XIV. Lucas (Claude), graveur
XV. Nolin (Jean-Baptiste), géographe & marchand de cartes géographiques ; Paris, 1686-1762.
XVI. Poilly (Jean-Baptiste de), graveur; sa mort est placée par tous les biographes en 1728, & celle de son frère Nicolas, graveur comme lui, en 1747. Il doit y avoir confusion entre les deux frères, puisque la signature de Jean-Baptiste se rencontre dans les dernières vignettes & lettres grises du tome IV de VHistoire de Languedoc^ composé dans l'intervalle de 1735 à 1742.
XVII. Restout (Jean, second du nom), d'une famille de peintres, né à Rouen en 1696, mort à Paris en 1768, après avoir été directeur de l'Académie royale de peinture & de sculpture. Il signait Rétout, mais ce nom est écrit le plus souvent Restout.
XVIII. Rigaud (Hyacinthe), peintre dessinateur, surnommé le Van Dyck français, né à Perpignan en 1639, mort à Paris en 1743.
XIX. Tardieu (Nicolas-Henry), graveur, membre d. i'Académie de peinture & de sculpture. Paris, 1 674-1 ""49 ; ancêtre d'une famille où le talent pour la grande gravure s'est conservé comme un patrimoine héréditaire jusqu'à Alexandre, l'un de ses membres les plus distingués, mort à Paris en 1843. Voir la Notice publiée sur les deux familles Tardieu & Cochin par feu M. Alex. Tardieu dans les Archives de l'art /ranimais , l8r>5-l8">6, t. 4, p. 49-68.
parmi nos artistes, unie par les liens du mariage & la conformité du talent à Cochin le père, Magdelaine Hortemels. Cette vignette est celle qui surmonte la Dédicace, dans le tome premier, & qui représente une séance ordinaire des États. Elle est la réduction d'une gravure de dix- huit pouces & demi de hauteur, non compris la légende, sur vingt & un pouces Se demi de largeur, dessinée & gravée par Picard', en 1704, & retouchée au burin par Ch. Onflot, en 1723. On y lit : « Cura D. de Mariotte, comit\^iorum'\ Occït\aniae'\ secretai\ii'\~ . »
La gravure de Picard n'est elle-même que la reproduction d'un grand tableau, peint à l'huile, portant la même date de 1704. Cette toile, qui est aujourd'hui une propriété privée •*, est dans le goût de Vandermeulen, mais sans porter de signature. P^lle fut faite à l'occasion de la tenue des Etats de cette année, sous la présidence du maréchal de Villars, gouverneur de la Province. Elle offre avec la gravure quelques différences qui doivent être signalées : les parois de la salle, au lieu d'être tendues de tapisseries, sont ornées de tableaux figurant les victoires de Louis XIV. Les tribunes latérales Si le parterre sont occupés par le public. Sur le fauteuil présidentiel siège le maréchal ayant à ses pieds un de ses pages; dans le haut est inscrite la légende suivante en grandes majuscules :
[En la transcrivant ci-dessous en minuscules, nous devons faire observer que les lettres qui se trouvent au commencement de chaque ligne correspondent, comme point de repère, à celles qui sont inscrites au-dessus de la tête de chaque personnage dans le champ du tableau. Les barres verticales marquent la séparation des lignes dans l'original.]
« Monsieur le maréchal de Villars tient les Estats |1 généraux de Languedoc, « après avoir dissipé les fanatiques'*, étouffé la révolte Se rétabli la tranquil- « lité, Il sans dépense ni effusion de sang.
<c A. Monsieur le maréchal de Villars.
« B. Monsieur l'archevêque de Narbonne à la teste des évesques.
« C. Monsieur le marquis de Peyre, lieutenant général de la Province.
« D. Monsieur de Basville, conseiller d'Estat, Se intendant de la Province.
« E. Messieurs les Barons.
« F. Messieurs du Tiers-estat. »
L'appropriation de la gravure de Picard au format de VHisto'ire de Languedoc Si les changements à y introduire après un laps de plusieurs années, en 1729, réclamaient une extrême attention. Il fallait observer soigneusement la distinction des rangs assignés à chacun des membres des trois ordres Se
' Etienne Picard, dit le Romain, né à Paris en Villars. Il appartient aujourd'hui à M. le comte
|6'{|, mort à Amsterdam en ly.'h. de VogUé, son fils, membre de l'Institut. La très-
' M. de Mariotte, l'un des deux secrétnires-gref- ancienne famille de Vogué possédait dans le Viva-
fiers des Etats. rais trois baronnies qui donnaient au chef de cette
' M. ie marquis de Vogué a acheté ce tableau, il famille entrée aux États de Languedoc, y a une trentaine d'années, à la vente de M. de '' Les insurgés des Cévennes ou camisards.
les combiner avec les modifications partielles que le temps écoulé depuis 1704 avait occasionnées. Cette grave question de préséance fut soumise aux s^ ndics. M. de Montferrier, après en avoir conféré avec son collègue M. de Joubert, transmit à dom Devic les instructions propres à le diriger Se qu'il devait dicter au graveur '.
