‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 342 sur 553 · XCIX. — Conquête du Berry &- de la Touraine par Euric · texte numérisé non relu

XCIX. — Conquête du Berry &- de la Touraine par Euric

La mort de l'empereur Anthème & les troubles qui la suivirent ne contribuèrent pas peu à assurer à Euric ses conquêtes 8c à lui faciliter le moyen d'en faire de nouvelles. Ricimer, beau-père d'Anthème, s'étant brouillé avec lui, parce qu'il prétendoit avoir toute l'autorité, 8c que cet empereur n'étoit pas d'humeur de la lui céder, cet ambitieux patrice se servit de ce prétexte pour lui faire la guerre. Il le dépouilla d'abord de la pourpre, &c quelque temps après il lui ôta la vie, le 11 de juillet de l'an 472. Ricimer avoit déjà remplacé cet empereur, de son vivant, par le sénateur Olybrius, 81 avoit fait mourir Bilimer, gouverneur des Gaules, qui venoit en Italie à son secours. Enfin Ricimer étant mort quarante jours après son beau-père , Se Olybrius , successeur de ce dernier, ne lui ayant survécu que jusques au 28 d'octobre de la même annpe, il y eut un interrègne qui dura jusques au 5 du mois de mars ~^ ^ de l'année suivante, que Glycérius fut élu empereur à Ravenne.

Euric, à la faveur de ces troubles, continua ses conquêtes dans les Gaules 8c les poussa sans obstacles, d'un côté jusqu'à la Loire, Se de l'autre jusques au Rhône; car il se rendit^ maître du Berry, 8c, à ce qu'on a lieu de croire, de la Touraine'^. Ce prince se vit par là en état de porter ses armes victorieuses dans l'Auvergne, la seule province de l'Aquitaine qui lui restoit à soumettre. A son arrivée dans ce pays, ses troupes ravagèrent la campagne, mirent le

■ Tillemont, art. |3 sur S. Sidoine. ' Sidoine Apollinaire, 1. ■j,epist. i; l.i,epist. i.

' Sidoine Apollinaire, 1. 2, epist. 9; 1. 5, epist. 3 ■* liij.

& 6 ; 1. 7, epist. 4.

feu aux moissons Se commirent les mêmes excès qu'elles avoient déjà fait dans le reste de l'Aquitaine & aux environs' du Rhône. La terreur saisit les habitans, & par un surcroît de malheur, les Bourguignons^ & les Bretons, auxiliaires des Pvomains, qui étoient déjà accourus pour prendre la défense des Auvergnats, firent chez eux presque autant de dégât que les Visigoths mêmes.

Page 1