XLVII. — Ibbas marche contre Gésalic
Ibbas auroit poussé sans doute plus loin ses conquêtes dans les Gaules, si la situation des affaires d'Espagne ne l'eût obligé de passer promptement au delà des Pyrénées. Gésalic"*, qui s'y étoit retiré après la prise de Narbonne par le roi Gondebaud, 8c qui avoit établi son siège à Barcelone, entretenoit des intelligences secrètes avec les François 8c tâchoit, sous leur protection, de se maintenir sur le trône '. Théodoric, indigné de la conduite de ce prince qui, non content d'avoir abandonné lâchement les Gaules pour se retirer dans son palais de Barcelone, s'y tenoit les bras croisés, au lieu de se mettre
' Cassiodore, Chronicon, p. iyS. ' Isidore, Chronicon, p. 720. — Cassiodore, 1. 5,
' Cassiodore, I. 4, epist. 17. epist. 43 & seq. — Victor de Tune, Chronicon, ap-
' Victor de Tune, Chronicon, appeniix, edit. peniix.
Schott. ' Isidore, ut supra.
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à la tête d'une armée pour reprendre sur les François ce qu'ils avoient enlevé aux Visigoths dans les Gaules; irrité, d'ailleurs, de ce qu'il avoit usurpé la couronne sur Amalaric & encore plus de ses liaisons avec Clovis, ordonna à Ibbas de passer en Espagne pour le détrôner Se faire reconnoître à sa place Amalaric, son petit-fils & son pupille. Théodoric avoit encore des raisons particulières de prendre la défense & les intérêts d'Amalaric & de le placer sur le trône, car ce jeune prince, ayant perdu alors' la reine Théodogote, sa mère, & la toiblesse de son âge ne lui permettant pas de gouverner par luimême, il espéroit régner sous son nom en Espagne &. dans une partie des Gaules, & se trouver par là plus en état de s'opposer au progrès des armes de Clovis qui sembloit vouloir envahir tout l'Occident.