‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 482 sur 553 · LXXXIV. — Vassaux 6- ahbés français établis en Aquitaine · texte numérisé non relu

LXXXIV. — Vassaux 6- ahbés français établis en Aquitaine

Outre les comtes que Charles établit en Aquitaine, il assigna^ dans cette province plusieurs terres, vacantes ou confisquées, à divers seigneurs recommandables par leurs services & par leur fidélité, qui devinrent par là ses vassaux. Ils étoient obligés, en cette qualité, au service militaire, 81 leur fonction principale étoit de garder les frontières, d'avoir l'administration des maisons royales ou des terres qui appartenoient au domaine & qui faisoient alors la partie la plus considérable du revenu du prince^. On appeloit ces vassaux vassi dominici, parce qu'ils relevoient immédiatement du roi.

■ Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 2 & suiv. Sur tout ce qui suit, voyez tome II, l'addition à la Note LXXXVII, sur l'Aquitaine & ses Marches.

' L'Astronome, Vie de Louis le Débonnaire , p. 288. — Marca Hispanica, c. 203.

' Dom Vaissete a tort de voir dans ces concessions de terres la création d'un office particulier; ce n'était que l'emploi par le roi & à son profit de l'institution du séniorat, qui, déjà depuis longtemps, était en usage. Le vassus est lié au senior par des liens de fidélité & de reconnaissance; du moment qu'il en a reçu la valeur d'un sou, il doit marcher avec lui à la guerre, lui être fidèle & ne peut plus le quitter, sauf dans certains cas, soigneusement spécifiés. Les liens unissant ainsi les grands propriétaires, les hommes riches & les pauvres, unirent de même le roi & une partie de ses sujets; pour se les attacher, le roi leur donna en bénéfice, in beneficium, des terres & des revenus. Mais il ne faut pas croire, comme le disent ici les Bénédictins, que ce fut une charge, un office; ce n'était qu'un lien plus étroit créé entre le roi & les sujets. De même les vassi dominici ou fidèles

régis, n'étaient pas chargés d'administrer les villae du roi; ces domaines avaient une organisation particulière, minutieusement décrite dans le Capituîare de villis (voir l'explication de M. Guérard, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. 14, p. zoi, 3i3 & 646). Enfin la concession de terre in beneficium, la création du lien de vasselage & de séniorat, entre le roi & un particulier, n'entraînait pas nécessairement l'obligation du service militaire; cette obligation était commune à tous les hommes libres; mais, comme le service militaire était gratuit, dans la pratique il n'y eut bientôt plus à le fournir que ceux qui pouvaient s'entretenir à leurs frais, c'est-à-dire les propriétaires du sol; & les capitulaires de Charlemagne réglèrent minutieusement la nature du service dû par chacun, suivant sa position sociale (Voir à ce sujet Boutaric, Institutions militaires de la France, p. 69-90). Tout ce qu'on peut dire, c'est que le séniorat amenait naturellement la formation de petites bandes, de compagnies formées du senior & des vassi, suite nécessaire du serment de fidélité, de la recommandation imposée à ceux-ci par celui-là. [A, M.]

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. VIII. S5j ^^ ^^g

Comme les abbés, qui étoient alors réguliers, avoient part au gouvernement Se qu'ils avoient droit d'assister avec les évêques aux assemblées, soit provinciales, soit générales, qui se tenoient pour les affaires de l'État, Charles prit également soin de s'assurer de la fidélité de ceux d'Aquitaine & de les faire élire autant qu'il put de la nation françoise. Telles furent les mesures que prit ce prince pour bien policer l'Aquitaine, qu'il avoit résolu de donner à titre de royaume au jeune Louis, son fils.

Page 1