VI. — Prise de Rome. — Mort d'Alaric
D'un autre côté, Alaric, qui n'avoit dépouillé =* Attale de la pourpre que pour faire à Honoré de nouvelles propositions de paix & l'engager de retirer la princesse Placidie, sa sœur, qu'il avoit faite prisonnière à Rome, mais à qui il faisoit rendre cependant tous les honneurs dus à sa naissance, piqué de la fierté de ce prince & du refus qu'il fit de ses offres, marcha avec son armée vers Rome, l'assiégea pour la troisième fois &, après s'en être rendu maître le 24 d'août de l'an 410, l'abandonna au pillage & à toute la fureur du soldat qui, conformément à ses ordres, ne respecta que les églises & n'épargna que ceux qui s'y étoient réfugiés^. Par là, cette ville superbe, qui jusqu'alors avoit été la maîtresse de tant de peuples, se vit elle-même esclave d'un Goth 8<. d'un barbare, qui lui donna la loi.
Peu de jours après cette célèbre expédition, Alaric sortit de Rome, chargé des riches dépouilles de cette ville ou, pour mieux dire, des trésors de toutes
' Sozomène , 1. 9 , c. i 2. — Olympiodore , apud ' Zosime, 1.6. — Orose, 1. 7, c. 89.
Pliotium, cod. 80. ^ Ihid.
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HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IV. SgS
les nations, suivi d'un grand nombre de prisonniers St, entre autres, de la princesse Placidie. Il prit sa route vers la Campanie, qu'il ravagea à son passage j s'étant avancé ensuite jusques à Reggio, aux extrémités de la Calabre, il' méditoit une descente en Sicile lorsque la mort, qui l'enleva subitement, fit échouer son entreprise.
Ce roi, la gloire de sa nation Se la terreur des Romains, fut enterré avec i'm. orisin. honneur & d'une manière fort singulière. Jornandès raconte qu'après avoir détourné le cours de la rivière de Barentin, près de Cozence, les Goths firent creuser par leurs prisonniers une fosse très-profonde, au milieu du lit de cette rivière, où ils enterrèrent le corps de ce prince, & que, pour dérober à la postérité la connoissance des richesses qu'ils y jetèrent pour honorer sa sépulture, ils firent mourir tous ceux qui avoient été employés à y travailler; après quoi ils firent rentrer le Barentin dans son lit^.