‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 422 sur 553 · V. — Dagobert réunît à sa couronne le royaume de Toulouse · texte numérisé non relu

V. — Dagobert réunît à sa couronne le royaume de Toulouse

Dagobert eut à peine appris la mort du jeune Chilpéric qu'il fit partir le duc Baronte pour aller s'emparer de tous les trésors que Charibert avoit laissés Si prendre possession, en son nom, du royaume de Toulouse 81 de la Gascogne que ce prince réunit à ses autres États. La réunion de ce royaume, dont la durée fut fort courte, se fit sans doute d'autant plus aisément que personne, à ce qu'il paroît, n'étoit en état de s'y opposer Si de prendre la défense de deux autres princes que Charibert avoit laissés en mourant, suivant un monument ancien ^ qui a tous les caractères de vérité. Ces deux jeunes princes, dont l'un s'appeloit Boggis 81 l'autre Bertrand <5, dévoient être, pour

■ Le P. Anselme, Histoire généalogique & chro- Saint Hubert des Ardennes était, à ce que dit

nologique de la maison de France, l, i, p. i o. son histoire, fils d'un noble Aquitain, d'un duc,

" Aimoin, I. 4, c. 17. nommé Bertrand, envoyé par ses parents à la cour

' Frédégaire, Chronicon, c. 67. — Aimoin, 1. 4, du roi Thierri II. Il y séjourna quelque temps;

c. 23. mais, touché de la grâce divine, il alla vivre pieu-

■• Voyez tome II, Chartes & Diplômes, n. LXVII. sèment en Austrasie, en compagnie de sa tante

' Voyez tome II, aux Preuves, Chartes & Diplô- Ode, veuve d'un autre duc des Aquitains, nommé

mes, n. LXVII & Note LXXXIII. Boggis, devenu successivement évêque de Liège 8c

* Nous avons dit que Charibert n'avait pas eu de Maëstricht. Il mourut en 727. Les preinières

d'autre fils que Chilpéric, mort peu de temps traces de la légende de sainte Ode se trouvent dans

après lui sans laisser de postérité. Les ducs Boggis Sigebert de Gemblours. Cet auteur rapporte sous

& Bertrand sont des personnages fictifs, inventés l'année 711 que sainte Ode, veuve de Boggis, duc

parla charte d'Alaon. L'auteur de cette charte a des Aquitains, florissait dans la Gaule, qu'elle

emprunté les noms de ces personnages aux Vies avait enrichi par sa munificence les églises de

d« saint Hubert & de sainte Ode, deux des légen- Dieu & que, depuis sa mort, elle reposait dans le

des les plus romanesques qui aient été rédigées au diocèse de Liège. C'est dans une chronique anté-

douzième siècle. rieure, dans celle de saint Maitin de Tours, que

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ainsi dire, à la mamelle dans le temps de la mort du roi, leur père; en sorte que s'ils eurent le bonheur d'échapper à l'ambition & à la fureur de Dagobert, leur oncle, soupçonné avec assez de fondement d'avoir fait périr leur frère aîné, ils en furent apparemment redevables ou au soin que prit Amand, duc de Gascogne, leur aïeul maternel, de les sauver, ou à la compassion que le roi eut de la tendresse de leur âge, ou peut-être enfin à l'impuissance où ils étoient de le troubler dans la possession du royaume de Toulouse, dont il avoit eu soin de s'emparer & où il s'étoit déjà fait reconnoître, incontinent après la mort de Chilpéric, leur frère aîné. Le duc' Baronte s'acquitta de sa commission avec succès, & après s'être saisi de tous les trésors que Charibert avoit amassés à Toulouse, il les emporta en France, sous prétexte de vouloir les remettre au roi, son maître; mais il en détourna une grande partie à son profit.

VI, — Sainte Enimie, abbesse. — Saint Hilaire, évêque de Gévaudan.

