PIECES JUSTIFICATIVES
EXTRAIT DU TESTAMENT DE FEU M' PIERRE DE F.A RAMÉE. LECTEUR DU ROY, APPORTÉ A LA VILI>E LE DERNIER OCTOBRE 1572.
(Arch. de l'Emp. H 1787, fol. 38.)
A tous ceux qui ces présentes lettres verroni, Anthoine Du Pral, chevalier de l'ordre du Roy, seigneur de Nanlhoilhet, près Rozay. . . conseiller de Sa Majesté, son chambellan ordinaire et garde de la Prévosté de Paris, salut. Sçavoir faisons, que l'an de grâce mil cinq cens soixante huict, le dimanche premier jour du mois d'aousl, par noble et scientifique personne M" Pierre de la Ramée, lecteur ordinaire du Roy nostre Sire en l'université de Paris, fut baillé es mains de Jacques Chappelain, et Philippe Ladmyral, notaires du Rov nostre dit Seigneur ou Chasteliet de Paris, une feuile de papier dedans laquelle il disoit avoir faict, escript et signé de sa propre main, en langue latine, son testament et ordonnance de dernière voluncté qu'il vouUoit, veult et entend sortir son plain et entier elfect, force et vertu, soit par manière de testament, codicille et aultremenl, en la meilleure forme et manière que faire se peult et doibt, et tout ainsy que contenu et déclaré est en icelle feuile de papier, de laquelle la teneur ensuict et est telle :
In nomine Dei Patris, Filii, Au nom du Père, du F'ils et du
Spiritus Sancti. Ego Petrus Ra- Saint-Esprit. Moi, Pierre Kamus, mus, regius professor in Acade- professeur royal en fUniversilé de
mia Parisiensi, animo quidem Paris, sain de corps et d'esprit, mais
corporeque valens, de vita autem cogitans, cum per se debili, tum incertis susceptae ad invisendum nobiles externarum gentium academias peregrinalionis casibus objecta, testamenliim ita condo slatuoque. Animum Deo a quo factus est in cœleslem beatorum familiam cooptandum comraendo, corpus terrœ iinde ortum est in judicii diem committo. E vecligali ineo septingentarum libellarum in Parisiensi Basilica annuarum lego quingentas in slipendium professons, qui triennio Arithmeticam, Musicain , Geometriam , Oplicam , Mechanicam, Astrologiam, Geographiam.non ad hominum opinionem, sed ad logicam verilatem, in regia cathedra doceat.
Primuin Fredericum Reisnerum in Ires primos annos professorem eligo, nomino, creoque, ut inchoata communibus vigiliis opéra, oplica prœserlim et astrologica perficiat. Quo tempore, si ad melhodum Proetnio mathemalico propositam perfecta aut
songeant à la fragilité inliérente à notre existence et aux accidents auxquels m'exposent les voyages que j'entreprends pour visiter les illustres académies des pays étrangers, je fais et arrête ainsi mon testament. Je recommande mon âme à Dieu , son créateur, et le prie de la faire entrer dans la famille céleste des bienheureux. J'abandonne jusqu'au jour du Jugement mon corps à la terre, d'où il est sorti. Des sept cents livres de rentes que je possède sur l'Hôtel de Ville , j'en lègue cinq cents pour entretenir au Collège Royal un professeur de mathématiques, qui, dans un cours de trois années, enseignera l'Arithmétique, la Musique, la Géométrie, l'Optique, la Mécanique, l'Astronomie, la Géographie, non selon les opinions reçues, mais selon la vérité reconnue par la raison.
Je nomme et établis comme professeur, pour les trois premières années, Frédéric Reisner, afin qu'il achève les travaux que nous avons commencés ensemble, spécialement en optique et en astronomie.
Si, dans ce. temps, il s'est acquitté avec zèle de la tâche que je lui
PRÉCÉDENTS effecta sludiose seduloque curaverit, triennitim alterum proroge.
Exaclo triennio, si quid secus , aut sexennio, si ex oplato votoque f'axit, novam professionem a professoribus regiis sic inslilui volo :
Professionis examen, etiain ipsa professione perfuncto, etcaeteris omnibus cujusciinque nationis mathemalum studiosis a Collegii Decano in tertiuni mensem promulgalor; intereaque prœlegendi et ingenii explicandi, demonstrandique faculfas candidatis esto. Ad examen nemo nisi lalinis graecisque lilleris, et ingenuis arlibus praster malhemala reiiqnis , admiltilor. Trimestri promulgalionis praeterito, candidati, praesenlibus, aut certe rogatisatqiieinvitalisSenatusPraeside Primo, primo OratoreRegio, tiim Mercalorum Praefeclo, deinde professoribus regiis, onmibusque omnino quibus interesse libuerit, pubiicum examen subeunto, praelegendo septem diebusboram