‹ Histoire générale de Semur-en-AuxoisChapitre 26 sur 93 · J. Ledeuil. — Notice sur Semur-en-Auxois. — E. Petit · texte numérisé non relu

J. Ledeuil. — Notice sur Semur-en-Auxois. — E. Petit

fut ensuite par des lieutenants que les souverains imposèrent à la noblesse, alors composée de chevaliers aussi tiers qu'ignorants. Ces lieutenants, gens de lois et instruits, étaient seuls capables d'administrer les Provinces, et c'est pourquoi, dès 1488, on voit un lieutenant-général remplissant dans l'Auxois les fonctions de bailli. Charles Bernard, seigneur de Fiée, qui occupait cette place, mourut le 28 Février de la même année et fut enterré dans le chœur de la chapelle des Carmes que, durant sa vie, il avait comblé de bienfaits.

Ce fut Charles VIII qui succéda à Louis XI en 1493. Le nouveau roi se disposait, pour divers motifs, à faire la conquête du royaume de Naples ; mais, comme il avait autant besoin d'hommes que d'argent, on assembla les États de la Province à Semur; l'ouverture s'en fit la même année, dans le grand réfectoire des Carmes, comme en font foi les registres de ces religieux (1). Plusieurs années de tranquillité suivirent cet événement, années pendant lesquelles Semur eut pour lieutenant-général de son bailliage un magistrat distingué, Gauthier Brocard, que Louis XII choisit en 1502 pour remplir la place de conseiller au Parlement. Son gendre, Edme Julien, seigneur de Clamerey, Verchysy, de Montagnerot, etc., lui succéda et fut nommé, dans la suite, lieutenant-général du bailliage de Dijon, puis conseiller au Parlementle 29 Avril 1516 (2). En 1540, un dissentiment s'éleva entre les habitants de Semur et les religieux de Notre-Dame, dont ils ne voulaient plus dépendre quant à la paroisse. Les Semurois allèrent même jusqu'à présenter requête à l'Official d'Autun pour obtenir la permission de bâtir une nouvelle église ou chapelle où ils fissent faire le service paroissial. Cette permission leur fut accordée, mais les choses en restèrent là, faute d'argent sans doute pour mettre le projet à exécution. Le désaccord n'en exista pas moins jusqu'en 1551, époque où une transaction eut lieu entre Jacques de Corbery, prieur de Notre-Dame, et NicoUe d'Auxerre, docteur ès-droit, curé de Semur. Il fut convenu que : « sans rien toutefois changer à l'antique fondation et dotation de la dite église, qui demeure au dit profit des dits prieur et religieux, les fondations nouvelles, processions et foffice divin seraient acquittés par le curé et ses

1. Anno 1493, mense Octobri comitia Burgnndiœ trium ordinum habebantur in refectorio nostro... Item dedi duobus honiinibus qui prœparabant scamna rcfectorii propter adventuni.

2. P. Palliot, — le Parlement de Bourgogne, son origine, elc.

chapelains, qui seraient associés et reçus habitués avec les prieur et religieux en collège et mépart en la dite église (1) ».

Vers 1543, une autre querelle surgit entre les Carmes et les magistrats de la ville qui, voulant entourer les faubourgs de murailles, avaient imposé les Carmes. Ceux-ci présentèrent une requête à Claude de Lorraine, duc de Guise et gouverneur de la Bourgogne, qui, non seulement les déclara exempts de tout impôt, mais leur accorda, en outre, une indemnité de cent quarante livres sur la levée qui allait être faite. C'est à ce moment, sans doute, que furent bâties les différentes portes qui entouraient la ville et sur lesquelles nous aurons à revenir dans la troisième partie de cet ouvrage.

En 1544, sous le règne de François P"", alors que ce monarque guerroyait avec le Piémont et la Flandre, des commissaires furent chargés par le gouvernement de mettre en réserve les grains et les vins qu'ils trouveraient chez les particuliers. Étant venus à Semur pour visiter les caves et les greniers des habitants, ils se rendirent au couvent des Carmes où, n'ayant trouvé qu'une quantité insuffisante de provisions, ils accusèrent ces religieux de fraude. Une violente contestation éclata entre les Pères et les magistrats ; un jeune échevin alla jusqu'à souffleter un vieux Carme et à menacer un moine de son poignard. Les assistants s'interposèrent aussitôt et cette scandaleuse affaire se termina sans effusion de sang. Néanmoins, les Carmes portèrent plainte au duc de Guise et celui-ci ordonna au bailli d,'Auxois une enquête qui, pour une raison ou pour une autre, ne fut pas suivie d'effet.

Au mois de Juillet 1548, le roi de France Henri II, successeur de François P*", étant passé par Dijon, les habitants de Semur lui députèrent Jean Mazoyer, s^aidic de la ville, qui en obtint la confirmation de tous les privilèges accordés par les rois et les ducs ses prédécesseurs, et l'union de la prévôté à la mairie, acquise dès le 15 Mai de cette même année (2).

Deux ans après, le 15 Avril 1550, le gouverneur de la Bourgogne, Claude de Lorraine, duc de Guise, étant mort dans sa principauté de Joinville, le maire de Semur, Miles Bourgeois, se rendit à ses obsèques accompagné d'un échevin (3).

On sait que François P*^ accorda sa protection aux lettres, que ce fut lui qui institua le haut enseignement du Collège de

1. Recueil de pièces imprimées pour le procès de 1729 et principalement le factum de la ville (page 25 et suivantes).

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