redoublées de la ville de Toulouse à l'égard de l'Académie & le zèle des académiciens font espérer que cette fondation, qui est destinée à votre maison de la Daurade, aura peut-être lieu plustôt qu'on ne pense. Nous souhaitterions, je parle ainsi comme membre de l'Académie & comme chargé par elle d'avoir l'honneur de vous écrire, nous souhaitterions, dis-je. Mon très Rev. Père, que pour préparer les voyes à l'exécution d'un projet aussi utile aux sciences & atix grandes études, vous voulussiez bien envoyer D. Pont à Toulouse, pour être de communauté dans la maison de la Daurade, remplir les fonctions d'académicien, & tenir dans l'Hôtel de l'Académie des conférences sur l'hébreu & sur le grec. Nous nous flattons que vous ne refuserez pas d'entrer dans nos veiies. Si une Académie des sciences doit trouver faveur quelque part, c'est auprès du Général d'une congrégation de savans. J'ai l'honneur d'être avec respect, &c. '. (Fonds de Languedoc, t. 187, fol. 20.)
iSy. — Le P. dom S. Deidier à dom Vaissete.
En recevant vôtre lettre du 3i may je fis mes complimens à nôtre ancien Prieur; il y fut très sensible. Quoiqu'il eut eu des attentions pour les aieus de D. Devic il m'assura qu'à vôtre considération , il les redoublera. Il m'ajouta que ces demoiselles ne sont plus en nécessité, qu'elles sont à présent à leur aise, qu'elles tiennent des pensionnaires. — A S' André d'Avignon, le i8""mai lySi. (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 16.)
' Nous savons, par une lettre du 17 octobre de professeur auprès de l'Académie des sciences de Toula même année, que ce projet de nommer D. Pont louse avait reçu son exécution. (F. Lang. 187, f. 27.)
i58. — M. Raybaud', d'Arles, au même.
Mon très révérend Père, j'ay lu eu son tems vôtre Histoire du Languedoc avec un extrême plaisir; je l'ay admirée avec tout le public. On ne peut faire qu'un jugement favorable de ce grand ouvrage, puisqu'il est rempli de recherches infinies, d'une critique exacte 8f sçavante & d'une profonde érudition. Il auroit été à souhaiter que tout le monde se fut fait un plaisir de vous communiquer des mémoires pour le perfectionner. Il y a plus de trente ans que dom Gabriel Marclan qui étoit chargé, comme vous, de dresser cette Histoire, vint à Arles avec un autre religieux dont j'ay oublié le nom. Ils m'honorèrent de leur visite & je leur fournis tout ce que je pouvois sçavoir, surtout ce qui regardoit l'ordre de Malte. J'ay reconnu en lisant vôtre Histoire des pages presque entières qui en provenoient; mais j'étois alors assés jeune & plusieurs articles que je leur donnay n'étoient point de la dernière exactitude, parce que j'avois suivi des mémoires peu fidèles. Mais depuis ce tems là j'ay eu le moyen de visiter non seulement les archives du grand prieuré de S' Gilles, mais encore celles du prieuré de Toulouze & j'ay vu les titres originaux. Je me suis aperçu de quelques erreurs, & j'ay fait en même tems de nouvelles découvertes. Je prend la liberté de vous les envoyer, flatté comme je suis d'avoir l'honneur de vôtre connoissance, ainsi que M'' Graverol a eu la bonté de m'informer. Je souhaite quelles puissent vous être de quelque utilité; j'ay eu l'attention de marquer les endroits où les titres se trouvent.
[Suit la série des remarques rectificatives faites par M. Raybaud en neuf pages in-4°.] A Arles, le 4 aoust 1751. (Fonds de Languedoc, t. 187, fol. 3o6.)
iSg. — Le P. Gaubil^, missionnaire de la compagnie de Jésus, au même.
Mon révérend Père, l'an passé j'eus avis de Canton que vous m'envoyiés l'Abrégé de vôtre Histoire; je l'ay receu il y a plusieurs mois par les barques impériales des provinces du midi. L'Abrégé est très bien fait; mais il me paroit que vous n'ew dittes pas assés sur nôtre célèbre ville de Gaillac. J'espère que vous me procurerés l'histoire littéraire de la Province qu'on dit faite par un de vos RR. PP.
Nous avons fait partir d'icy pour Canton trois prosélytes, jeunes Chinois; je souhaitte qu'ils puissent passer en France par cette voye. Je vous envoyé le livre des prières chinoises, en quatre volumes, un livre de relligion chinois & tartare, seize bâtons d'encre & quatre petites boittes de thé. Tout cela est peu de chose, mais je vous prie de l'accepter, quand ce ne seroit que pour vous souvenir quelquefois d'un religieux de Gaillac, qui se trouve à l'extrémité du monde & qui est pour dom Vaissete plein d'estime.
On a fait icy plusieurs tentatives pour le rétablissement de la mission, elles ont eu peu de succès; mais la mission est un peu plus tranquille, plusieurs missionnaires entrent de
' Avocat d'Arles cité dans le Nouveau traité de çait cette professioti au siège de Gaillac j son frère
<{/;>2i>mat>fue des Bénédictins, t. IV, p. 703, pour était syndic de l'hôpital de cette même ville, comme
« son érudition & ses recherches utiles au public » ; on le voit dans la correspondance de nos Bénédic-
auteur d'une Histoire du prieuré de S. Gilles, con- tins. Gaubil fut un des plus savants missionnaires
servée aujourd'hui en manuscrit à la bibliothèque delà compagnie de Jésus en Chine; il se distingua
publique d'Aix. comme mathématicien , astronome & orientaliste.
^ Le P. Gaubil vit le jour à Gaillac en 1689, Ses travaux lui valurent le titre de correspondant
quatre ans après la naissance de D. Vaissete. Son de l'Académie des sciences de Paris ; il mourut
père, reçu avocat au Parlement de Toulouse, exer- en lySp,
nouveau dans les provinces & parmi ceux là est le P. Chamseaume, arrivé depuis trois ou quatre ans de Toulouse à Macao. Dans cette ville nous sommes toujours en grande liberté pour nos fonctions de missionnaires; mais on baptise beaucoup moins d'adultes que les années précédentes. Je suis avec beaucoup de respect, mon révérend Père, vôtre très humble & très obéissant serviteur. — A Péking, ce 6 novembre lySi. — (.Enmarge.) On nous annonce l'arrivée de deux vaisseaux françois à Canton, mais je ne vois pour moi aucune lettre. (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 108.)
160. — M. Baron, secrétaire perpétuel de l'Académie d'Amiens, au même.
I" mai 1704. — [11 écrit à D. Vaissete pour lui proposer de former une demande à l'effet d'obtenir le titre d'académicien honoraire à la place de D. Bouquet, décédé à Amiens le i" mai 1754.] (Fonds de Languedoc, t. 182, fol. 52.) — [Réponse affirmative de D. Vaissete, s'informant de quelle manière il doit faire cette démarche. — Brouillon autographe sans date.] (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 53.)