‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 481 sur 553 · tome V de la présente édition, Preuves j Inscrip- [A. M · texte numérisé non relu

tome V de la présente édition, Preuves j Inscrip- [A. M

tions, ni. * Voyez sur la situation de ce château la note

' Voyez tome II, Chartes & Diplômes, n. LXVII. insérée ci-dessus, p. 852, n. 1. [E. M.]

flISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. VIII. 855

Le premier, qui mourut deux ans après, fut nommé Lothaire', & l'autre Louis. Charl£s, dans le dessein de rétablir le royaume d'Aquitaine ou de Toulouse, le destina pour ce dernier. Plusieurs motits portèrent ce prince au rétablissement de ce royaume & à en confier l'administration à un de ses fils. L'un des principaux fut que, se voyant obligé de résider sur les frontières de la Germanie, à cause des fréquentes révoltes des Saxons, il ne pouvoit veiller également par lui-même au gouvernement de toutes les provinces de ses Etats. 11 vouloit, d'ailleurs, afïermir son autorité dans les pays situés à la gauche de la Loire, qui avoient été réunis depuis peu à la couronne, Se où il restoit encore quelque semence de rébellion. Enfin les Aquitains, accoutumés depuis longtemps à n'obéir qu'à un prince de leur nation, souffroient impatiemment le nouveau joug de la domination françoise, & il y avoit lieu d'espérer qu'ayant un roi particulier, ils se soumettroient plus volontiers.

En attendant que le jeune Louis pût aller résider en Aquitaine, le roi Charlemagne, son père, pourvut au gouvernement du pays. Dans cette vue, avant que de le quitter pour marcher contre les Saxons rebelles, & après avoir tâché de se concilier les évêques aquitains par toutes sortes de marques d'estime & de bienveillance, il donna les comtés ou gouvernement des villes & diocèses à des seigneurs françois dont il connoissoit la probité Si dont les services passés étoient des sûrs garans de leur fidélité pour l'avenir. D'une quinzaine de comtés ou gouvernemens particuliers, compris alors dans les deux Aquitaines avec le Toulousain qui en faisoit partie, nous en connoissons neuf où Charles établit alors de nouveaux comtes, Humbert, à qui Sturbius succéda bientôt après, eut le Berry ; Abbon le Poitou; Widbalde le Périgord ; Ictérius l'Auvergne; Siguin le Bordelois ; Roger le Limousin; Chorson le Toulousain ; Aimon l'Albigeois, & Bullus le Vêlai. Ces trois derniers pays font aujourd'hui partie du Languedoc. Les six autres comtés ou pays particuliers de l'Aquitaine, savoir : le Rouergue, le Querci , l'Agenois, l'Angoumois, la Saintonge Se le Gévaudan ne sont pas nommés, soit que l'historien les ait omis, ou plutôt que Charlemagne en ait laissé l'administration à ceux qui en étoient déjà pourvus, 8c dont il connoissoit sans doute la fidélité. Au reste, c'est mal à propos que quelques modernes ont rapporté à cette époque le premier établissement des comtes en Aquitaine, puisqu'il y en avoit déjà plusieurs siècles auparavant. Charlemagne ne fit là-dessus aucune nouvelle institution ; il mit seulement des comtes affidés à la place de ceux dont la fidélité lui étoit suspecte ou dont les emplois étoient peut-être vacans.

LXXXin. — Duché de Toulouse ou d'Aquitaine.

Parmi les comtes dont nous venons de parler, le même historien ^ ne donne le titre de duc qu'au seul Chorson, gouverneur de Toulouse. C'est,

■ L'Astronome, Vie de Louis le Dcionnaire, p. 287 ius. — Adrevald, Miracula S. Bcncdtcti, I. 1 , c. 18. & suiv. — Paul Diacre, de Episcopis Mettensi- ' h'Xitronome, Fie de Louis le Déionnaire, p. iSS.

An 778

Ail 773

Éd. origin.

sans doute, à cause de la dignité de cette ville qui fut la capitale du nouveau royaume d'Aquitaine, érigé par Charlemagne, comme elle l'avoit été autrefois de celui des Visigoths, & en dernier lieu des Etats du roi Charibert & des ducs héréditaires d'Aquitaine, descendans de ce prince. Il paroît ' que ce fut en vertu de cette prérogative que les comtes de Toulouse prirent le titre de duc sous la seconde race de nos rois, St qu'ils exercèrent une autorité supérieure sur tous les autres comtes du même royaume. Nous voyons, en effet, que les successeurs de Chorson furent les seuls, entre tous ces comtes, qui portèrent le titre de duc jusques au règne de Charles le Chauve, que ce royaume fut partagé &, qu'avant & après le règne de ce prince, les titres de comte ou de duc de Toulouse 8<. d'Aquitaine, marquoient la même dignité. Nous avons déjà dit qu'Ictérius, que Charlemagne fit comte d'Auvergne, étoit petit-fils du fameux Eudes, duc d'Aquitaine, par Hatton, second fils de ce dernier, & qu'il paroît que ce roi voulut par là récompenser la fidélité £<. l'attachement de ce seigneur envers sa famille.

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