‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 322 sur 553 · ep'tst. 12. p. I · texte numérisé non relu

ep'tst. 12. p. I

' TiUemont, Histoire ecclésiastiijue , note 17 sur ^ Sidoine Apollinaire, 1. 7, epist. 12.

l'empereur Gratien. ' Ihid. 1. 2, epist, 9.

On pourroit conjecturer par la manière dont Sidoine' Apollinaire parle de ce lieu, que c'est le même que celui de Trêve, situé dans les Cévennes & l'ancien diocèse de Nimes, sur la frontière du Rouergue & du Gévaudan, entre Mérueys & l'abbaye de Nant ; mais il paroît d'un autre côté que ce lieu devoit être situé à la droite du Tarn, ce qui ne convient pas avec la situation de Trêve. Ferréol s'y retira sans doute pour n'être pas obligé de vivre sous la domination des Visigoths, après que ces peuples eurent réduit sous leur obéissance la Narbonnoise première 8<, avant qu'ils ne se fussent rendus maîtres de l'Aquitaine première où ce lieu étoit situé. Papianille, femme d'une rare vertu & de la même famille que l'empereur Avitus, suivit Ferréol, son époux, dans sa retraite; mais on ignore si leurs enfans s'y retirèrent aussi avec eux. Parmi ceux-ci Tonance, dont le même Sidoine^ parle avec éloge, se distingua beaucoup par son inclination naturelle 8c son goût exquis pour les lettres. On lui donne pour frère Roricius, évêque d'Uzès, dont nous parlerons ailleurs, aussi bien que de saint Ferréol, évêque de la même ville, & des autres descendans de ce préfet des Gaules, dont la famille se perpétua dans la Narbonnoise. C'est du même Ferréol, qui vivoit encore vers l'an 476^, que quelques-uns de nos généalogistes tirent l'origine de la maison royale de France qui règne aujourd'hui ; mais ce sentiment est combattu par d'autres.

LVI. — Guerre de Thorismond contre les Alains iy les Romains.

Le roi Thorismond, sur l'esprit duquel Ferréol avoit beaucoup d'ascendant, eut, suivant Jornandès, une seconde guerre à soutenir contre les Huns. Cet historien'* prétend qu'Attila, après sa défaite dans la campagne de Châlons, revint dans les Gaules dans le dessein de combattre les Visigoths, Se qu'il prit une route différente de celle qu'il avoit tenue dans sa première irruption ; il ajoute que ce roi des Huns attaqua d'abord les Alains qui s'étoient établis le long 8t à la droite de la Loire, Si que Thorismond, étant allé alors à sa rencontre dans ce pays, lui livra bataille & le mit en fuite, après avoir remporté sur lui une victoire aussi complète que celle de Méri ; mais cette nouvelle guerre entre Attila & Thorismond n'a aucune vraisemblance 5, & il paroît que Jornandès s'est trompé sur ce fait, ainsi que sur bien d'autres. On sait*^ seulement en général que Thorismond entreprit contre les Alains une guerre dont on ignore le temps, les motifs 81 les circonstances, 8<. qu'il défit entièrement ces peuples.

Nous sommes un peu mieux instruits du motif qui engagea ensuite ce prince à déclarer la guerre aux Romains. S'il en faut croire un ancien'^ auteur, Aëce y donna occasion par l'inexécution des promesses qu'il avoit faites à ce

' Sidoine Apollinaire, 1. 2, ep'nt. p. — Carmina, ^ Jornandès, de Reius Geticts, c. 43.

24, vers 395. ' Voyez tome II, Note LU.

' liid. l. 9, epist. i3. * Grégoire de Tours, Hist. 1. 2, c. 7.

^ liiJ. 1. 7, epist. 12. ' Excerpta Idatii, apud Canisium.

