XCVI. — Sciences
Nous avons déjà remarqué que les peuples barbares qui inondèrent l'Empire d'Occident, furent cause de la décadence des lettres 81 de l'ignorance générale qu'on vit régner partout depuis ce temps-là en Occident. On ne vit plus fleurir, en effet, sous la domination des Visigoths, ces écoles qui avoient été si célèbres du temps des empereurs romains , Si il n'est plus fait mention dans les auteurs de celles de Narbonne 8c de Toulouse, où s'étoient formés tant de grands personnages. Le peu d'amour qu'on avoit alors pour les belles-lettres passa dans les cloîtres des cathédrales ou dans ceux des monastères. Les Visigoths ne bannirent pas cependant tout à fait l'étude de la jurisprudence 8c de la médecine. L'étude des lois est fort recommandée dans le code'^ de leurs lois. Une même personne exerçoit^ en même temps la fonction de médecin 8c celle de chirurgien 8c d'apothicaire, 8c convenoit d'un certain prix avant que d'entreprendre la cure des malades, qui ne payoient rien qu'après leur guérison ; s'ils venoient à mourir pendant leur maladie, le médecin perdoit tout son salaire. Lorsqu'il estropioit quelqu'un en le saignant, il payoit cent sols d'or d'amende, si c'étoit une personne libre. Se si cette même personne venoit à mourir d'abord après la saignée, il perdoit la liberté Se étoit livré entre les mains des parens du mort pour être puni à leur gré. Si celui qui avoit été estropié par la saignée, ou qui venoit à mourir d'abord après, étoit serf, le médecin en étoit quitte en donnant un autre serf à sa place. Tels étoient les usages Se les mœurs des Visigoths dans le temps que les Sarrasins envahirent les États de ces peuples au delà 8c en deçà des Pyrénées.
■ Codex Visigoth. 1. 6, tit. r, leg. i6, SI homicida de renseignements précieux pour l'archéologie de
ad eccîeslam confugîat, cette époque, & cet usage s'est conservé jusqu'à la fin
' Sidoine Apollinaire, 1. 3, epist. 3. — Codex du moyen âge pour les rois, les grands seigneurs,
Vii'igoth. 1.11, tit. 2, leg. I , De violatoribus sepui- les prélats & certains ordres monastiques. [A. M.] crorum. ^ Codex V'is'igoth. 1. 2, tit. i, leg. 3, Quod nulî't
^ Cette coutume était commune à tous les peu- îeges nescire Itceat. pies barbares de race germanique. Les sépultures ^ Codex V'is'igoth. 1. ii, tit. i, leg. 1-6, De
mérovingiennes sont encore aujourd'hui une mine medicis & aegrotis.