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ronne, maigre les peines portées par les conciles precedens envers ceux qui cabaleroient contre le prince régnant. Il gagna d'abord plusieurs seigneurs de la nation St, après s'être servi de leur crédit pour soulever^ le peuple, il détrôna Tulca 81 se fit élire à sa place, le 2 de mai de l'an 642. II accorda la ÂTTT™ vie à ce jeune prince 8c le fit tonsurer, pour le mettre par là hors d'état de remonter jamais sur le trône.
Chindasvinde, craignant à son tour un semblable sort, tâcha de le prévenir par des moyens plus sûrs 8c plus efficaces que par des décrets de concile dont il venoit lui-même de mépriser l'autorité 8c les menaces. Comme il n'ignoroit pas que sa nation, naturellement remuante, ne pouvoit être retenue que par la crainte &c par la rigueur, 8c que l'ambition de régner donneroit lieu aux
' Frédégaire, c. 82. ' Lucas Tudensis, Chronicon.
' ■^i'"' ' Pîigi. Critica, ad ann. 642, n. 4.
An 640
An 042 ^'
seigneurs visigoths d'exciter de nouveaux troubles, il prit de justes mesures pour les contenir. Dans cette vue, il fit arrêter Si mourir successivement les principaux d'entre les grands du royaume qui avoient eu part, depuis quarante ans, aux funestes révolutions d'Espagne & aux différentes conjurations qu'ils avoient formées contre dix à onze rois, ses prédécesseurs, Si qu'il connoissoit parfaitement bien pour avoir été leur complice 5 il exila les autres seigneurs qu'il connoissoit moins coupables. Il condamna à une servitude perpétuelle les femmes des uns & des autres Si les mit au service de ses créatures Si de ses domestiques, ce qui affligea extrêmement les plus grandes familles d'Espagne 81 de Septimanie. On compte que ce prince ambitieux fit périr dans cette occasion deux cents personnes des plus considérables du royaume Si environ cinq cents autres d'un rang moins distingué. Le seul soupçon de révolte attiroit la proscription, 8c c'étoit assez d'être déféré pour être regardé comme coupable. Ce fut par cette extrême sévérité que ce prince rétablit la paix 81 la tranquillité dans ses États, troublés auparavant par l'ambition des grands.