‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 95 sur 553 · M. Lancelot, censeur royal, au même · texte numérisé non relu

M. Lancelot, censeur royal, au même

Nancy, ce ï' juin 1740. — J'ai reçu, mon très révérend Père, ou plustost, mon très honoré seigneur & maistre, vostre lettre du 28' mai dernier & me presse d'y répondre, pour que vous n'ayez aucun sujet de vous plaindre de mon inexactitude. Je compte toujours partir enfin de ce pays, où je suis depuis si long-tems, vers la fin de juillet. Je ne puis répondre de quelques jours de plus ou de moins. Arrangez-vous là dessus. Il me faut encore ce mois pour achever quelques arrangemens & dépouillemens de papiers, une partie de juillet pour mettre tout en place & instruire ceux qui seront chargez de ce dépost de l'ordre que l'on y a mis. Ainsy compte votre très-humble serviteur, & il ne surfait point, quand il vous annonce ces dispositions. Si quelque imbroglio, quelque lutin venoit à la traverse déranger pour quelques jours ce système, je pesterois, je jurerois, mais il faudroit cependant s'appliquer vite à s'en débarrasser. Foi d'honneste homme , j'ai plus d'envie de vous rejoindre tous que je ne puis vous l'exprimer. Cela estant ainsy, si vous, si votre quatrième volume ou plustost si monsieur Vincent s'impatiente, prenez, s'il vous plait, le parti que vous proposez; adressez-vous à nostre ami M. Secousse. Je suis persuadé qu'il fera de tout son cœur ce que vous lui demanderez sur cela, beaucoup à vostre considération & encore un peu par amitié pour moi.

Je vous remercie de bien bon cœur de vos bonnes nouvelles. Vous vous doutez bien que vous n'en recevrez point en échange. Ce pays cy \\en produit point. D'ailleurs elles n'arrivent que tard & rarement jusqu'à ma solitude. Je suis dans l'usage constant de ne m'habiller que tous les dimanches; je passe toute la semaine en robe de chambre & bonnet de nuit; je ne vois personne. Telle est ma vie. N'est-il pas juste qu'elle finisse & que je me mette une bonne fois à portée de vous aller embrasser & de vous réitérer de vive voix les assurances des tendres sentimens & d'attachement sincère, avec lesquels je suis & serai toujours, mon très révérend Père, votre très humble & très obéissant serviteur. Lancelot.

Je ne puis assez vous prier de présenter mes respects, honneurs, &c. à dom Bernard, dom Bouquet, &c. (Fonds de Languedoc, t. i85, fol. 5o.)

III. — Dom Vaïssete à M. Cousin de Peyriac, écuyer, à Ga'illac.

Je vous demande bien pardon. Monsieur, si je n'ai pas pu répondre par le retour de Ferai à la lettre que vous m'avés fait l'honneur de m'écrire le 16 du passé dans laquelle

vous me faites le détail de votre procès & de la victoire que vous avés remportée. J'y prends toute la part possible & je vous en fais mon compliment. On m'a assuré que les aumôniers du Roi & des princes qui ont droit de commhtimus n'en jouissoient qu'autant qu'ils étoient en charge & que dès qu'ils ne l'exerçoient plus, leurs privilèges cessoient. J'imprime actuellement le quatrième volume de l'Histoire de Languedoc. J'en aurai encore un cinquième.

Je n'ai pas eu encore occasion de parler d'aucun de vos ancêtres; si elle se présente, je l'embrasserai avec plaisir. J'ai l'honneur d'être avec le plus parfait attachement, &c. — A Paris, le 24' septembre 1740. (Archives de la mairie de Gaillac.)

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