CORRESPONDANCE
I , — Dom Pierre Aujiéres à dom Vaissete, à Paris.
Fax Christi. — Mon révérend Père, j'ay receu une très grande consolation par la lecture de la lettre que vous avez eu la bonté de m'écrire, par les marques que vous m'y donnez de la continuation de votre amitié, les offres très obligeantes que vous m'y faittes & par les demandes si justes que vous y avez inséré. Je vous félicite aussi avec joie de l'emploi qu'on vous a confié & vous proteste avec sincérité que je suis très content d'être déchargé du soin de visiter les archives des villes & seigneurs du Languedoc & de n'être plus sous la dépendance de Monseigneur l'archevêque de Narbonne, & il nous auroit été avantageux de n'avoir jamais receu aucune pension de sa part.
Comme je n'ay pu jamais obtenir que dom Marcland me communiquât ses collections & que d'ailleurs il n'a pas été en mon pouvoir de courir par la Province, je n'ay point extrait des actes des archives, pour ne pas copier ce que peut être dom Marcland avoit déjà fait; j'ay seulement ramassé les faits & noté les endroits d'où je les avois tirés, excepté quelques uns tirés des Etats de cette Province, lesquels à ce que je pense, vous ne trouvères pas à Paris, ni chez M. Colbert ni dans le thrézor royal des archives du Roy qui regardent le Languedoc, qu'il faut que vous voyez avant de venir en ce pais.
Prenez garde à ne pas vous charger des minuties indignes de l'histoire, ni des bulles des papes & privilèges des roys qui regardent les évechés, les cathédrales, les abbayes ik autres maisons religieuses; cela appartient au Gallia Christiana; mais arrêtez vous, sur ce qui regarde les faits & les événemens de la Province & de ceux qui y ont gouverné ou fleuri dans la noblesse, dans les cours, dans l'Eglise, dans les guerres, dans les lettres, &c. Le R. Père assistant dom Maur Audren, à qui je présente mes respects, vous peut donner une idée en abrégé, de mon dessein dans la poursuite de cette histoire, que je luy envoyai au dernier Chapitre & qui fut approuvé par M. de Narbonne. Vous aurez aussi une grande récolte à faire dans les archives des trois séneschaussées qui sont au Palais de Montpellier & dans celles de Toulouse & autres villes & châteaux & dans les greffes des cours souveraines, &c.
Je vous envoie un mémoire sur ce que j'avois voulu sçavoir des anciens habitans du Languedoc; sur quoy j'ai trouvé peu de chose en ce pais; n'ayant pu avoir les autheurs qui en peuvent avoir escrit fort au long; vous les trouverez à Paris; profitez en avant
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votre retour en ce pais, où je vous communiquerai toutes mes collections avec grande joye; étant avec beaucoup d'estime & de considération votre très humble & affectionné serviteur & confrère. — Fr. Auzières, M. B. — AS' Guilhem, ce 28' d'octobre lyiS. — P. S, Je ne reçus votre lettre cjue hier. (Bibliothèque nationale. Fonds de Languedoc, t. 182, fol. 4.'5-46.)