Quelques auteurs prétendent^ que sainte Enimie étoit sœur de ce prince, 8c cela sur la foi des actes de cette sainte, sur lesquels on ne peut faire aucun fond^. D'autres'* croient qu'elle étoit sœur de Clovis II, fils du même Dagobert. Quoi qu'il en soit de sa généalogie, on convient qu'Enimie se retira, vers ce temps-là, dans les montagnes du Gévaudan, vers la source de la rivière de Tarn, qu'elle vécut saintement dans sa retraite & qu'elle y fit bâtir un monastère double, pour des personnes de l'un & de l'autre sexe. Elle gouverna

Sigebert avait puisé cette mention. On lit dans la chronique de saint Martin : (t L'an VI du règne de Justin II, florissait dans la Gaule sainte Ode, femme de Boggis, &c. An.no Justini 7/ vi, sancta Oda, uxor Boggisi ducis Aquitanorum floret in Gallia, ijuae ecclesias multas ditavit & mariens in Leodicensi parochia ijuievit, » C'est là le thème primitif que Sigebert de Gemblours & les légendaires ont brodé en y ajoutant des arguments de leur façon. Mais Justin II monta sur le trône en 565 & la sixième année de son règne correspond exactement à l'année 571 de l'ère chrétienne. Par suite de quelle confusion se trouve-t-il une différence de cent quarante ans entre cette date & celle de 711, fixée à cet événement par Sigebert de Gemblours. Il est à présumer que cet auteur se sera servi d'un manuscrit défectueux & qu'il aura lu : « anno Justiniani II vi » au lieu de « anno Justini II vi. « Car Justinien II étant monté sur le trône en 706, la sixième année de son règne correspond à l'année 711. Mais ce qui prouve que la date exacte est celle de la chronique de saint Martin, c'est qu'au sixième siècle il y a réellement eu un duc Boggis j il était contemporain de Grégoire de Tours. Cet auteur rapporte quelques détails sur lui & ses deux

frères Mundéricus & Ferréolus. Au dire de la chronique de saint Vincent de Metz, c'était un des trois fils d'Ansbert, noble Aquitain. Il épousa Ode, fille d'une race illustre des Suèves, & fut père de saint Arnoult, un des ancêtres de Charlemagne. Un diplôme de Louis le Débonnaire, donné en 836, déclare que Bodégisilus, le fondateur d'une opulente abbaye, celle de Glandières ou Longueville, près Metz, était le même que le père de saint Arnoult, l'auteur reconnu de sa race. On ne peut donc hésiter sur l'époque où vivaient le duc Boggisus & sa femme Ode, c'était au sixième siècle & non au septième. Eoggisus fut probablement un de ces comtes ou ducs auxquels les mérovingiens confièrent un commandement en Aquitaine comme furent Didier, Bladaste, Bérulfe, Ennodius & tant d'autres. Aussi faut-il renoncer à prolonger son existence jusqu'en 681, comme le veulent les auteurs de VHistoire de Languedoc* [E. M.]

^ Frédégaire, Chronicon, c. 67.

^ Le Cointe, Annales eccîesiastici Francorum^ ad ann. 628, n. i 1 .

^ Mabillon, Acta sanctorum ordinis S. Bénédictin saec. 3, t. 2, Praefatio, p. Lix.

^ Mabillon, Annales^ ad ann. 6^6, n. 4.^.

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cette maison sous le titre d'abbesse, après avoir été bénie par saint Ilare ou Hilaire, évêque de Javoux. C'est tout ce que nous avons pu recueillir de plus vraisemblable dans les actes de cette sainte.

Le monastère de Sainte-Enimie ' subsiste encore aujourd'hui dans le Gévaudan, non pas sous le titre d'abbaye, mais de prieuré conventuel de l'ordre de Saint-Benoît; il dépend de l'abbaye de Saint-Chaftre, dans le Vêlai. La régularité, dont il ne restoit plus aucune trace dans ce monastère au dixième siècle, y fut alors rétablie par les soins d'Etienne, évêque de Gévaudan. On conserve encore aujourd'hui dans ce lieu les reliques de cette sainte dont on célèbre tous les ans la fête, dans l'Albigeois & dans le Gévaudan. Quant à saint Hilaire, nous savons seulement qu'il est révéré comme saint par les peuples de ce dernier pays.

