‹ Histoire générale de Semur-en-AuxoisChapitre 9 sur 93 · D'après la tradition · texte numérisé non relu

D'après la tradition

3. (( Dédit igitur Gerardus Pandolpho et coeteris fratribus i)lacitum de Castello Sinemuro... et de ecclesiâ sancti Mauritii et spqjondit sub fidei sacramento, se canonicos ab ecclesiâ dispersos revocaturum, eisque Parochiam et décimas aliaque omnia redditurum... ut sciretiir ab omnibus castelliim de Sinemuro et ecclesiam cum parochianis omnibus non esse uUius ecclesiae alterius. »

4. Dom Plancher. — Preuves de l'Histoire générale et particulière du duché de Bourgogne,

Saint-Maurice et les bénédictins de Notre-Dame. La lutte fut longue et violente, si acrimonieuse même que le pape Alexandre III fut obligé d'intervenir. Il délégua Robert, archevêque de Vienne, et Hugues, abbé de Bonnevaux, qui chargèrent Tabbé de Châtillon-sur-Seine de faire une enquête. Chanoines et bénédictins s'efforcèrent d'établir leurs droits, et bien que les premiers eussent prouA^é que, depuis la fondation de Notre-Dame, ils n'avaient pas cessé de baptiser et de faire des sépultures, il n'en fut pas moins décidé que l'église du prieuré serait désormais la seule paroisse de Semur et que l'abbé de Flavigny payerait à celui d'Agaune la somme de vingt sous, monnaie de Dijon. Le traité de 1180 (1), qui régla le différend, fut produit en Cour lors du procès que le prieuré intenta aux magistrats de la ville en 1729 (2) et au sujet duquel deux des plus illustres avocats de Dijon écrivirent d'excellents mémoires : M. Varenne, pour la ville, et M. Bannelier, pour le prieuré. Il s'agissait de savoir qui des deux aurait gain de cause, ou du maire Voisenet, qui voulait sonner la cloche Barbe pour annoncer les marchés et les réunions du Conseil municipal, ou du prieur D. Maurel, qui s'y opposait énergiquement, prétendant que les cloches, qui étaient consacrées, ne pouvaient servir à des usages profanes. Après une durée de deux ans, ce procès se termina enfin à l'avantage du prieur.

L'acte par lequel les chanoines de Saint-Maurice renoncèrent à leurs droits fut passé en présence de Rodolphe et d'Ulric, chanoines réguliers ; de Hugues et de Pierre, moines de Notre-Dame; de Girin, de Pierre Dalmas et de Guignes, jurisconsultes ; de Guillaume, archidiacre de Vienne (3).

V ers la fin du xii^ siècle, peut-être au commencement du xiii^, l'église et la maison de Saint-Maurice furent démolies, puis reconstruites près de leur ancien emplacement. La nouvelle église fut dédiée à Saint-Jean l'Évangéliste, et le pape

1. (( Abbas si quidem Agaunensis consensu capituli sui quaestionem quajn movebat adversus Flaviniencensem eidem et conventui Flaviniencensi per manus supradictorum judicem omnino remisit. » — Traité passé entre les abbés de Saint-Maurice d'Agaune et de Saint-Pierre de Flavigny.

2. « Vu le traité en latin de l'an 1180 fait entre les abbés de Saint-Maurice d'Agaune et de Saint-Pierre de Flavigny, au sujet du droit de paroisse de l'église de Semur et des moulins, par lequel le dit abbé de Saint-Maurice se départ des dits droits au profit de l'abbé de Flavigny; le dit traité employé pour prouver que ladite église Notre-Ôame n'était point paroissiale d'origine, puisque plus de deux cents ans après qu'elle fut bâtie, les religieux de Saint-Maurice lui disputaient le droit de paroisse et prétendaient qu'il leur appartenait. » Arrêté du Parlement de Bourgogne du 13 Avril 17i29.

3. M's de Thyard. — Mémoire historique sur la ville de Setnur-en-Auxois,

Adrien l'an II de son pontificat, en confirma les droits et les privilèges qu'il tenait des rois de Bourgogne, à la recommandation de l'empereur Charlemagne, suivant la charte déjà citée : « Quia postulavit a nobis Karolus excellentissimus rex Francorum... »

Eudes III, duc de Bourgogne (1192-1218), qui avait épousé Mahaut, fille du roi de Portugal, et lui avait donné en dot le château de Semur et l'église Saint-Maurice, s'étant séparé de sa femme, fit don aux chanoines de la nouvelle église Saint- Jean, qu'il appelait sa chapelle, ainsi que du château et de ses dépendances, à la charge par ceux-ci de dire chaque année une messe pour tous les princes qui avaient été ses prédécesseurs.

