‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 538 sur 553 · CXXIX. — Vie civile, études, Çyc · texte numérisé non relu

CXXIX. — Vie civile, études, Çyc

Nous connoissons fort peu les usages de la vie civile qui étoient particuliers aux habitans du Languedoc sous nos rois de la seconde race; nous savons seulement, en général, que du temps de Charlemagne les Gaulois ou anciens habitans du pays, distingués des François par le nom de Romains, portoient"*

' Mabillon, Je Re diplomatica, p. 220. rois barbares, ne conservaient plus que de faibles

' Il est presque impossible de connaître exacte- traces de l'organisation romaine, & que ces traces

ment la condition des villes pendant les règnes des se perdirent de plus en plus, à mesure qu'on ap-

derniers Carolingiens & les premiers temps de la procha du neuvième siècle. [A. M.] féodalité; la rareté des documents diplomatiques, * Baluze, Regum Francorum Capitularia, t. 2,

l'absence des chroniqueurs originaux ou leur se- c. 177, 242 & seq. — Notes Je SirmonJ, p. 790. cheresse ne permettent de rien affirmer à ce sujet ; ■• Monachus Sangallensis, f^ita Caroli Maeni ,

tout ce qu'on peut dire, c'est que les villes, sous les p. 121.

An 877

I i32 HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV, X.

des sayes ou des casaques rayées qui ressembloient assez à celles de nos hoquetons. C'est à peu près sous cette forme d'habillement que le jeune roi Louis le Débonnaire, accompagné de plusieurs seigneurs aquitains de son âge, parut à la cour du roi Charlemagne, son père.

Personne n'ignore que ce fut sous le règne & par les soins de ce dernier prince que les sciences 8<. les belles-lettres fleurirent dans le royaume. On les professoit alors publiquement dans les cloîtres des cathédrales Se des monastères, entre autres dans la fameuse abbaye d'Aniane ', dans la Septimanie. Il paroit d'ailleurs, par les actes de la vie d'un saint ^ d'Auvergne, qu'on professoit publiquement le Code théodosien & le Droit romain au commencement du huitième siècle. Mais les guerres civiles, les courses fréquentes des Sarrasins &c des Normands, & divers autres malheurs dont le royaume fut affligé après la mort de Louis le Débonnaire, interrompirent le cours & le progrès des études 5 en sorte que dans la suite l'ignorance ayant pris le dessus, on vit peu de gens versés dans les lettres. Si la barbarie régner presque généralement, surtout depuis que les grands seigneurs, plus attentifs à se maintenir dans leur autorité & dans la jouissance des droits régaliens qu'ils avoient usurpés qu'à favoriser les sciences & les beaux-arts, ne s'appliquèrent presque plus qu'à l'exercice des armes ou de la chasse & à des guerres particulières, comme nous le verrons dans le cours de cette histoire.

■ Fita S. Benedicti Anianensis , saec. 4, part. I, ' Acta. sanctorum ordiitis sancti Bened'icti, saec. 4,

p. 201 & 204. part. I , p. 90.

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