VIL — Suintila, roi des Visigoths, détrôné. — Sîsenand mis à sa place, avec le secours de Dagohert 6* des Toulousains.

Dagobert n'eut pas plutôt réuni à ses Etats le royaume de Toulouse qu'il eut occasion^ de prendre part aux troubles qui s'élevèrent alors en Espagne. Nous avons déjà remarqué que Suintila régnoit sur les Visigoths depuis l'an 621. Ce prince fut à peine monté sur le trône qu'il continua la guerre contre les Impériaux, les vainquit 8t les chassa entièrement d'Espagne. Par cette victoire Se la soumission des Gascons qui demeuroient au delà des Pyrénées & qui, jusques alors, s'étoient presque toujours maintenus dans l'indépendance, il régna sur toutes les Espagnes, ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'avoit encore fait. Outre les vertus militaires qui forment les grands capitaines, ce roi se fit distinguer encore par celles qui font la gloire & l'ornement d'un grand prince, par sa prudence, sa libéralité, sa magnificence, sa clémence, son intelligence dans les affaires, son amour dans la justice, sa douceur & sa sagesse dans le gouvernement; en sorte que, suivant saint Isidore, évêque de Séville, auteur contemporain, il méritoit autant le glorieux titre de Père des pauvres que celui de Prince des peuples. Tel est le portrait Éd. oriRin. que cet historien nous a laissé de ce roi dans sa chronique, qu'il a conduite jusques à la cinquième année de son règne. Mais il faut, ou que ce prélat ait été bien flatteur, ce que nous ne pouvons nous persuader, ou que, dans la suite, Suintila ait changé entièrement de mœurs & de conduite, puisque les actes du cinquième concile de Tolède, auxquels ce prélat eut la meilleure part, nous le dépeignent sous des couleurs bien différentes.

Suintila avoit associé son fils Ricimer au trône & avoit donné lieu, par cette démarche, aux principaux seigneurs de ses États, de le soupçonner de vouloir rendre la couronne héréditaire dans sa famille 8c les frustrer par là de l'espérance d'y parvenir à leur tour. Ces seigneurs, irrités de cette conduite, se révoltèrent ouvertement contre ce prince, après l'avoir décrié dans l'esprit

' Gallii Chrnl'iana, nov. edit. t. i , p. 88 & i i i . ' Frédégaire, Chronicon, c. -ji.

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des peuples Se avoir excité divers troubles dans ses États. Sisenand, l'un des plus distingués d'entre eux, se mit à la tête des conjurés 5 mais comme il n'étoit pas assez fort pour détrôner le roi sans quelque secours étranger, il en fit demander au roi Dagobert, avec promesse de lui faire présent d'un précieux Si magnifique bassin d'or du poids,' à ce qu'on prétend, de cinq cents livres, que le général Aëce' avoit autrefois donné au roi Thorismond, & qu'on conservoit dans le trésor des rois visigoths^.

Dagobert se laissa gagner d'autant plus aisément par l'appât d'un si riche présent, qu'il étoit d'ailleurs bien aise d'entretenir les troubles d'Espagne 8t d'en devenir l'arbitre, pour affermir par là la paix dans ses Etats. Il se flattoit que si Sisenand ou quelque autre d'entre les rebelles se rendoit maître du royaume d'Espagne avec le secours de ses troupes auxiliaires, il seroit obligé de le ménager, par reconnoissance, Se n'oseroit rien entreprendre contre lui : ces raisons le firent résoudre à assister ce seigneur visigoth de toutes ses forces. Dans cette vue, il donna ordre aux milices de Bourgogne de se tenir prêtes pour passer en Espagne; mais comme le besoin du secours étoit pressant, il ordonna, en attendant, à Abundantius Si à Vénérandus, ses généraux, dont le premier étoit peut-être duc ou gouverneur de Toulouse, 61 l'autre de quelque ville voisine, d'assembler toutes les troupes du Toulousain, de marcher vers les passages des Pyrénées, du côté de l'Aragon, 8t d'aller joindre ensuite Sisenand, qui les attendoit de l'autre côté de ces montagnes.

