VIII. — La Provence soumise aux Visigoths
L'empereur Népos, quoique dépouillé de la pourpre^ St de presque tous ses- États, tâchoit de se maintenir toujours dans la Dalmatie Sî. ne cessoit d'implorer la protection 8c le secours de Zenon, empereur d'Orient, pour rentrer en Italie 8c en chasser Odoacre. Les provinces des Gaules lui demeurèrent toujours fidèles malgré son expulsion Se refusèrent de reconnoître Odoacre qui vouloit les assujettir à sa domitiation. Elles députèrent même à Constan-
' Catel, Mémoires de l'histoire du Languedoc , ' Malchus in hist. By^ant. — Candldius, Hist.
p. 9^)7. — Mabillon, Annales, i. i , p. 33, & Acla 1. 2, apud Photium, cod. 79. — P^gi, Critica, ad
Sanctorum ordinis S. Benedicti, t. 1. ann. 480, n. 4 & seij. — Tillemont, art. 4 sur
' Sidoine Apollinaire, 1. 8, epist. 6 8c 9. S. Sidoine.
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tinople, pour solliciter Zenon en sa faveur Si pour se dispenser d'obéir à ce roi des Hérules, qui envoya de son côté des ambassadeurs à cet empereur pour lui demander qu'il voulût lui accorder le titre de patrice avec le gouvernement de l'Italie. Zenon parut d'abord balancer entre ce prince barbare 8c Népos; il se déclara cependant pour celui-ci, qu'il avoit déjà reconnu empereur d'Occident, & il paroissoit disposé à vouloir l'aider de toutes ses forces
pour le rétablir sur le trône, lorsque Népos ayant été tué à Salone, dans la
An 480 Dalraatie, au mois de mai de l'an 480, sa mort fit changer de face aux affaires d'Occident, &. en particulier à celles des provinces des Gaules qui étoient encore soumises à l'Empire. Comme elles ne vouloient pas reconnoître Odoacre qui tenoit la place de l'empereur d'Occident, elles se mirent en liberté, & il paroît que ce fut alors que Syagrius, fils du comte Gilles, qui commandoit pour les Romains entre le Rhin & la Loire, s'appropria les villes de son gouvernement sous le nom' de patrice ou de roi des Romains.
Euric profita de cette conjoncture favorable pour pousser ses conquêtes au delà du Rhône & soumettre^ la Provence à sa domination. Il paroît que ce prince, fidèle au traité qu'il avoit fait avec Népos, n'avoit osé auparavant atta-
tfi'p'^'fa'j quer cette province qui reconnut toujours cet empereurj mais, après sa mort-*, Euric, ayant passé le Rhône, se rendit maître des villes d'Arles Si de Marseille 81 étendit sa domination dans tout le pays situé entre la Durance, la mer 81 les Alpes maritimes. Odoacre, voyant de son côté qu'il ne pouvoit conserver cette province 81 qu'il n'y seroit jamais reconnu, la lui céda'* enfin; 81 c'est peut-être de ce roi des Hérules qu'il faut entendre l'alliance que ces peuples contractèrent avec Euric, 81 dont Sidoine ^ fait mention.
IX. — Guerre entre les Visigoths 6- les Bourguignons. — Mort d'Euric.
On^ attribue à Euric, devenu maître de la Provence, l'exil du fameux Fauste, évêque de Riez, pour le punir d'avoir écrit contre les ariens. Ce prince fit la guerre'', vers ce même temps, aux Bourguignons, ses voisins; mais nous en ignorons également le sujet Si les circonstances. Nous savons seulement qu'il vainquit ces peuples Si qu'il les obligea de lui demander la paix. Il mourut ensuite à Arles, la dix-neuvième année de son règne, c'est-àdire vers la fin de l'an 484 ou du moins avant le mois de février de l'année suivante.
Euric mourut au milieu de ses plus grandes prospérités, après avoir rempli le monde du bruit de ses armes Si avoir ajouté à ses Etats presque toutes les
' Grégoire de Tours, Hist. I. 2, c. t8 & 27. — ^ Voyez tome II, Note LIX.
Voir Frédégaire, Hincmar & Aimoin. — Dom ^ Procope, de Bello Gothico, 1. 1 , p. F7J.
Vaissete aurait pu se dispenser de citer comme ^ Sidoine Apollinaire, 1. 8, epist. 9.
sources différentes de Grégoire de Tours ces trois ^Tillemont, Histoire ecclésiastique, art. 8 sur
auteurs qui l'ont copié ou abrégé. [A. M.] Fauste de Rie:^.
Jornandès, de Rébus Geticis, c. 47. — Isidore, ' Jornandès, de Rébus Geticis, c. 47. — Sidoine
Chronicon, p. 719 & seq. — Tillemont, ut supra. Apollinaire, ut supra.
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Espagnes, avec une grande partie des Gaules'. Dieu arrêta^ le cours de ses victoires pour lui en taire rendre compte, & par une punition singulière il brisa^ son sceptre de fer, c'est-à-dire qu'il mit fin a la dureté de son règne. Ce prince, que ses vertus militaires rendoient véritablement recommandable, étoit fier, ambitieux, dur à l'égard de ses sujets, & si attaché à sa secte qu'il persécutoit également ceux qui refusoient de l'embrasser, 8c ceux qui avoient le courage de la combattre. Heureux d'avoir trouvé en la personne de Léon un sage & habile ministre qui contribua beaucoup à la gloire de son règne, 8i qui, par la politesse de ses mœurs, adoucit la térocité des siennes.
X. — Lots des V'tsîgoths. — Usage du droit romain dans la Province.
Ce prince se servit de ce ministre, comme on l'a déjà dit, pour donner aux Visigoths des lois écrites que ses successeurs perfectionnèrent. Ces lois étoient seulement pour ces peuples; car nous verrons dans la suite que les Gaulois ou anciens habitans des provinces soumises à la domination d'Euric, & qu'on'* appeioit Romains, continuèrent de se gouverner, quoique sujets de ce prince, suivant le droit romain.