Trois ans après, il leur céda les droits de hanvin (1), de four, d'usage dans ses bois, quelques familles qui lui appartenaient et qu'il avait précédemment données à la léproserie, enfin le droit d'exercer la justice dans son enceinte, droit qu'il interdit d'une manière formelle à ses officiers (2-3).

Déjà comblés par Eudes, qui durant son règne se montra aussi bon que libéral envers les religieux, les chanoines de Saint-Jean, qui s'intitulaient chapelains du duc, reçurent par legs du duc Robert, 50 coudées de terre. En 1352, ils se rachetèrent de l'impôt de 5 marcs d'argent qu'ils payaient chaque année, à la Saint-Remy, à l'abbaye d'Agaune, dont ils dépendaient. Enfin, en 1675, les chanoines de Saint-Jean, en procès avec les chanoines réguliers de Sainte-Geneviève de Paris, qui prétendaient s'emparer de leur prieuré, le leur cédèrent contre une redevance de 200 livres.

Le prieur de Saint-Jean portait le rochet et la mozette rouge et tenait ce droit de Hugues IV, duc de Bourgogne, quand il donna au monastère la chapelle Sainte-Marguerite, située dans l'enclos inférieur de l'Hôtel de Ville du Donjon et où le

1. Le droit de « banvin » ou de « tabernagium » frappait les cabaretiers et les hôtelière qui transgressaient les Ordonnances sur la vente des vins, dont le prix était fixé chaque année par le seigneur. (Aubert. Trésor de l'Abbaye de Saint-Maurice.) A Semur, ce droit consistait à vendre, pendant le mois d'Août, le vin en détail, à l'exclusion de tous les autres marchands ou propriétaires. Tous les ans, avant comme après cette vente, ce droit était amodié aux enchères; il subsista jusqu'en 1702. La ville de Semur en lit l'acquisition le 16 mai 1548. (Registrés de la ville.)

2. Donavi quidem supra dictis canonicis furnum meum de Castro et usuagium in nemoro Tremblay ad ipsum furnum calefaciendum. — D. Plancher (Cartulaire du prieuré de Saint-Jean de Semur).

3. Nesle. La ville de Semur-en-Auxois. — L. Bocquin (Esquisse pittoresque de la ville de Semur).

prieur et les chanoines célébraient encore, en 1760, l'office le jour de la fête de cette sainte (1).

«L'histoire, dit M. J. Ledeuil, n'a pas gardé le nom des prieurs. On a trouvé une obligation faite par Dom Philippe de Salins, prieur de Saint-Jean de Semur, de l'ordre de Saint- Maurice, en date du samedi après l'apparition de l'an 1394, et un acte d'appel des maîtres boulangers de la yiWe de Semur, du 5 mars 1599, contre frère Isaac Bretagne, prieur du prieuré de Notre-Dame, et frère Jean Jauffray, prieur du prieuré de Saint- Jean l'Évangéliste. »

Avant sa démolition, qui date du commencement de ce siècle, l'église Saint-Jean renfermait les reliques de saint Sigismond, roi de Bourgogne, de saint Maurice, de saint Innocent et de quelques autres martyrs. On y voyait aussi les tombeaux des familles Bourgeois, du Crespy et du Chàtelet, ancien gouverneur de Semur et grand bailly de l'Auxois, mort le 7 janvier 1732.

Les bâtiments du monastère subsistent encore eu partie ; après avoir servi de sous-préfecture jusqu'en 1843, ils sont devenus et sont encore propriété privée.

Les armes de ce prieuré étaient : Bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules, qui est de Bourgogne ancien (2).

Une fois reconnue paroisse de Semur, Notre-Dame obtint d'importantes concessions des ducs de Bourgogne et des seigneurs de levu' Cour. En 1181, Hugues III lui accorda le droit de justice civile et criminelle en l'enclos du prieuré, à la réserve de l'homicide. Plus tard, ce droit s'étendit dans toute la ville et la banlieue, mais seulement depuis les deux heures et demie du mercredi avant l'Assomption jusqu'au jeudi à la même heure.

Miles, chevalier de Lantilly, lui donna, en 1213, la moitié des droits de vente et de salage qu'il avait à Semur, mais ceux-ci furent contestés par la ville, et ce n'est qu'au xv^ siècle que l'acte suivant, en date du 15 juillet 1447, les lui conféra :

« Moy, Jehan Gilbert Prebstre, notaire juré requis de ce, etc., suis allé à l'étau de Thevenotte, veuve Hugues Pelisson, illec vendant graisse, chandelle et sel de Salins, où frère Phelippe de Thorcenay, prieur, adressa à Thevenotte les paroles

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