XCIV. — Domaine
Le domaine du prince consistoit en partie dans le tribut qu'il faisoit lever sur chaque particulier, à proportion de ses facultés. Nous ignorons la manière dont ce tribut étoit imposé 5 il paroît seulement^ que les rois visigoths n'exigeoient rien sans le consentement des peuples, 8c qui ne leur fût offert volontairement. L'autre partie du domaine de ces princes, qui étoit la plus considérable, consistoit dans les terres royales que les serfs'* fiscalins faisoient valoir, ou qu'ils prenoient à bail moyennant une certaine redevance annuelle; en quoi ils étoient plus privilégiés que les serfs communs qui ne pouvoient rien posséder, & dont tous les biens appartenoient en propre à leurs maîtres. Les rois goths tiroient aussi des tributs considérables sur les juifs établis dans leurs États & des profits sur la monnoie ; ils pouvoient seuls^ la faire battre; la principale étoit le sol d'or. On coupoit la main droite à un serf qui avoit fait de la fausse monnoie. Les personnes libres, ou ingénus, convaincues de ce crime étoient punies par la confiscation de la moitié de leurs biens, ou par la perte de leur liberté si elles n'avoient rien.