‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 390 sur 553 · III. — Entreprise de Sigebert sur la ville d'Arles · texte numérisé non relu

III. — Entreprise de Sigebert sur la ville d'Arles

Liuva s'appliquoit à faire régner la paix & la justice dans son royaume de Septimanie quand Sigebert, roi d'Austrasie, fit une tentative sur la ville d'Arles que Contran avoit eue en partage de la succession de Charibert. La situation de cette ville entre celles d'Uzès, d'Aix, d'Avignon 8c de Marseille dont Sigebert étoit le maître fit naître à ce prince le dessein de s'en emparer, afin d'arrondir ses États de ce côté-là. Pour s'assurer"* plus aisément de cette ville, il profita du temps où Contran étoit en guerre avec les Saxons 8c les Lombards qui, s'étant établis depuis peu en Italie, avoient fait une irruption en deçà des Alpes 8c dans le royaume de Bourgogne. Contran étant occupé à repousser ces peuples, Sigebert ordonna au comte Firmin, gouverneur d'Auvergne, de marcher vers Arles avec les troupes de son département pour tâcher de suprendre cette ville. En conséquence de ses ordres, le comte passa le Rhône du côté d'Uzès 8c, s'étant joint avec Audovarius, autre général

' Voyez tome II, Note LXXII, n. 3. ' Grégoire de Tours, H'tst. 1. 9, c. 24.

' \i\àore, Chronïcon, àanhhahhe, Bibl'iothcca nova ^ Ihid. 1. 4, e. 3o.

manuscriptorum, t. i .

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HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. VI. 5q3 — ^

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de Sigebert, ils prirent si bien leurs mesures qu'ils s'emparèrent d'Arles & reçurent le serment de fidélité àts habitans.

Le roi de Bourgogne, piqué de ces actes d'hostilité, fit marcher en diligence le patrice Celse vers cette ville, avec ordre de la reprendre. Ce général se mit aussitôt en marche 8c s'étant emparé, dans sa route, de la ville d'Avignon, qui étoit du domaine de Sigebert, il alla mettre le siège devant Arles, où Firmin Se Audovarius s'étoient renfermés. L'évêque & les habitans, qui favorisoient secrètement le parti de Contran, conseillèrent alors à ces deux généraux de faire une sortie avec toutes leurs forces Si d'aller donner sur les Bourguignons qui, ne pensant à rien moins qu'à se voir attaqués, seroient plus aisément battus 5 qu'au reste, s'ils réussissoient, l'affaire seroit finie; sinon qu'ils pouvoient se promettre une retraite assurée dans la ville dont les portes leur seroient toujours ouvertes. Les généraux austrasiens donnèrent aveuglément dans ce piège, sortirent de la place Se attaquèrent brusquement l'armée de Celse; mais ils eurent le malheur d'être entièrement défaits. Les Auvergnats qui composoient les troupes de Firmin, se flattant alors de trouver dans Arles l'asile qu'on leur avoit promis, se présentèrent devant cette ville, mais ils trouvèrent les portes fermées. Se sur le refus que les habitans firent de les ouvrir, ils se virent dans la nécessité de chercher une retraite dans le» Etats de Sigebert. Il falloit pour cela passer en deçà du Rhône, 81 comme ils n'avoient ni ponts ni bateaux, ils se hasardèrent de le traverser à la nage à la faveur de leurs boucliers. Il y en eut peu cependant qui eurent le bonheur de se sauver, une grande partie fut entraînée par la rapidité de l'eau 8t le Éd.oriRin. reste exterminé par les troupes de Contran qui étoient à leurs trousses. Ainsi la ville d'Arles rentra sous l'obéissance de ce prince qui eut la générosité de rendre à Sigebert, son frère, celle d'Avignon.

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