M. de Joubert à dom Bourotte
A Montpellier, le 7" janvier 1760. — Mon révérend Père, je ne puis m'empêcher d'envier à mon frère le plaisir qu'il aura de vous revoir & de s'entretenir avec vous de vos recherches historiques par rapport au Languedoc : je connois votre zèle pour le travail qui vous est confié; les commencemens n'ont pu qu'être pénibles. Je conçois la peine que vous avez û à déchiffrer les mémoires du P. Vaissette & à vous procurer ceux qui vous manquoient. Mais à mesure que vous avancerés, les difficultés diminueront, les faits se présenteront avec plus d'ordre, de liaison & de clarté; & je ne suis pas en peine de la manière dont vous mettrés en œuvre les matériaux que vous aurés ramassés. Je ne puis assés vous dire combien je m'intéresse au progrès de vôtre ouvrage. M" les sindics ne demandent pas mieux que de vous aider autant qu'ils le pourront. Si vous me jugés propre à vous procurer quelque éclaircissement, soit sur notre Compagnie
soit sur quelque autre objet qui soit à ma portée, je m'y emploierai bien volontiers. Disposés de moi, je vous prie, eu toute liberté, je serai charmé d'être en correspondance avec vous & de vous assurer en toute occasion de la parfaite estime & du sincère attachement avec lequel j'ai l'honneur d'être, &c. (Fonds de Languedoc, t. i88, fol, 191.)