‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 428 sur 553 · XXI. — Saints Bénigne £,• Agrève, évêques du Vêlai · texte numérisé non relu

XXI. — Saints Bénigne £,• Agrève, évêques du Vêlai

Nous n'avons rien de bien certain sur saint Bénigne, évêque du Vêlai, Si saint Agrève [Jgrippanus), son successeur, qu'on fait contemporains du même Constance 8<. qui étoient ses comprovinciaux '. On prétend^ que le premier, dont on honore publiquement la mémoire dans l'église du Puy, fonda, en ôçô, l'hôpital de cette ville, auprès de la cathédrale; mais ce fait n'est appuyé que sur l'autorité de quelques monumens fort suspects, Si il y a lieu de douter si l'église Si la ville du Puy existoient encore au sixième siècle. Ses reliques sont conservées dans l'église de Saint-Vosy de la même ville.

La légende 3 de saint Agrève entre dans un assez grand détail des actions de sa vie. Elle rapporte entre autres que ce prélat, ayant entrepris la conversion des peuples de son diocèse, plongés alors dans les ténèbres de l'idolâtrie, ou infectés des erreurs d'Arius Si d'Helvidius, ils le firent mourir dans un endroit du Vivarais appelé Chinac, situé à sept lieues du Puy, sur les frontières du Vêlai, 61 qui prit depuis le nom du saint. On ajoute que Dulcide, son successeur, transféra ses reliques du lieu de son martyre au Puy, où elles furent mises dans une église dédiée sous son invocation, 81 qui a été autrefois collégiale; mais cette légende est si moderne, qu'on n'y sauroit faire aucun fond. En effet, elle donne à saint Agrève, de même qu'à Dulcide, son successeur, les noms d'évêques d'Anis ou du Puy, tandis qu'il paroît certain que la translation de l'évêché du Vêlai dans cette ville ne fut faite que vers la fin du neuvième siècle "*. Il est faux, d'ailleurs, que ce pays fût dans les ténèbres du paganisme ou dans les erreurs des ariens 81 des helvidiens, au milieu du quatrième [corr. septième). Il est vrai qu'on pourroit croire qu'il y avoit encore quelque reste d'ariens dans la Septimanie voisine du Vêlai , parce que cette province étoit dans ce temps-là sous la domination des Visigoths ; mais, depuis soixante ans, ces peuples s'étoient entièrement convertis à la foi orthodoxe. Si les rois d'Espagne ne souffroient alors ni idolâtres ni hérétiques dans leurs États; on a déjà vu le zèle que témoigna le roi Chintila sur ce sujet.

XXII. — Chindasvinde associe son fils Reccesvinde au trône d'Espagne.

An 649

Chindasvinde, son successeur, n'eut pas moins de zèle pour le soutien 81 la pureté de la religion catholique. Ce prince, après avoir étouffé tous les restes de rébellion qui avoient désolé l'Espagne avant son règne, exécuta

' Voyez tome IV, Note LXXIII, ajoutée par les ecchsiastici Francorum, ad ann. 602, n. 67 & suir.

nouveaux éditeurs. — Gallia Christiana, nov. edit. t. 2, c. 691.

' Gissey SiThéodore, Histoire des évêques du Puy. * Voyez tome II, Note LXXX , & tome IV,

' Bollandistes, 1''' février. — Le Ceinte, Annales Note LXXIII.

enfin le projet qu'il avoit formé de rendre la couronne héréditaire dans sa famille. Dans cette vue, il associa' son fils Reccesvinde, le 22 janvier de l'an ^ 64g, & lui abandonna toute l'autorité, parce que, étant déjà avancé en âge, il étoit résolu de ne plus se mêler des affaires publiques Se de passer le reste de ses jours dans la retraite Si dans l'exercice des œuvres de piété, ce qu'il fit, en effet, jusques à sa mort. Son épouse s'appeloit^ Réciverge. Suivant quelques'* auteurs espagnols, Chindasvinde eut de cette reine, outre l''\'°"f"^ Reccesvinde, son successeur, les ducs Théofred & Favila dont nous parlerons dans la suite. Ces mêmes auteurs assurent que ce prince obtint des papes, en faveur de l'église de Tolède, la primatie sur toutes les églises d'Espagne & de la Narbonnoise ; mais nous aurons bientôt occasion de détruire ce fait 6c de faire voir que ces historiens se sont trompés sur cet article.

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