Cette vignette étant un monument historique qui rappelle l'ordre hiérarchique de l'assemblée des États en 17 19, Se tel qu'il exista à peu de chose près jusqu'à la révolution de 89 qui les supprima, nous avons cru utile de reproduire en note la légende dont elle est accompagnée^.
Après avoir jeté un coup d'oeil sur l'illustration de notre livre, il nous reste à connaître ce qu'elle coûta.
Il résulte d'un compte de recettes 8c de dépenses, dressé par dom Vaissete, contradictoirement avec les syndics généraux^, que les frais de dessin 8c de gravure montèrent à 14,248 livres, somme qui fut couverte par un crédit de i;"),6oo livres alloué par les Etats. Les payements s'effectuaient au fur 8c à mesure des besoins au moyen de mandements ou, comme on dirait aujourd'hui, d'ordonnancements signés par l'archevêque-président 8c tirés à vue sur le trésorier de la bourse des États à Paris. Ces mandements sont au nombre de seize, échelonnés à partir du i" décembre 1727 jusqu'au 12 avril 174^. La somme totale, recettes 8c dépenses, se décompose ainsi :
' Lettre du 2 septembre 1729; CorresponJ. n. ^>-j.
' CLEKGt:. — L'archevêque de Narbonne, président-né des Etats. — L'archevêque de Toulouse, 2'' place fixe. — L'archevêque d'Albi, 3' place fixe. — Les évèques, au nombre de vingt, suivant le rang de leur sacre.
Noblesse. — Le comte d'Alais, i"" place fixe; c'est M. le prince de Conty. — Le vicomte de Polignac, 2'" place fixe. — Le baron qui est de tour de Vivarais*, .i'" place fixe. — Le baron qui est de tour de Gévaudan, 4' place fixe. — Les autres barons, au nombre de dix-neuf, qui entrent tous les ans, suivant leur rang de réception, savoir :
Castelnau d'Estretefons , Castries, Rouayroux, Villeneuve, Castelnau de Bonnefons, la Gardiolle, Calvisson, Tornac, Mirepoix, Florensac, Barjeac, Saint-Félix, Murviel, Bram, Ambres, Lanta, Arques, Rieux, Gangcs.
Tiers ëtat. — Les députés des villes : Toulouse,
• Lorsqu'un des pays ou divisions territoriales de la Province comprenait plusieurs baronnies, les barons étaient appelas à tour de rûle à faire partie de l'assembliie annuelle des l'^tats. Ainsi dans le \'ivarais, qui en avait douze, chacun des titulaires sicgcail tous les douze ans. C'est ce qu'on appelait barons Je tour. Les marquis de Vogué, auxquels appartenaient dans ce pays les trois baronnics de Vogué, Aubenas & .Montlaur. entraient par conséquent trois lois dans une période de douze années. (Voyez Armori<jl des Étals de l^nguedoc, par Gasielicr de la Tour. p. i25 it i3i-i32.)
2 députés. — Montpellier, 2. — Carcassonne, 2. — Nimes, 2. — Narbonne, 2. — Le Puy, 2. — Béziers, 2. — Uzès, 2. — Albi, 2. — Le syndic du Vivarais. — Le syndic du Gévaudan. — Mende, 1.
— Castres, 2. — Saint-Pons, 2. — Agde, 2. — Mirepoix, I. — Fanjaux, 1. — Lodéve, 2. — Lavaur, 2.
— Saint-Papoul, 1. — Casteinaudary, 1 . — Alet, 1.
— Limoux, I. — Rieux, 1. — Alais, 2.
Les députés des diocèses : Diocèse de Toulouse, 2.
— Diocèse de Montpellier, 1. — Diocèse de Carcassonne, I. — Diocèse de Nimes, i. — Diocèse de Narbonne, 2. — Diocèse du Puy, 1. — Diocèse de Béziers, 1 . — Diocèse d'Uzès, 2. — Diocèse d'Albi, 2.
— Diocèse du Vivarais, 1. — Diocèse de Mende, 1.
— Diocèse de Saint-Pons, 1. — Diocèse d'Agde, i.
— Diocèse de Mirepoix, 1 . — Diocèse de Lodève, 1 .
— Diocèse de Lavaur, 1. — Diocèse de .Saint-Papoul, I. — Diocèse d'Alet, 1. — Diocèse de Rieux, i.
— Diocèse de Montauban, 1. — Diocèse de Comminges, i. — Diocèse d'Alais, 1.
Les consuls de la ville où les Ktats se tiennent, membres honoraires.
Officiers de i,a Province. — Les trois syndics généraux avec leur doyen en tête. — Deux secrétaires-greffiers. — Le trésorier de la bourse. — L'huissier des Etats.
' Mémoire des frais des dessins & gravures de l'Histoire de Languedoc , dans nos Pièces justificatives, 2'' série, n. r 6.
Introd.
5o* INTRODUCTION HISTORIQUE.
RrcETTES.
Dépenses.