Ce rebelle se vit à peine joint 81 soutenu par les Toulousains que, sans attendre les troupes de Bourgogne, dont il crut pouvoir se passer, il s'avança vers Saragosse, où il entra sans obstacle. Il y fut reconnu par les peuples 8c par les principaux seigneurs visigoths assemblés en cette ville, qui détrônèrent Suintila 81 le déclarèrent indigne ^ de régner 5 ce qui arriva "* vers la fin de l'année 63 1. Ce prince, abandonné de presque tous ses sujets, fut ainsi obligé de descendre du trône, après l'avoir occupé pendant dix ans. On lui accorda la vie de même qu'à la reine Théodore, son épouse, à ses enfans Si à Geila, son frère, dont les mauvais conseils furent cause de son malheur. Nous ignorons si on accorda la même grâce à Ricimer, son fils, qu'il avoit pris pour collègue, 81 si celui-ci n'étoit pas alors déjà décédé. Suintila, après avoir été détrôné, vécut depuis comme un simple particulier. Si ce fut inutilement que son frère, qui se révolta ensuite contre Sisenand, fit les derniers efforts pour le rétablir sur le trône.

Les Toulousains, glorieux d'avoir contribué à procurer la couronne des Visigoths à Sisenand, s'en retournèrent chez eux, chargés de présens dont ce prince crut devoir récompenser leurs services. Dagobert, à qui il étoit redevable de son élévation sur le trône, l'envoya sommer quelque temps après par le duc Amalgarius 81 le général Vénérandus, qui l'avoit aidé à détrôner son

■ Voyez tome II, Note LXXIX, n. 2. p. 492. — Concilium Tolelanum IV, dans Labbe,

' Ihii. t. 6, c. |5| 2.

' Le cardinal d'Aguirre, Concilia. Hispanicn, t. 2, ■* Voyez tome II, Note LXXIX.

prédécesseur, de lui remettre le bassin d'or qu'il lui avoit promis. Ce prince le délivra, en eftet, à ces députés; mais les Visigoths, ne pouvant souffrir la perte de la pièce la plus précieuse S<. la plus riche du trésor de leur couronne, furent les attendre sur la route & leur enlevèrent le bassin, bien résolus de ne jamais permettre qu'il passât en des mains étrangères. Dagobert, irrité de cet enlèvement, fit d'abord beaucoup de bruit 5 mais enfin il se contenta de la somme de deux cent mille sols d'or que Sisenand lui donna en dédommagement, somme alors très-considérable, qu'il consacra' à la construction de l'église & du monastère de Saint-Denis, en France, qu'il avoit entreprise.

VIII. — Quatrième concile de Tolède. — Les évêques de la Septimanie

y assistent.

