‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 34 sur 553 · Dom Vaissete à M. Fieu-^et de las Tours · texte numérisé non relu

Dom Vaissete à M. Fieu-^et de las Tours

Monsieur, j'ay receu réponse de M' Joubert, syndic de la Province, à qui j'avois écrit en faveur de la communauté de Gaillac au sujet de son affaire pour l'entrée des vins étrangers. Il me marque que pour ce qui est de l'intervention que je luy avois demandée, il ne luy paroit pas qu'il convienne de l'entreprendre, s'agissant uniquement d'un privilège particulier d'une ville, n'ayant accoutumé de prendre le fait & cause des communautés que dans les affaires qui ont un rapport très direct à l'intérêt général & qui tirent à conséquence pour les autres communautés; que ainsi il ne peut accorder à la ville de Gaillac qu'un secours de conseil; mais qu'il ne peut le donner sans avoir vu aucune pièce.

Je vous écris ceci affin que vous vous addressiés à luy, si vous le jugés h propos pour luy demander tous le secours qu'il peut vous donner, 8c j'ay eu soin de luy repondre pour le prier de vous l'accorder. J'aurois parlé à M. de Boyer-Daudard , syndic de la séneschaussée de Toulouse, qui est icy ; mais je sçais qu'il doit se défaire de sa charge & qu'il ne se mêle plus des affaires de la Province. Il n'y a c[ue M. de Joubert à Montpellier à qui vous puissiés vous addresser; M. de Montferrier devant partir incessamment pour venir icy, étant de la députation. Cependant avant mon départ je parleray à M. de Voigny', secrétaire du Roy 8c agent de la Province, qui demeure rue des Poulies, pour le prévenir 8c pour m'informer avec luy si par ses soins, que la ville de Gaillac auroit soin de récompenser, il ne pourroit pas réussir à faire renouveller votre ancien privilège. Il se mêle avec plaisir des affaires particulières des communautés, 8c il est très entendu. Aussi si quelqu'un pouvoit faire réussir votre affaire, ce sera luy sans doute. Je vous écrirai encore là-dessus avant mou départ, qui est fixé au 23' de ce mois. Je vous prie d'en avertir ma chère mère, en luy présentant mes respects 8c de luy dire que je luy en écriray par le prochain courrier. Je compte n'être guère à Gaillac .qu'environ un mois après le jour de mon départ. Attendant d'avoir l'honneur de vous embrasser, permettez moy de vous asseurer de ma parfaite considération, Monsieur, votre très humble 8c obéissant serviteur, F. J. Vaissete, M. B. — A Paris, XI" avril 1723. (Archives de la mairie de Gaillac, cote 3i.)

' M. de Fleury, plus tard cardinal & successeur du ' Le régent Philippe d'Orléans,

duc de Bourbon, comme premier ministre, en 1726. ' Secrétaire du conseil du roi.

l8o* PIÈCES JUSTIFICATIVES. — CORRESPONDANCE.

2 2. — M. de Montferrier à dom Vaissete, à Montpellier.

A Paris, le i3'' aoust 1723. — J'ay reçeu, mon très Révérend Père, la lettre que vous ni'avés fait l'honneur de ni'écrire le 21 du mois passé & je ne suis point du tout surpris, je vous assure, de ce que vous me marqués de M. Carrouge'. J'ay cru qu'il convenoit avant d'avoir recours au ministre de prier M. de Joubert de parler à M. le premier président, & à M. le procureur général, & de régler amiablement les jours de la semaine & les heures auxquelles vous pourries travailler dans les archives. Si après cela le sieur Carrouge ne se met pas à la raison, j'espère que M. de la Vrillière' saura lui faire faire son devoir.

J'ay l'honneur d'être avec respect, mon très révérend Père, votre très humble & très obéissant serviteur. (Fonds de Languedoc, t. 187, fol. i63.)

Page 1