‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 89 sur 553 · M. de Jouhert au même · texte numérisé non relu

M. de Jouhert au même

A Montpellier, le 3 février 1734. — On ne peut être plus sensible que je le suis, mon révérend Père, à la perte que vous veués de faire, & j'imagine aisément combien vous devés en être touché. Les liens qui vous unissoient au Père dom Devic étoient trop étroits pour qu'ils ayent pu se rompre sans vous causer une vive douleur. Vous avés éprouvé tout ce que l'amitié, l'estime & la confiance peuvent inspirer de regrets dans une pareille occasion & la peine que vous ressenties lorsqu'il étoit question du voyage de votre cher collègue à Rome donne une idée de celle que doit vous causer une séparation entière & qui n'a plus de terme. Vous d:;vés être bien persuadé, mon révérend Père, que toute la famille à qui j'ai fait part de votre lettre & moy en particulier unissons notre douleur à la vôtre, & les dernières marques du souvenir de l'ami que nous pleurons avec vous ont fait sur nous la plus vive impression. Vous heriterés, mon révérend Père, des sentimens que nous avions pour lui ; & ils ne peuvent être mieux conservés qu'en les réunissant dans la personne de son plus fidel ami & de son digne collègue.

2o8* PIÈCES JUSTIFICATIVES. — CORRESPONDANCE.

Pour ce qui regarde l'Histoire de la Province, je vous ai déjà fait connoitre dans une lettre que je vous écrivis de S' Elix les sentimens de M. l'archevêque de Narbonne, & il vous en assurera lui même à Paris où il doit aller dabord après Pâques. Je compte d'y arriver avant la semaine sainte & peut-être plus tost, & il me tarde infiniment de vous renouveler de vive voix les assurances de l'attachement respectueux & de la sincère amitié avec laquelle j'ai l'honneur d'estre, mon très révérend Père, votre très humble & très-obéissant serviteur. (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 288-289.)

g5. — Charles-Joaclilm Colhert de Croissy, évéqiie de Montpellier \ au même.

La Verune, le 4'' février 1784. — J'avois déjà appris, mon révérend Père, la mort du pauvre Père D. Devic que je regrette de tout mon cœur. Plût à Dieu qu'il fût mort dans les mêmes sentimens où vous savez qu'il étoit, lorsque j'avois le plaisir de jouir avec luy de votre aimable compagnie. Je prie Dieu de lui faire miséricorde. Je crois qu'il étoit dans la joie de son cœur d'aller remplir le poste que votre faux chapitre général luy avoit donné à Rome; il aimoit ce pays & il ne pouvoit guères y retourner sans faire certaines démarches qu'il est fâcheux de porter au tribunal de J. Ch.

Je ne sçai comment nous étions ensemble pour nos comptes; il a reçu de l'argent de moy, il en a avancé pour moy; je crois lui devoir, mais fort peu de chose; il m'est impossible de dire au juste comment nous étions. Je vous prie de tâcher de le démêler, & aussitôt que vous me l'aurez mandé, je vous enverray l'argent.

Je crois, mon révérend Père, que vous êtes informé d'une affaire très désagréable & qui m'afflige fort, que j'ay avec M. l'archevêque de Narbonne; une entreprise de sa part qu'il ne m'est pas possible de laisser tomber. Elle intéresse trop ma place & celle de tous les évêques pour pouvoir garder le silence; mais je suis très fâché d'être obligé d'avoir un procès contre luy. Permettez moy de me recommander à vos saintes prières & de vous assurer qu'on ne peut vous honorer plus que je fais, ni être plus parfaitement que je le suis, mon révérend Père, votre très humble & très obéissant serviteur. (Fonds de Languedoc, t. i83, fol. 269.)

(j6. — L'archevêque de Narbonne au même.

A Montpellier, ce 14" février 1734. — Je suis icy d'avant hier au soir, mon très révérend Père, & je reçus hier matin vostre lettre du 5 de ce mois.

Je vous dirai que j'ay fait mettre sur vostre tète les cinq cens livres que les Etats dounoient au feu P. Devic; ainsi vous pourrez toucher, quand vous voudrez, de M. Lamouroux les mille livres, en donnant vostre seule quittance : par cet arrangement il n'y a que vous présentement qui soyez chargé du travail de nostre Histoire. Vous pourrez prendre au surplus les secours dont vous aurez besoin dans vostre travail. Je serai à Paris au commencement du mois de may & nous verrons vous & moy, ce qu'il y aura à faire de plus. (Fonds de Languedoc, t. 182, fol. 220.)

cjy. — M. de Lautrec au même.

Au camp de S' Benedetti, ce 8'' septembre 1734. — On ne peut être plus sensible que je le suis , mon révérend Père, au témoignage que vous voulés bien me donner de votre

' Il occupa le siège de 1696 a lySS.

amitié, à l'occasion du grade de maréchal de camp que le Roy m'a accordé : je n'ai jamais doutté de votre façon de penser à mon égard & je suis extrêmement reconnoissant de toutes vos attentions.

La République des Lettres vient de faire une perte considérable en la personne de D. Claude Devic votre amy particulier, & que j'honnorois singulièrement. J'y prend , je vous assure, beaucoup de part, sçachant bien l'utilité dont il vous estoit pour la composition de l'Histoire de Languedoc, dont la continuation vous est à présent réservée & seul. L'ouvrage n'en sera pas moins beau, mais il vous co{itera infiniment davantage; j'apprend par votre lettre que le second tome de cette Histoire a desjà esté mis au jour & que le troisième qui contiendra l'affaire des Albigeois s'imprimera au commencement de l'année prochaine. Il me tarde fort d'avoir ces exemplaires, pour avoir le plaisir de les lire, ne doutant pas qu'ils ne soient de la même beauté du premier volume. (Fonds de Languedoc, t. 186, fol. 2.)

g8. — L'archevêque de Narbonne au même.

A Narbonne, ce 21' may 1787. — J'ay reçu, mon très révérend Père, votre lettre du 12 & vous trouverez dans ce paquet le mandement pour toucher l'année de vôtre pension. Je suis étonné que M. Lamouroux n'aie pas encore reçu le comptereau des Etats dans lequel est inséré votre article. (Fonds de Languedoc, t. 182, fol. 289.)

çg. — Dom Vaissete au censeur royal relativement à l'Histoire de Bourgogne

de dom Planchera [Autographe.]

A Paris, 2'' d'aoust 1737. — Monsieur, j'ay parcouru le manuscrit que dom Plancher m'a adressé il y a quelques jours de son Histoire de Bourgogne & j'ay lu avec assés d'attention sa première partie, dont vous avés promis de donner l'approbation au sieur De Foy, libraire de Dijon, sur le rapport que je vous en fais. Dom Plancher se borne aujourd'hui à ne donner que trois parties de l'ouvrage, qu'il avoit projeté de mettre au jour : il a supprimé la troisième & la cinquième, dont l'une regardoit les rois de Provence, de Bourgogne transjurane & d'Arles, & l'autre l'histoire du comté & des comtes de Bourgogne. Dans la première des trois parties qu'il a conservées, il traite de l'ancien royaume de Bourgogne, il donne dans la deuxième l'histoire du duché de Bourgogne & des ducs de la première race; cette partie finit en 1864. Enfin il se propose de donner dans la troisième l'histoire de Bourgogne sous les ducs de la deuxième race, & depuis la réunion de ce duché à la Couronne. Il a envoyé le manuscrit des deux premières parties avec les preuves; elles font au moins la matière de deux gros volumes in-folio. (Fonds de Languedoc, t. 187, fol. 269.)

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