J. Ledeuil, — La première paroisse de Semur-en-Auœois
qui se ensuivirent, ou les semblables en effet : Thevenotte le sel que vous avez baillé aujourd'hui naguères à frère Thomas, mon religieux, que veiz-cy, me le deviez-vous, ou s'il vous a osté oustre votre gray e force? Laquelle Thevenotte a répondu les paroles qui se ensuivent ou les semblables en substance : Monsieur le prieur, le sel que j'ai baillé à vostre religieux fut de mon plain gray, pour le salage que je vous devois de trois samedis dernièrement passés, et ne me l'a osté n'y pris votre religieux. Desquelles paroles le dit prieur m'a requis instrument (1) ».
Hugues de Cliassey céda en outre aux religieux de Notre- Dame le droit de vente qu'il avait à Semur, moyennant une petite somme pour lui et son fils et une robe de soie pour sa sœur Diane.
La fin du xir' siècle et le commencement du xiii^ furent, comme l'on sait, l'époque de l'établissement de la plupart des communes. Dans cette œuvre d'affranchissement, dit M. Maillard de Chambure, l'initiative fut souvent prise par le clergé ; quelque fois par des vues d'intérêt privé, presque toujours par un plus noble motif, celui de rendre à la dignité d'hommes libres ceux qui cessaient d'être leurs serfs pour n'être plus que leurs vassaux ; c'est ainsi que l'affranchissement des serfs de Notre-Dame précéda de quarante-cinq ans celui des serfs du duc de Bourgogne. Ce fut en Août 1262 que le prieur Hervier affranchit les serfs de Notre-Dame, qui étaient au nombre de soixante-neuf, et les abonna ou tailla suivant leurs moyens. « Qui seront reconnus, dit la charte, par deux sergents du prieur, deux prudhommes élus et deux des abonnés. » Après la libérale institution de ce Conseil de recensement, le prieur se réserve qu'en cas d'incendie d'un dommage excédant 100 livres dijenois (Dijonnais), les abonnés paieront double taxe par voie d'indemnité ; cette taxe était payable en l'église, le jour de la Saint-Remy (2).
Voici, d'après une autre charte en date du mois d'Octobre de la même année, les noms de quelques-uns des serfs affranchis et la taxe qu'ils devaient payer : Huon li Fournilotte, por cinq sols ; Isabeau Hussière, por trois sols ; Grâce Porchie, por douze deniers; li famme Noir Paul, por trois sols; Marie