‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 426 sur 553 · XVIII. — Septième concile de Tolède · texte numérisé non relu

XVIII. — Septième concile de Tolède

Plusieurs d'entre les seigneurs visigoths, officiers, prélats, ecclésiastiques 81 autres personnes de cette nation qui se sentoient coupables ou qui, sans l'être, appréhendoient d'être regardés comme tels, se condamnèrent à un exil volontaire pour éviter des peines plus rigoureuses, abandonnèrent leur patrie 81 se retirèrent chez leurs voisins. La plupart cherchèrent un asile chez les François, sur les frontières de la Septimanie. Ces transfuges, n'ayant plus rien à ménager avec Chindasvinde, eurent soin d'entretenir des intelligences ' avec leurs compatriotes qu'ils ne cessèrent d'exciter à secouer le joug de ce prince, dans l'espérance qu'un changement de règne leur procureroit leur rappel; mais le roi, attentif à toutes leurs démarches, assembla un concile à Tolède, pour sévir contre eux, sous prétexte de travailler à réformer la discipline ecclésiastique.

Ce concile, le septième de Tolède, fut tenu^ dans cette ville au mois

"* d'octobre de l'année 684 de l'ère espagnole ou de l'année 646 de J.-C, la cinquième du règne de Chindasvinde. Aucun évêque de la Septimanie n'y assista. On dressa plusieurs canons contre ces fugitifs Si contre ceux qui, de quelque manière que ce fût, manqueroient de fidélité envers le prince.

XIX. — Fondation de l'abbaye ^ de la ville de Castres, en Albigeois,

Vers 647

Sigebert III, roi d'Austrasie, dont le règne fut plus tranquille que celui de Chindasvinde, signala sa piété par la fondation de plusieurs monastères.

' Codex Visigolh. I. 2, tit. I, Je Judlciis & Judi- ' D'Aguirre, Concilia Hispanica, t. 2. — Conci-

catis, Ug. 1. lium Toletanum VU, dans Labbe, t. 6, c. i5pi.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. VII. égS

Vers 647

Celui de Castres, en Albigeois, pays soumis à ce prince, fut fondé vers l'an 647. La tradition de ce monastère' en rapporte l'origine à Robert, Anselin Se Daniel, trois personnages de condition qui, dans le dessein de se donner entièrement à Dieu, abandonnèrent toutes les espérances qu'ils pouvoient avoir dans le siècle. Ces trois seigneurs choisirent pour leur retraite un endroit solitaire, voisin de la rivière d'Agoût, qui, à ce qu'on^ prétend, fut appelé Castra, c'est-à-dire camp, parce qu'ils y renoncèrent à la milice du prince pour se dévouer à celle du Seigneur & qu'ils s'y dépouillèrent de l'habit militaire pour se revêtir du monastique; mais cette étymologie paroît peu naturelle. Ils commencèrent par bâtir trois cellules avec du gazon, des branches d'arbre 8c des feuillages, Se là, dégagés de tout autre soin, ils vaquèrent à la pénitence, à la prière, au travail & aux autres exercices de la règle de Saint-Benoît dont ils faisoient profession.

La réputation de sainteté leur attira bientôt après plusieurs disciples qui, t^fp"?!"'. voulant imiter leur vie, se joignirent à eux jusques au nombre de vingt-neuf, & formèrent une communauté sous la discipline de Robert, leur premier abbé. Un homme riche Si de condition, nommé Faustin, & natif de la ville d'Albi, s'étant ensuite converti, se retira avec ces nouveaux solitaires, embrassa leur genre de vie & consacra ses richesses à la construction de l'église qui fut dédiée sous l'invocation de saint Benoît, 8c c'est peut-être la première du royaume qui ait pris pour son patron ce saint patriarche des moines d'Occident. Faustin se distingua si fort par sa vertu que l'abbé Robert étant mort, il mérita d'être élu à sa place. Depuis ce temps-là cette abbaye devint célèbre 8<. donna lieu à la construction de la ville de même nom, qui est l'une des plus considérables de la Province. Cette abbaye fut érigée en évêché dans le quatorzième siècle, par le pape Jean XXII, comme nous le dirons dans la suite ^.

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