An 452 4^° HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. IV.

roi, lorsqu'il lui persuada de se retirer dans ses États après la défaite d'Attila ' , ce qui est très-vraisemblable, quoique cet auteur rapporte plusieurs autres circonstances sur lesquelles on ne sauroit faire aucun fond. Il j a, en effet, lieu de croire que Thorismond, ayant décampé de Méri à la persuasion d'Aëce, & avant le départ des Huns, ce général, pour l'obliger à partir plus promptement, lui promit de lui envoyer sa part des dépouilles du camp de ces barbares lorsqu'ils l'auroient abandonné. Se qu'Aëce ayant ensuite manqué à sa promesse, ce roi des Visigotbs crut être en droit d'avoir recours à la voie des armes pour se faire raison. Cette circonstance paroît d'ailleurs confirmée par ce que nous dirons dans la suite, 8c il est certain que la guerre s'alluma^ entre les Romains & les Visigoths, peu de temps après leur victoire commune sur Attila.

Nous ignorons si Thorismond entreprit cette guerre ou immédiatement après son retour du camp de Méri, en passant par la Provence, & avant son arrivée à Toulouse, ou après qu'il eut été se faire reconnoître dans cette capitale de ses États. Nous savons seulement que ce prince, s'étant avancé jusfXl"f^i ^I^'^ux environs du Rhône, s'approcha d'Arles & campa au voisinage, dans le dessein de former le siège de cette ville; mais le préfet Ferréol, qui s'y trouvoit alors, eut l'adresse de le détourner de cette entreprise. Il l'alla trouver 8c fit tant par ses caresses, ses discours 8c ses manières insinuantes, que, l'ayant invité à un repas somptueux, il lui persuada enfin de décamper 8c de retourner à Toulouse : à quoi Aëce n'auroit pu l'obliger avec toutes ses forces.

LVII. — Réconciliation de Thorismond avec Aëce. — Mort du premier.

La réconciliation de Thorismond avec ce général romain, qui suivit de près, fut ménagée, à ce qu'il paroît, par le même Ferréol. Aëce , pour arrêter les plaintes du roi des Visigoths sur le partage des dépouilles des Huns, lui envoya un bassin d'or, garni de pierres précieuses du poids de cinq cents livres, ou seulement de cinq cents sols suivant un manuscrit ; ce riche bijou fut le gage de la paix entre les Romains &c les Visigoths. Les successeurs de Thorismond le conservèrent précieusement dans leur trésor, 8c le possédoient encore l'an 63o, lorsque Sisenand^, seigneur visigoth, le promit au roi Dagobert pour obtenir de lui du secours contre le roi Suintila qu'il vouloit détrôner.

Il paroît que Thorismond rompit encore, quelque temps après, la paix avec l'Empire; nous savons '^ du moins que, la troisième année de son règne, ses propres frères lui suscitèrent une querelle sous ce prétexte, 8c que leurs dissensions furent suivies de plusieurs guerres intestines qui furent enfin

' Voyez tome II, Note LU. œuvres de Grégoire de Tours, les notes de dotn

'Sidoine Apollinaire, 1. 7, epist. 12. — Voir Ruinart sur ce sujet. les notes de Sirmond, & Lacarry de Praefcctis prae- ■* Prosper, Chronicon, p. 64. — Grégoire deTours,

torio Galliarum, p. ] 5o. I. 2, c. 7. — Idace, Chronicon, p. 3o5. — Isidore,

' Frédégaire, c. 73. — Voir, dans son édition des Chronicon, p. 718. — Jornandès, de Reius Geticis,

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funestes à ce prince & causèrent beaucoup de troubles dans ses Etats. Ses deux frères, Théodoric & Fridéric, ayant conjuré sa perte, profitèrent du temps qu'il étoit actuellement malade & qu'il venoit de se taire saigner, pour exécuter plus sûrement leur pernicieux dessein. Ils lui firent d'abord enlever secrètement ses armes 8c s'avancèrent ensuite avec leurs complices vers son appartement. Ascalcruus, l'un de ses domestiques, intormé de la conjuration, vint aussitôt l'en avertir; mais les conjurés étant entrés presqu'en même temps dans la chambre, se jetèrent sur lui & l'assassinèrent. Ce ne fut pas néanmoins impunément, car ce prince, quoique surpris 8t sans armes, ayant saisi de la main qui lui restoit libre le premier escabeau qu'il rencontra, en assomma quelques-uns de ses assassins. Ainsi périt malheureusement le roi Thorismond, sous le consulat d'Opilion ', en l'an 453 de J.-C-j après avoir commencé la troisième année de son règne, qui ne iut pas tout à fait si long, suivant quelques auteurs.

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