Quelque précaution que prît Sisenand pour s'assurer de la couronne qu'il avoit usurpée, il ne put empêcher qu'il ne s'élevât différens mouvemens en Espagne & que les partisans de Suintila n'y excitassent divers troubles en faveur de ce roi détrôné. Geila, frère de ce prince & chef des conjurés, lui auroit infailliblement remis la couronne sur la tête, si Sisenand, averti de ses desseins, ne les eût prévenus. Ce roi, dans la vue de dissiper entièrement tous ces mouvemens & de s'affermir sur le trône, convoqua, la troisième année de son règne, un concile national à Tolède, qui fut le quatrième de cette ville. Il se tint^ dans l'église de Sainte-Léocadie, martyre, & commença le cinquième de décembre de l'an 671 de l'ère espagnole ou de l'an 633 de J.-C. Les évêques d'Espagne Si de la Septimanie se rendirent à ce concile, savoir ; soixante-six en personne & sept par procureur. Saint Isidore, évêque de Séville, y présida en qualité du plus ancien métropolitain, 8c, par la même raison, Selva, évêque de Narbonne, y occupa la seconde place. Les autres évêques de la Septimanie étoient Pierre de Béziers, Acatulus d'Elne, Rémessarius ou Némessarius de Nimes, 8c Anatolius de Lodève. Génésius de Maguclonne, 8c Solemnius de Carcassonne n'y assistèrent que par leurs vicaires 8c envoyèrent à leur place, le premier, Etienne, 8c l'autre, Donellus, archidiacres de leurs églises; personne n'y assista de la part de l'église d'Agde, dont le siège étoit apparemment alors vacant.

Les pères de ce concile s'étant assemblés dressèrent soixante-quinze canons sur la discipline ecclésiastique. Il paroît, par le dernier de ces canons 8c par la prétace du concile, que Sisenand n'avoit eu d'autre vue, en le convoquant, que de s'assurer la couronne qu'il craignoit de perdre par la révolte de ses sujets. Les évêques font un grand éloge de la piété de ce prince, qui étoit présent ; ce qu'il est assez difficile de concilier avec les moyens ^ tyranniques dont il se servit pour parvenir au trône. Ils prononcèrent l'excommunication

' Gesta Dagokerti , Recueil des historien! Je tant les Gesta Dagoierti, & rien de plus. [E. M.]

France, t. 2, p. 578. — Nous n'avons pas besoin d'in- ' Le cardinal d'Aguirre, Concilia Hispanica, t. zj

sister sur le peu d'authenticité qu'offre cette anec- Labbe, Conciles, t. 6, c. 144a.

dote : c'est une historiette comme en renferment ' Rodericus Toletanus, Chronicon.

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Éd. cri gin.

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contre tous ceux qui ne lui seraient pas fidèles ou qui soulèveraient les peuples contre lui, Se déclarèrent en même temps qu'il leur appartenoit d'élire leurs rois, conjointement avec les principaux de la nation. Ils firent sans doute cette déclaration soit pour confirmer l'élection de Sisenand Se faire voir qu'ils avoient eu droit de déposer son prédécesseur, soit pour l'avertir que la couronne n'étant pas héréditaire, ils en agiroient de même à son égard, s'il vouloir, comme lui, tenter de la perpétuer dans sa famille.

Le concile exhorte le roi à gouverner les peuples avec justice 8c modération & déclare excommuniés ceux de ses successeurs qui, au mépris des lois du royaume, vexeroient les peuples & voudroient exercer un pouvoir arbitraire. C'est sans doute pour avoir violé ces lois que le même concile déclara Suintila incapable de régner, de même que sa femme, son frère Geila &. ses enfans, & qu'il les sépara de sa communion. Il ordonna que leurs biens seroient confisqués 8c les abandonna, par rapport à leur subsistance, à la merci de Sisenand. Ce décret émanoit sans doute des deux puissances, car la plupart des conciles de ce temps-là, surtout en Espagne, furent mixtes, c'està-dire composés du clergé 8c de la noblesse; en sorte que tout ce qu'on trouve statué dans ces assemblées, qui représentoient les Etats généraux du royaume, sur les matières qui ne sont pas purement spirituelles, doit être attribué au corps de la nation.

Suintila, qui survécut à ce concile 8c à ses malheurs, mourut à Tolède, de mort' naturelle, l'ère 678 ou l'an 635 de J.-C. Il laissa en mourant deux enfans mâles, dont l'un s'appeloit Sisenand &c l'autre Chindasvinde ; car, pour Ricimer, son aîné, il paroît qu'il étoit déjà mort, ou du moins qu'il lui survécut peu de temps. Quelques modernes confondent mal à propos les deux premiers avec deux rois visigoths de même nom.

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